CHAPITRE I. f
tber, avait prophétisé, aux grands applaudissements des démocrates et des philosophes, la ruine définitive de la Babylone papale; là même, des moines , des jésuites, des franciscaine, reparaissant, sous leur ffoc abhorré , après des siècles de proscription, attirent autour de leurs chaires une foule avide, nombreuse, infatigable, et font de leurs missions un des faits les plus marquants de l'histoire contemporaine. Là où Lola Montés, séduite par l'exemple des oracles de la tribune et du feuilleton en France, encouragée par les amis des lumières et du progrès, soutenue par les sympathies publiques ou avérées du protestantisme et du libéralisme ; là où cette effrontée avait réussi à se poser en victime des jésuites, et profitait de son ignominieux ascendant pour faire renvoyer des conseils du roi et des chaires de l'université les ministres les plus intègres et les savants les plus éminents; là même, une association catholique pour la défense de la liberté religieuse et de la mo-narchie constitutionnelle venge noblement les outrages infligés aux catholiques en maintenant la vieille fidélité du peuple bavarois et en sauvant par l'influence cléricale l'ingrate royauté. Là où s'était pavanée cette association dite de Gustave- Adolphe^ qui avait entrepris, sous l'invocation du dévastateur de l'Allemagne, de faire pénétrer le protestantisme jusque dans les derniers refuges de la superstition papale; là même, se fondent, s'enracinent, se ramifientchaque jour dé plus en plus les grandes associations de Pie IX, de Saint-Clwrles Borromée, de Saint-Boniface, marchant de
aO DES IHTERÉTS CATHOLIQUES.
front et à grands pas à la conquête de rAliemagne, par la foi et la charité. Leurs réunions solennelles et annuelles à Mayence, à Munster, à Ratisboune, ont à la fois assuré et sanctifié le droit d'association. Leur intelligente initiative combine l'autorité du prêtre avec l'activité du laïque. Leur courageuse persévérance tend à reconstituer l'unité germanique, si vainement arborée par la démocratie, en la fondant sur l'union cordiale et féconde des fidèles de la Prusse, de la Souabe, de la Westphalie, de la Bavière et du Tyrol. Enfin , là où Clément Auguste voyait des prêtres égarés par Thermésianisme % et des fonctionnaires que la révolution allait bientôt punir de leur aveuglement , braver son autorité et la miner dans le cœur du peuple, un simple vicaire de la métropole^, lui-même ancien ouvrier, sans autre ressource que son entraînante éloquence, fonde et propage avec un succès prodigieux l'œuvre du compagnonnage chrétien , sous la forme d'une vaste association pour le bien-être moral et physique des ouvriers ^.
Partout le feu sacré se rallume. Enflammés par l'exemple de la Belgique, des évêques vigilants et dévoués, ayant à leur tête un ancien
> On a déjà presque oublié cette doctrine dangereuse, qui, fomentée avec soin par la bureaucratie et les rationalistes, avait envahi la plupart des facultés de théologie catholique dans l'Allemagne du Nord. Elle tire son nom du docteur Hermès, prêtre et professeur à Bonn , qui prétendait appliquer la méthode de Kant à la théologie.
* M. Kôlping.
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