‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 27 sur 52 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

C’en est fait d’abord, chez tous les croyants sincères, de cet esprit de révolte et d’indépendance à l’encontre du centre de l’unité et de l’Église mère et maîtresse, qui avait infecté plus ou moins tous les royaumes catholiques depuis le xv e siècle, et qui avait atteint, avant 1789,1e comble de l’audace et de l’absurde. 11 n’est plus question, Dieu merci, de ces églises gallicane, germanique, hispanique, lusitanienne, qui avaient pour racines l’orgueil de quelques évêques et la fausse science de quelques docteurs, tristement complices des empiétements du pouvoir temporel et de l’hérésie janséniste. Le souffle des révolutions a passé sur ces créations artificielles:, et les a réduites en poussière. Il 11e reste plus debout qu’une seule Église catholique, plus unie,, plus subordonnée à son chef qu’à aucune autre époque de son histoire. Le gallicanisme surtout, qui a été peut-être la plus redoutable et la plus invétérée de uos erreurs, est aux abois. Frappé mortellement par le Concordat, il avait repris un' semblant de vie et de force sous la restauration; il a été depuis lors replongé dans sa tombe, grâce surtout aux auxiliaires et aux avocats qui lui sont venus en aide, et qui ont consommé sa défaite dans toutes les âmes vraiment catholiques. Sous le dernier règne , au lieu d’un Bausset, d’un la Luzerne, d’un Frays-

sinous, il n’a eu pour apologistes que des jurisconsultes traditionnellement ennemis de la liberté religieuse; pour pontifes, que les directeurs de l’administration des cultes; pour conciles, que le conseil d’Etat ou les bureaux des journaux les plus hostiles à la foi et aux mœurs. C’est de là, et non plus du sein de la Sorbonne et des assemblées du clergé , qu’il a essayé de porter ses coups à la liberté et à l’unité catholiques. Mais l’énergique résistance de l’épiscopat et des catholiques de France a condamné ces tentatives à l’impuissance finale. Il ne lui a pas été donné de s’éteindre dans l’obscurité et l’oubli ; il est demeuré étouffé sous la réprobation des fidèles, confondu par le fait même de ses derniers adeptes avec les doctrines les plus contraires à la foi, et avec les atteintes les plus graves à la liberté et à la dignité de l’Église. Dès 1844, on a pu demander, du haut de la tribune de la chambre des pairs, au garde des sceaux, ministre des cultes, de trouver en France quatre évêques qui voulussent signer les quatre articles de 168a; et ce défi pourrait être renouvelé aujourd’hui avec autant de succès qu’alors. Pas un évêque, pas un prêtre quelque peu considéré, pas un catholique investi de la confiance ou de l’estime de ses frères, pas un organe de la presse religieuse, n’oserait arborer aujourd’hui le prétendu symbole

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