UBEAIRIE DE POUSSIELGUE - RUSAND
rue HaatetsiUlle, n, 9.
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Quoi, Monsieur, tous seriez Jésuite ?
— Pourquoi non?
— Jésuite! mais sayez-YOus quel titre tous prenez là? Ouvrez le dictionnaire de TAcadémie (sixième édition) : Jésuitique ne se dit qu'en mauvaise part. Ouvrez Boiste : Un Ji^ suiie^ c'est fin homme fin et faux, sans principes. Consultez MM. Michelet et Quinet : c'est un délateur j un automate, un comédien.
— Doucement, avant tout lisez ces pa^es ; et je vous laisserai juger à qui ces qualités conviennent. Aux yeux de M. Quinet, tout catholique est Jésuite. Gela me suffit. Si ce nom TOUS e£Eraie , mettons que je ne suis pas Jésuite, et allons droit au fond des choses. 11 s'agit non de ce que je suis, mais de ce que je Tais dire. Il parait même que le public n'a pas eu peur de mon titre, puisqu'au bout d'un mois, il me demande une seconde édition.
sit aux tribunaux de l'Etat et de l'Eglise. MM.Quinet et Michelet^ s'élevant à uii« e<m9idérttianplus haute, montrent le vice de cet ordre religieux dans son essence même, c'est à dire dans son code législatif^dans ses manuels d'éducatiaa raligieuse et littéraire. De plus, ses anciens ennemis, arborant un drapeau particulier, l'attaquèrent tantôt au nom du catholicisme, tantôt au nom du protestantisme, tantôt au nom de la philosophie : mais ses deux nouveaux adversaires, réunissant tous les eB&eifiuemmts,ptaio$Qpiù(fHi$ et religieux dans un vaste cbristianismeireUgiOD46ra« venir, ont fait appel, pour confondre l^enCani^ d'Ignace, à toutes les opioions à la loi^.
Les défenseurs des Jésuites ont de tout temps eissajé bien des moyens pour les disculper» Que pouiraieptils faire aujourd'hui?
Crier à la calomnie? mais leurs négations aus»aiei|t beau avoir Taccent de l'innocence ; bien des gens n'y verraient qu'un nouvel essai d*hypocrisie^
Dire qu'en attaquant les Jésuites on auaque l'SgUte catholique? mais on a répondu d'avance que cette Eglise, ils l'avaient corrompue, et que J'axiathème rdr tombe avant tout sur la source du ma).
En appeler aux témoignages qui leur sont favorables? mais dans quelle classe d'hommes, dans quelle' société religieuse ira-t-on chercher des Juges et des témoins ? Ils sont accusés par deux hommes qui dé* clarent n'être pas plus catholiques que protestants, qui ont porté raflaire au tribunal des luthériens aussi
bien qu'au tribunal des catholiques, à celui des philosophes comme & celui des chrétiens (i). On pourrait, H esterai, leur trouver des apologistes parmi les dissidents et les incrédules; mais, pour cent voix en leur feveur, on leur en opposera mille.
Besalerez-vous de démontrer la fausseté de tous les crimes particuliers qu^on leur impute? mais il faudrait peur cda de gros volumes que personne n*aurait la {Mtienee 4e parcourir. Leurs défenses remplissent défà les MUiothèques ; qui va 1m feuilleter? A leurs adversaires Tassertion est permise : pour eux, il faut qc^on prouve, et longu^ement, avec la prévision de ne pas être lu. D'ailleurs le fond de la question n*est pas là. Cf est du principe même de Péducation et du gouvernement dés lésultes quHt ^agit avant tout. Leur testltat est mauvais ; ils y sont fidèles : donc néeeesalrement ils ont mal agi , et toujours ils agiront met*
H ne reste aut lésultes qu'un moyen de défense ; <f est d'argumenter contradictoirement à la thèse posée par leurs accusateurs* .
On leur a dit : votre institut est vicieux de sa native : donc voys èfes unauvais; donc \l f^ut vous détruire. Us dev|r^i#n^ répondre ; notre jnsMtut est hot^ ^ se)u$aire àp sa ^^ture i ^^ s'ils pi^ry/ç^ale^t h 1$ ]NPOuv.er^ leur? ^dver;^irss se y^ft^nf^ .çontraip)tS|
(1) Il est Csclle de comprendre oombien 11 importe d'éta- Mir le earacière des aecosatsMirs et la nature de trlbeBal. Je ^lfti MB«liir«iisrdaii6tesa«liwMmtasielBl.aiMeM À Qafnet des preuves de mon assertion. La brochore qae f exawÊ/mm m 9êÊtm. ¥eyex la prefsisttn 4e Mde M. 4Bl«Bt. WÊJm Éî MffMi iuHJÊmtiwiitk y t ■
sous peine d'inconséquence, de pardonner au corps entier les fautes de quelques particuliers ; car il n'est pasdemagistrature, ni de société, ni de gouvernament que Ton ne puisse condamner, si on les rend res* ponsables des actes de leurs membres, alors même qu'ils ne les ont pas commandés.
Il est pourtant, je l'avoue, dans l'existence d'un ordre religieux, comme dans celle d'une naiion, des phénomènes généraux^ des faits caractéristiques qui semblent refléter le génie de tous ses membres, accu» ser quelque vice de nature dans le corps tout entier; et ceux-là exigent une réponse.
Toute apologie complète de la Compagnie de Jésus S^ composera donc essentiellement de deux parties^ de Texamen des textes inculpés dans son code« et de Texamen des faits qui tiennent à son caractère, .au tempérament du corps et non à la disposition accX* dentelle et particulière de quelqu'un de ses organes.
Qu'on ne refuse pas d'entendre une voix qui va s'élever contre l'accusation de MM. Quinet et Michelet. Amis ou ennemis des Jésuites , philosophes ou chrétiens, catholiques ou protestants, j'en appelle hardi* ment au tribunal de votve raison. J'aborde la question avec netteté et franchise. M. Quinet a dit : « Je cornbats ouvertement, loyalement. Je demande que l'oa. se serv« contre moi d'armes semblables (1).» Hé bien^
(4) II« Lêçon, p. 102. J'avertis ane fois poar toutes qae Je snf^ vrai la troisième édition de MM. MIcbelet et Qainet, ou platt&t leur troi^ème tirage. Note* et Pièces jusliflcalives , n*" 2.
j'accepte le défi avec toutes ses conditions, et Ton verra bientôt qui de nous deux est resté plus fidèle à la loyauté jurée d'avance* J'accepte aussi les armes qu'il a choisies, sauf toutefois les traits injurieux que je ne lui renverrai pas. Si le public, spectateur et juge de notre controverse, s'indigne et venge par des mots offensants sa crédulité surprise, c'est à la nature des accusations et non à la cruauté de mes réponses qu'il faudra s'en prendre* J'accepte enfin la position prise par mon adversaire. Il me serait facile de la tourner; Dieu m'en garde! Attaquons et défendons là où nous ne pouvons vaincre sans tout sauver, reculer sans tout perdre.
Avant d'entrer en lice rappelons encore une fois les conditions du combat. C'est par le caractère de ses constitutions que la Compagnie de Jésus doit être jugée : elle n'est responsable que des faits émanés de sa nature, que des actes commandés par elle.
Juges, souvenez-vous toujours aussi que, de part et d'autre, le cri de guerre c'est loyauté !
A. M. CABOUR
de la Compagnie de Jésus.
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CITAnOlfS INC0NTE8TABI38 DK M. QUINET.
Accordez à M, Quinet^ pour base de son argumenta* tion, tout ce qu'il a vu djans l'institut des Jésuites, et la cause est décidée. Wafs dans l'instruction de tout procès l'examen des témoins et des témoignages est la première obligation de quiconque est appelé à por< ter la sentence.
Lorsqu'un plaidoyer s'adresse au public» toyt lecteur devient juge. A moins donc de déclarer son incompétence ou de suspendre son jugement, tout lecteur prend sur lui la responsabilité de la condamnation qu'il proclame en public, ou qu'il énonce simple*
ment au fond de sa conscience ; car la justice s'exerce aussi jusqu'au fond des cœurs. Pourquoi l'accusé, s'il est innjBMsent, perdiait^il ses droits à votre estime? C'est le crime seul que l'on peut condamner à ne plus paraître sans baisser les yeux.
Vous donc que l'on convoque de toutes parts à ces immenses assises où doit siéger tout auditeur de MM. Quinet et Michelet, tout lecteur de leur réquisitoire» où l'on veut qu'un cri publtc, qu'un anathème universel prélude aux informations judiciaires, provoque et dicte d'avance, comme en 1828, comme à la fln du siècle dernier, les arrêts du pouvoir^ les condamnations des tribunaux ecclésiastiques et civils; vous dont on a soulevé l'indignation par le tableau des crimes que les constitutions de la Compagnie de Jésus commandent, songez que vous vous exposez à commettre une énorme iiqiMice^ si vous vous prononcez avant d'avoir examiné les accusateurs, avant d'avoir confronté, vérifié, pesé leurs témoignages*
Les accusateurs des Jésuites, cherchant contre eux des témoignages irrécusables dans leurs constitutions, dans le livre des Exerdcet tphiiueU de S. Ignace, dans le Directoire ou guide de ces exercices, et dans le Ratio Studiorum ou méthode des études, ont prétendu montrer jusqu'à l'évidence qu'il fallait tout craindre d'hommes poussés au crime par un code législatif monstrueux, nourris dans le crime et l'abrutissement par un double manuel d'éducation religieuse et littéraire. Je vais donc reprendre et discuter l'une après l'autre les citations qu'ils ont puisées dans les quatre livres inculpés. Je ne m'astreindrai pourtant pas rigoureusement à Tordre qu'ils ont suivi. Au lieu de rattacher comme eux ces citations à de longues théo-
ries, je les examinerai en elles-mêmes et bridTement^ question par question (1)*
Ils ont dit : Voilà des textes! Le doute est impossible. Et moi je dis : Toilà des textes mutilés ou mal interprétés ! Gardez-vous donc d'asseoir votre juge* ment sans avoir cherché de quel cAté se trouve Terreur. Quant à moi Je renonce à la cause que je plaide si parmi les citations de MM. Quinet et Michelet, pour peu qu'elles aient de l'importance, il s'en rencontre une seule qui soit textuellement exacte, ou ne dise pas dans son contexte tout le contraire de ce qu'on lui a fait dire.
J'ai promis d'abord des citations mutilées* Lises le. chapitre suivant. .
(1) Je citerai toujours d'après rédiUon de Prague en 1757. Je crois même travailler sur l'exemplaire déposé au greffe du parlement par le P. de Montigoy , Jésuite, pour la fameuse et singulière procédure qui se termina enl762 par la suppression de la Compagnie de Jésus en France. Il porte rinscription suivante, non signée, il est vrai, mais dont récriture montre évidemment une plume du stèoie deraler.
« En Ipsissimum exemplar quod, postulante Cauvellino, Jubente parlsiensis senatus Janseniana foctione, aUalam ab optimo yiro pâtre de Montigny, S. J. et apud actadeposltnm, ansam praebnft, flcto insUtuti crimine, societatem eximiam PP. Jesuitanun in Galliâ funditus dlsperdendi , stimulante H, peiiice alilsqae pesrtmis mul.» adulatoribns. Hodlè mibi tadquam' testamenlo nuncupatum ettraditum ab eodem P.deMontIgny» 12° Kas Maias 1762. »
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M. QVimj ET ^QN SEÇlUiTiWE;]
Monsieur^ j'ai parcouru le Ratio SfutUortm d^B Je* •aiiea c tefet de bons matérltox pour la leçon que vousTOuIez faire sur leur philosophie. TauMl tous lire ces textes étranges ?