‹ Des intérêts catholiques au XIXe siècleChapitre 48 sur 52 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

titude du par délibérai. Dieu nie garde surtout de révoquer en doute le zèle sincère et fervent des princes de cette illustre maison pour la foi de saint Louis. Mais je ne constate qu’un fait ! en rappelant qu’après quinze ans passés sous des rois dont le dévouement à l’Église était incontestable, la religion, bien loin d’avoir ga- i gné du terrain, était tombée dans le plus affligeant discrédit et avait perdu presque toute influence sur le peuple comme sur la bourgeoi- ; sie. Certes je n’en conclus pas que des rois,, impies ou simplement indifférents valent mieux pour l’Église et la vérité que des rois chrétiens : je dis seulement, en consultant l’expérience, que, dans une société comme la nôtre, le dévouement des rois les plus chrétiens ne suffit pas à l’œuvre de salut. J’en atteste les souvenirs de tous ceux qui, comme moi, terminaient leur éducation vers cette époque. Combien étions-nous de jeunes chrétiens, même dans les collèges les mieux famés? A peiue un sur vingt. Quand nous entrions alors dans une église, est-ce que la rencontre d’un de ces jeunes gens des écoles, d’un de ces hommes du peuple qui aujourd’hui remplissent nos temples, ne produisait pas presque autant de surprise et de curiosité que la visite d’un voyageur chrétien dans une mosquée d’Orient?

Encore une fois, je ne justifie rien; je ne cher-

8a UES INTÉRÊTS CATHOLIQUES.

che pas même à rien expliquer : je raconte. Je ne me laisse pas aller à la tentation de signaler les coupables complots et les mécomptes amers de ceux qui , par leurs écrits et leur conduite, avaient travaillé avec un si cruel acharnement à dévaster ainsi l’âme de la France. Si l’on en avait le loisir et le courage, il serait assez piquant, ce me semble, d’en référer aux vieux libéraux de ce temps-là, s’il en reste, pour «avoir d’eux jusqu’à quel point ils ont à se féliciter du résultat politique et social de cette guerre faite à la monarchie et à la religion , à l’aide du chantre de Lisette et de Fre'til/on, du Petit Chapeau et du Vieux Drapeau. Mais je me borne à enregistrer un souvenir douloureux et ineffaçable : au sortir de la restauration, l’Église était en France au ban de l’opinion et de la popularité, et peu s’en fallut qu’elle ne fut entraînée, comme en 1792, dans la chute de la rovauté.

Que l’on compare sa situation en i83o avec celle qu’elle a prise sans effort en 1848, au sortir d’un règne auquel elle avait été presque toujours condamnée à résister; qu’on la compare avec celle qu’elle a gardée en i 85 i, après quatre années de luttes continuelles contre les périls de l’anarchie.

Ce n’est donc ni l’empire, ni la restauration ; ce 11’est ni la protection, ni la sympathie

Page 1