‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 34 sur 52 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dans un faubourg de Lyon, et devenue en quelque sorte une des grandes institutions de l’Église universelle; cette œuvre dont une prière quotidienne est le seul lien, et dont le budget, recueilli sou par sou et semaine par semaine, dans l’épargne du pauvre, subvient à l’éducation , aux voyages, à la subsistance de tant de missionnaires; alimente les catholiques opprimés de la Scandinavie et de l’Orient, comme les chrétientés naissantes de l’Oregon et de l’Australie; donne du pain aux martyrs du Tongking et de la Polynésie, jusqu’au jour où ils montent au ciel, et suffit pour rejeter dans l’ombre tout l’immense effort de ces sociétés bibliques qui savent bien prélever de l’or par millions, mais qui n’ont jamais su enfanter un martvr.

Je passe sous silence nos associations vouées à l’enseignement avec leurs conquêtes récentes et chaque jour croissantes : j’aime mieux renvoyer au témoignage éclatant que leur rendait, il y a si peu de temps, une voix éloquente et non suspecte, celle de M. Guizot, en énumérant avec une sereine impartialité, devant son auditoire étonné, les travaux, les progrès et les fondations des Frères de la doctrine chrétienne et de leurs émules des deux sexes r .

1 Discours à f Oratoire, en mai i85a.

Gi DES INTÉRÊTS C ATTIOL1QUES.

Mais, à côté de ces grandes œuvres, qui sont la gloire de la France et le patrimoine du inonde chrétien, que d’autres œuvres moins vastes, que d’autres associations moins nombreuses, mais qui sont la bénédiction spéciale de notre pays, l’honneur de notre temps, l’espoir, l’unique espoir de notre avenir. L’œuvre de Saint- François- Régis, qui réhabilite la dignité du mariage chez les pauvres; l’œuvre de Saint-François-Xavier, qui consacre les loisirs des riches à l’instruction des ouvriers; la Société d’économie charitable et les diverses sociétés de patronage; l’œuvre de Saint-Maurice, pour les soldats; les œuvres des prisonniers, des apprentis, des colonies pénitentiaires, etc. Et où se recrutent toutes ces pieuses confraternités? ?i’est-ce pas surtout parmi celte jeunesse dont l’affluence rend quelquefois nos églises trop étroites , et dout les rangs serrés autour de la chaire des Lacordaire et des Ravignan ont tant de fois déjà consolé le cœur de leur pasteur et déconcerté le regard du scepticisme. Vienne maintenant le temps des épreuves et des luttes; vienne la persécution, s’il le faut : l’Eglise sait où se trouvera son armée! Elle est là, dans ces jeunes gens , dont les aînés montent chaque jour dans l’assemblée des hommes, et qui chaque jour aussi ouvrent leurs rangs à de nouvelles recrues habituées aux luttes et aux sa-

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