CHAPITRE I. ai
officier de cavalerie', devenu le successeur de saint Boniface sur le siégé de Mayence, s'occupent de la création d'une université exclusivement catholique, à Fulda, où les jeunes lévites pourront se dérober aux dangers des trop fameuses universités de leurs diflTérents pays. En Prusse, un roi protestant, mais intelligent et généreux, a promis que, sous son sceptre, l'Église ne reverrait plus les mauvais jours qu'elle avait eus à déplorer avant lui; et malgré les apparences contraires, malgré les nouvelles vexations dont il sera question plus loin , nous avons la confiance qu'il tiendra sa parole. En Autriche, un jeune et chevaleresque empereur, à peine sorti de l'adolescence, digne héritier de Ferdinand lï et de Marie^ Thérèse, destiné, comme elle, à recueillir l'empire sur les bords de l'abîme, et résolu, comme lui, à remplir avant tout son devoir de prince catholique, inaugure son règne par l'abrogation de la législation de Joseph II, et prélude à la victoire de ses armes sur la révolution par l'émancipation complète de l'Église dans ses immenses États *.
Aussi , l'épiscopat autrichien , devenu jadis presque étranger à toutes les sympathies catholiques, derrière cette muraille de la Chine qui le séparait du reste de l'Église , se hâte de rivaliser
< M'' le baron de Eettler, de la maison du dernier grand maître de l'ordre des Porte^Glaives. Son frère, également officier prus sien , vient d'entrer dans r ordre des Capucins.
> Voir l'édit impérial du la avril i85o, précédé d'un intelligent rapport du comte de Thun , ministre de Tinstruction publique, contre l'ancienne législation, et spécialement contre le Placet,
22 DES INTERETS GiTHOLIQUES.
avec ses frères de France par son dévouement au souverain pontife , par son zèle pour le salut des âmes; et déjà sa pieuse vigilance se reporte sur les millions de Slaves arrachés par le schisme à l'unité catholique ^ Que si la bureaucratie rationaliste et absolutiste ^ désolée de voir la religion ^ l'enseignement et la charité échapper à son joug, oppose mille obstacles à la réalisation des promesses souveraines; que si la Bavière , infidèle aux plus belles traditions de son histoire j s'obstine à rester en arrière de l'Autriche et même de la Prusse, en entravant l'action de TÉglise par une police tracassière et humiliante^; que si les gouvernements badois, mecklembourgeois, et ceux de quelques autres États du second ordre, semblent vouloir s'affubler de la défroque anticléricale que viennent de rejeter les grandes puissances, il n'y a pas là de quoi troubler le courage de nos frères d'Allemagne. La vic-
* Le prince - évçque de Lavant en Garinthie a organisé une union de prières destinée à obtenir la conversion des Gréco-Slaves: dans son mandement du i6 juin i85si, il associe son œuvre à celle qui s*est formée en France pour le même but , et annonce que Pie IX l'a approuvée et bénie.
* Voir la réponse du ministre bavarois, du 8 avril i85a, à la réclamation collective des évéques du royaume , en date du % décembre i85o. Il existe en Bavière un édit de religion, analogue à nos articles organiques, et qui, rendu postérieurement au eoncordat de x8t8> annule arbitrairement plusieurs dispositions essentielles de ce contrat synallagmatique , en empruntant aux traditions gallicanes et joséphistes les entraves habituelles. Cet édit a eu pour inspirateur un jurisconsulte protestant, nommé Feuerbach, lequel s'en est vanté dans les mémoires posthumes que vient de publier son fils, le trop célèbre professeur d'athéisme Louis Feuerbacli.