CHAPITRE III
théisme. En France elle se tait, non sans dignité ‘. Taisons-nous donc sur elle. Mais vous souvient-il de ces temps fabuleux où, il y a vingt-cinq ans, on proclamait en Sorbonne que la mission de la philosophie était de tendre doucement la main au genre humain pour l’aider h s'élever plus haut que le christianisme?
Tempora mutant ur...
Ce sera, si je ne me trompe, la religion qui
tendra un jour la main à la philosophie pour la tirer de son discrédit actuel. Cela dit, passons à autre chose,
Le pouvoir temporel! quoi de plus ébranlé et de plus incertain? Au milieu de ces révoltes, de ces luttes, tantôt honteuses, tantôt sanglantes, où les peuples et les rois se sont infligé les uns aux autres des châtiments si mérités, croit-on que toute foi sincère et solide en l’autorité humaine n’ait pas été déracinée? Nous laissons à l’avenir le soin de désabuser ceux à qui des retours trop prompts pour n’ètre pas superficiels pourraient inspirer une confiance prématurée.
Et que dirons-nous du libéralisme? du libé-
> Nous ne choisirions pas d’ailleurs, pour attaquer la philosophie française, le moment où plusieurs de ses jeunes ad«p tes > naguère et encore nos adversaires, viennent de donner l’exemple d’une bien rare indépendance, en sacrifiant leur carrière à leur conscience.
ralisme vollairien, de ce vieux et faux libéralisme qui règne depuis soixante ans sur les intelligences, qui n’a si souvent invoqué et caressé les penchants les plus nobles et les plus légitimes du cœur humain que pour les exploiter au profit de l’envie, de la jalousie, du mensonge, et pour les condamner aux mécomptes les plus humiliants, aux expiations les plus douloureuses? Il nourrissait l’insolente prétention de remplacer le catholicisme après l’avoir renversé; et le voilà lui-même renversé, remplacé et enterré. Il enseignait partout le mépris des croyances et des traditions, et c’est à l’aide d’une superstition populaire, soigneusement fomentée par lui-même contre l’Église et la monarchie, qu’on vient de l’assommer. Il a toujours méconnu et insulté la puissance des noms, et c’est un nom qui, deux fois invoqué et sacré par tout un peuple, a d’abord confondu, puis anéanti, les créations de son orgueil. Il voulait faire dater le monde de 1789, et c’est au nom des idées et des principes de 1789 qu’on le bâillonne, et qu’a près l’avoir bâillonné, des écrivains, formés à son école, viennent insulter à sa défaite. Les chansons de Béranger ont été l’aliment délicat et spirituel dont il a nourri notre peuple; et ce sont les chansons de Béranger qui ont creusé la fosse où i! vient de