CHAPITRE IX. l'Ji
être moindre qu'alors, et c'est alors^ et non aujourd'hui, qu'il est né.
Voilà l'histoire! non pas l'histoire travestie au gré de certaines théories, et d'un enseignement déloyal et superficiel , mais l'histoire prise sur le fait , et recueillie par les témoins les moins suspects.
Tels sont donc , tels étaient du moins les avan* tages que les gouvernements antiparlementaires procuraient à l'Église. On nous permettra de ne pas les regretter, et surtout de ne pas désirer le retour d'un régime qui , dans les pays les plus catholiques du monde, ouvrait le sacré collège à Dubois, livrait l'Église à Pombal, et l'État à Godoy. On nous permettra de lui préférer , malgré les misères incontestables des choses et des hommes, le régime qui a ouvert la presse à Balmès et la tribune à Donoso Cortès.
Et notez bien que tout cela se passait, non pas sous le joug de conquérants barbares et infidèles, mais sous le sceptre de princes tous croyants, pour la plupart pieux, même réguliers dans leurs mœurs, et élevés par des prêtres ou des religieux.
Peut-on croire que la monarchie illimitée produirait aujourd'hui des résultats moins dangereux pour la liberté et la dignité de l'Église? Sans doute, grâce aux mœurs libérales et constitutionnelles dont l'influence s'est fait sentir au sein des plus douloureux désordres de notre temps, on peut croire que les princes de nos jours reculeraient devant certaines violences extérieures qui n'inspiraient aucun scrupule à leurs grânds-pères* Mais
fja DES INTÉRÊTS CATHOLIQUES.
que le fond des choses allât mieux , il faudrait être bien crédule pour l'espérer.
Je n'en veux donner que deux indices. On se souvient du traité de la Sainte-Alliance, de cette alliance par laquelle l'empereur d'Autriche , le roi de Prusse et l'empereur de Russie, après la défaite de Napoléon , prirent Dieu à témoin qu'ils ne voulaient plus régner que pour le bonheur de leurs sujets et le triomphe de la religion chrétienne. Cet acte est certainement un des plus touchants et des plus solennels de l'histoire des rois , et rien n'autorise à élever le moindre doute sur la sincérité des souverains qui y apposèrent leur signature. Le traité fut conclu à Paris en i8i5 : les trois autocrates se séparèrent, et s'en retournèrent chacun dans ses États : François F'*, pour y conserver scrupuleusement, pendant ses quarante-cinq ans de règne, la législation de son oncle Joseph II contre l'Église ; Alexandre, pour expulser et dépouiller les jésuites, sans avoir aucun crime à leur reprocher; Frédéric-Guillaume, pour y entamer contre l'Église le système qui devait aboutir à la prison et à l'exil de l'archevêque de Cologne.
La royauté française ne prit aucune part au traité de la Sain te- Alliance : mais qui pourrait mettre en doute le dévouement des rois de notre siècle à la religion et à l'Église? Depuis longtemps on n'avait vu sur le trône un chrétien aussi accompli , un aussi honnête homme que le roi Charles X. Voici cependant ce qu'écrivait son ambassadeur à Rome, le duc de Laval-Montmo-