‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 28 sur 52 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dont l’enseignement était encore, il y a quatre ans, réclamé dans nos séminaires par un gouvernement aveugle !

Qu’on se reporte à l’état des esprits, chez les personnes les plus pieuses , au moment où parut, il y a trente ans, le traité sur le Pape , du grand comte de Maistre, et que l’on juge de l’espace que nous avons parcouru depuis lors jusqu’au moment actuel , où les idées de cet immortel écrivain sont devenues des lieux communs pour toute la jeunesse catholique.^ Encore une fois, jamais en France et dans tout le monde catholique, l’autorité du saintsiège n’a été plus incontestée et plus amoureusement proclamée. Us ne reviendront plus ces jours où la défiance contre Rome et le besoin de contester ses prérogatives avaient envahi jusqu’aux âmes les plus pures et les plus grandes ; où Bossuet en appelait comme d’abus au parlement de Paris, contre une bulle rendue depuis cinq cents ans 1 ; où l’on -voyait vingt évêques au lever du roi 2 , mais où c’eût été un crime d’Etat pour un de ces évêques de songer à aller à Rome visiter les tombeaux des apôtres, suivant le serment qu’il avait fait à son sacre 3 ; où le sentiment de la

1 Dans l’affaire des religieuses de Jouarre.

* Mémoires de Cosnnc, archevêque d’Aix sous Louis XIV.

3 On remarque que ni Bossuet, ni Fénelon, ni aucun des

5o DES INTÉHÈTS CATHODIQUES.

confraternité chrétienne était si éteint dans les cœurs, que la persécution incessante de l’Irlande, les traitements effroyables infligés par Charles III et Pombal aux jésuites d’Espagne et de Portugal , les barbaries exercées par Catherine sur les catholiques polonais, ne suscitaient pas une seule parole de commisération , je ne dis pas chez les philosophes et les philanthropes du temps, mais chez les pontifes et les piètres de la France et de l’Allemagne; ou le jubilé n’attirait à Rome quW seul prêtre français, le père Bridaine 1 ; où des prélats corrompus, comme le cardinal de Brienne, présidaient à la suppression des monastères a ; où les monuments gigantesques de la foi de nos pères étaient tournés en dérision par des esprits aussi élevés que Fénelon et Fleury 3 , et systématiquement dévastés par ceux qui en étaient les dépositaires 4 ; où toute

évêques connus du .vm* ou du xvm* siècle, ne purent ou ne voulu real aller a Home, à moins d’y être envoyés par le roi.

1 Voir sa lettre du rS mai 1750.

* Voir, à ce sujet, les Mémoires du cardinal Pacca, Nonciature en Portugal, p. i58.

3 Dialogue sur Y Eloquence. — Histoire ecclésiastique.

■S On écrira sans doute un jour l’histoire des incroyables dévastations commises par les évêques, les abbés commendataires, et surtout par tes chapitres du xvm* siècle, à Notre- Dame de Paris; à Rouen, où les chanoines détruisirent en 1734

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