‹ Des intérêts catholiques au xixe siècle (volume 4)Chapitre 6 sur 70 · CHAPITRE.!. j · texte numérisé non relu

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peinent dont nous nous sommes relevés. £t cependant, que de symptômes i-assurants et consolants en Espagne ! Rendue, par Finvasion de Napoléon, à la conscience de sa force et de sa dignité, dont un long et misérable despotisme avait pu la faire douter; puis, plongée comme nous l'avons été dans les sanglantes horreurs de la révolution et de la guerre civile, elle a vu le catholicisme survivre à la spoliation de son Église, à la profanation et à l'incendie de ses couvents, au meurtre de ses moines. Les idées nouvelles en philosophie et en religion ne lui ont guère donné que des parodies, de pitoyables contrefaçons, dont le bruit n'a franchi les Pyrénées que pour exciter la risée des maîtres du genre. Seuls, deux hommes d'un génie supérieur ont pu faire croire à l'Espagne que les jours de sa décadence allaient cesser; et ces deux hommes sont catholiques. L'un, Donoso Cortès, a conquis de plain-pied l'attentive admiration de l'Europe; l'autre, Balmès, mort à la fleur de l'âge', historien, philosophe, théologien, surtout grand esprit politique, ayant compris tous les besoins et toutes les conditions delà liberté moderne, en même temps que toutes les infirmités d'une société démocratique, et sachant concilier celte lumineuse intelligence de son temps avec cet inébranlable attachement à Timmobile infaillibilité de l'Église, sans lequel nul Espagnol n'est digne d'appartenir à la patrie de Ximenès et

X A trente-huit ans, le 9 juillet 1848; auteur du Protestantisme comparé au catholicisme, de Pie IX, et de plusieurs autres ouvrages.

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ûe Gàlderotl. Là rédctioii eathblitjtie en Eëj^àgnë, pour avtiir ëtë longtèitips silëiit^ieUse et itiâpérçue, n'en doit être que {)lus profonde^ puisqu'elle a trouve de tels or^nes. Et c'est ainsi qu'elle a ëté Comprise par les hbmrties d'État , qui gouvernent ce pays, puisqu'ils viennent de feonclure avec Rbme un boticohlat, lë plus avantageux iqu'il ait éVê dotihë depuis longteinps au saint-^sli^ël d'bbtëiiir d'une puissance bàthoIiqUë, bt ddht l'e^cëbuiiëh sincère hittièilérait prbmptement de beaux jbbrs pour l'Église d'Espagne.

Le régime des bdncbrdsit^ existé aussi en Aileliiagne; inais^ exëcùtës sans bdhne foi, ils ta'bnt pai9 suffi pour guërir lés plaies de la religion datlis ce grand pays. Il a fallu d'autres remèdes^ d'autt*es leçbils : les leçobs n'ont pas manque, les remèdes sbbt venus à leur suite. Aujourd'hui, quel changement et quel progrès! Le protestantisme allemand, crible des coups du rationalisme et du panthéisme qu'il a fait ëclore, a {ierdu §on âme : il rite subsiste plus qu'à l'ëtat de corps artificiellement maintenu par le boncours énergique dé l'État, La vie t*ëelle s'est retirée de lui ; de doctritie, il n'en a plus, iln'étl ose plus enseigner. Qu'on aille voir ce qu'est devenue^ dans la patrie de Luther, cette fameuse doctrine de la justification par la foi seule^ doctrine bi commode qu'on peut s'étonner qu'elle ne soit pas devenue le symbole de tous les libertins du monde : elle n'est plus professée nulle part. Qu'on aille compter le nombre des protestants allemands disposés à signer, dans

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son texte primitif, la confession d'Âug$bôui% : ils tiendraient tous dans une bourgade.

Il existe, à la vérité, un groupe intelligent et courageux Aepiétistes, dont le foyer est à Berlin, et dont il s'échappe de temps à autre un éclair de vérité> et même de justice, à l'égard du catholicisme ; maiâ ils comptent, si je ne me trompe, plus d'adeptes politiques et militaires que de théologiens ; ils rencontretit plus de sympathies sur le trôné que chez le peuple. En dehors d'eux , le protestahtisnie n'est plus qu'un nom qui sert de masque à toutes les théories négatives et destructives que la philosophie moderne a développées. Se direprotestatit, c'est simplement déclarer qu'on n'est pas catholique, et quelquefois qu'on n'est plus chrétien. Au nlilieu dé cette poussière du désert, le cathiolicisme surgit avec sa doctrine immuable et son austère discipline, tel qu'il siégeait au concile de Trente , et tel que dix générations de réformateurs sans postérité l'ont inutilement battu en brèche. Il a traversé intact les guen*es intestines et la conquête étrangère; il a bravé les diplomates et les juristes; il a survécu aux despotes et aux démagogiies, à Joseph II et à Robert Blutoi. Tout ce qui semblait le plus propre à l'abattre n'a servi qu'à le propager et à le fortifier. Le vieil édifice du saint-empire romain, en s'écroulant, a brisé la plupart des liens qui l'entravaient, et lui a ouvert des voies nouvelles. C'en est fait de l'odieuse maxime de l'ancien droit germanique : Cujus regio illius religio^ maxime qui assignait des limites territoriales à l'expansion de la

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vérité, et condamnait les populations à suivre en aveugles les caprices et les passions de leurs maîtres ^ La Prusse, en conquérant de vastes provinces catholiques, a été obligée de traiter avec r^g^se et de lui ouvrir Taccès de provinces d'où là vraie foi était bannie depuis trois siècles.

La Hesse, la Saxe, le Mecklembourg, tQus ces pays naguère exclusivement luthériens ou calvinistes, ont dû subir la même loi. Et de toutes parts on voit des groupes de fidèles catholiques s'implanter à l'ombre des vastes et vieilles églises que le protestantisme avait usurpées, mais qu'il n'avait jamais su remplir. Bravant le respect humain, l'impopularité vulgaire et les fureurs de la presse rationaliste, la noblesse et la classe lettrée, qui ont toutes deux tant à expier, fournissent des conversions nombreuses et éclatantes. L'illustre comte de Stolberg en a commencé la série que ne clora pas M. de Florencourt ^. Ces deux noms l'appellent assez que l'Église a dû, à ces retours,

' En vertu de ce principe, consacré par la paix de Passau en i55a, les habitants du Palatinat durent passer quatre fois successivement du luthéranisme au calvinisme, et réciproquement, dans l'espace de vingt-sept ans (i556 à i583), selon le gré des quati*e princes qui se succédèrent dans la dignité d'électeur palatin peudant ce temps.

> Nous citerons en outre, et parmi les noms qui nous reviennent à la mémoire, la princesse Galitzin, qui fut à Munster le centre d'un mouvement remarquable au commencement de ce siècle ; Adam Mûller, le conseiller Schlosser, l'éloquent publicisle M. Jarke , le docte et courageux professeur Phillips, la comtesse Ida Hahn, qui a raconté sa conversion dans un beau livre intitulé : De Babylone à Jérusalem; Hurter, si connu parmi iious par sa belle histoire d'Innocent III.

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