CHAPITRE II
fraternelle sympathie. Ce n’est plus, comme autrefois, la voix solitaire du pontife romain •qui déplore, dans le silence du Vatican, les maux de l’épouse du Christ: sa plainte , toujours toute-puissante devant Dieu, est aujourd’hui répétée, fortifiée, quelquefois devancée au tribunal de l’opinion humaine par l’énergique écho de la presse catholique dans les deux mondes. .
Mais que serait-ce encore que tous ces triomphes, tous ces progrès dans l’ordre intellectuel, dans l’art, dans l’histoire, si la vie intérieure des peuples catholiques n’était pas renouvelée, si la foi , la charité, la piété ne pouvaient à leur tour énumérer leurs pacifiques et bienfaisantes victoires? Ah! c’est ici que j’invoque avec confiance le témoignage de ceux qui ont seuls mission de parler et de juger en cette matière! Que les pasteurs de tout ordre nous disent s’il n’est pas vrai que, depuis vingt ans, le progrès spirituel est incontestable, surtout dans la jeunesse, et dans la jeunesse instruite, dans ces classes aisées et éclairées qui fournissaient avec une impitoyable régularité autrefois à l’incrédulité un recrutement assuré. Sans doute, le mai est encore immense; les victimes d’une éducation publique insuffisamment épurée sont encore trop nombreuses; mais, à côté de ces pertes