INDIENS
M. Perrln, parti pour les Indes en 1777, fit imprimer le passage suivant en 1807 : « Mes lecteurs me permettront de leur raconter comment Je m'y prenais pour me tirer d'affaire. Ils se rappelleront ces trois obligations indispensables : lo faire placer tous les fldèles indistinctement dans les églises; 2o leur administrer à tous les sacrements dans le même lieu ; 5° enfla les visiter dans leurs maisons en cas de maladie.
« Afin d'accomplir le premier devoir, j'avais imaginé de fabriquer, â côté du sanctuaire, une pellte aile, sur laquelle le toit du principal corps-de-logls descendail moyennant une allonge. C'étaient là qu'élaiçnl placés les parias^ ayant la vue de l'autel et du sanctuaire, mais arrêtés par un petit mur qu'ils n'osaient franchir.
(1) Une pièce îustificative n* 5 a été indiquée par erreur p, 43, à la fin 4e la note :^»
a Dans les endroits où les localités ne permettaient pas de saivre ce plan. Je cachais si bien les parias que les idolâtres ne pouvaient pas les apercevoir (ij. Mais si les parias se trouvaient en trop grand nombre pour espérer qn^ils ne seraient pas aperçus, alors il fallait rccoorir à un nonvel expédient, qui était de faire mettre lout le monda dehors et de célébrer seul ies saints mjslères vis à vis la porte do temple.
« Quant à radministralion des sacrements, |e la faisais à la même place à regard de tous; mais mon siège était établi de (elle manière, que chouUrers et parias ne devaient pas quitter leurs rangs pour être administrés.
« Cependant II m*esl arrivé quelquefois de m'abstenir de mes fonctions, lorsque Je ne pouvais les exercer saos compromettre la tranquillité des cbrétiens ou ma conscience. Bans d'autres occasions je les faisais au milieu de la nuit et en cachette des païens, qui étaient les seuls à craindre. C'est à ce dernier moyen qu*il fallait avoir recours pour remplir le troisième devoir dont J*ai parle ; car si on m'avait surpris entrer cbez un paria, c*en était fait. Taorals perdu tout crédit et toute conûaiice. Les ténèbres me servaient alors admirablement. Mon cathéchisle. quoique chouUrer et mèrne brame, m'accompagnait sans diflaculté (S). Je satisfaisais ainsi à mou obligation sans exposer la chrétienté â aocun onige.
((Les pères Jésuites avaient eu â combattre un antre nsage
(i) a Je dois dire à la décharge des chrétiens, quMls m*ont offert quelquefois, non seulement d'entrer chez les parias, mais encore de manger avec eux, si je le jugeais à propos, pourvu qu'ils ne fussent pas aperçus des païens leurs ennemis. Gomme je n'ai lu nulle part que les maîtres soient obligés de manger avec les valets, je n'ai jamais accepté ces offres. Je suis persuadé, d'ailleurs, que la moralité des Chouttrers dépend beaucoup du zèle avec lequel ils gardent le décorum de leurs castes, et je ne doute pas que trop de familiarité avec les Parias ne Ht prévaloir bientjt les mœurs plus libres et plus grossières de ceux-ci. » Note de M, Perrin,
(2) a La principale difficulté au sujet des parias, vient de ce que les idolâtres assistent aux cérémon'es religieuses des chrétiens, et deviennent par là leurs espions. On n'a pas cru devoir les priver de cette consolation, à raison des bons elFets que cela produit ; car il se convertit plus de païens par la vue de nos cérémonies que par les discours des missionnaires, » Note de M* Perrin^
aussi enraciné, et pour le moins aussi superstitieux que les préjugés entre lespar<a«; Je veux parler de Thorreur qu'ont les indiens pour la salive, qu'ils appellent iichi; terme qu'Us ne prononcent qu'avec un air de dégoût. Benoît XIV dispensa pendant vingt ans de la cérémonie de la salive dans Tadminlstratlon du sacrement du baptême ; et après ce temps là le peuple n'avait pu encore revenir de ses préventions à cet égard. Aujourd'hui même le prêtre qui confère le baptême (ait le plus lestement qu'il peut celte partie des cérémonies. ( Voyage dans l'indosian, t. 9, p. 107-110. )
N« 6. (Voyez p. 223.)
M. DK LA CHALOTAIS BST-IL L'AUTEUR DE S01« COMPTK-RBNDU ?
On lit dans un ouvrage imprimé à Londres en 1814.
« Les Comptes-rendus, par La Chalotals, ont été écrits par I^Alembert lui-même; ceux de Riq«et, procureur -général du parlement de Toulouse, furent composés par Contezat, notoirement connu pour être un prêtre debaoché : ceux de llonclar^ procureur général du ijarlement d'Aix, lui furent envoyés de Paris, avec la promesse d'être fait Chancelier de France, s'il voulait les adopter et faire entrer son parlement dans la conjuration. » Nouvelle conspircUion contre les Jésuites dévoilée et brièvement expliquéeMc, parAvX)ert Charles Dallas, écuyer. traduit de l'anglais par M. Desvaux, baron d'Oinville, chevalier de l'ordre royal et mililatre de Saint^Louis, maréchaU de camp, Vun des otages de Louis XVI (Paris, 1817), p. 24. M. Hennequln invoqua ce témoignage devant les tribunaux, plaidoyer de M^ Hennequin dans Vaffaire de rÈloile devant le tribunal de première instance (édition officielle, Paris, Méquignon-Havard, 1826), p. 31 et 32.
On lit danÀ les Mémoires de l'abbé Georgel, 1. 1, p. $1 (Paris, 1817):
« Précédé par la grande renommée de son Compte^rendu, ce magistrat (M. de la Chalotais] parut dans la capitale, en
1765, avec tODt Fapparell d'un triomphateur : le jansénisme, la philosophie, la mngistralure, et lous les courtisans dévoués â la^ailresse dominante, le suivaient, le prônaient et le fêtaient à Tenvi. Et à cetle occasion, pourquoi lalra's-Je un fait qui m'esl personnel? Il ifesi pas étranger à ces mémoires. Le prince f onls, depuis cardinal de Rohan, comme issu de la maison souveraine de Bretagne, crut devoir, noQ encenser IMdole du Jour, mais marquer attention à un des premiers magistrats d'une province où avaient régné ses ancêtres; il invita M. de La Chalotais à dîner. Lé prioce, outre ses parents et des personnes du plus haut rang,avai( rassemblé à sa table des parlementaires et des membres de rXcadëmie française, dont il était, tels que MM. de Buffon, Duclos, D'Alembert, Marmontel ; j'avais l'honneur, n'importe à quel litre, d'être du nombre des convives. Quelqo*oa voulant faire sa cour â l'auteur présumé du Compte rend» à la mode fit tomber la conversation sur les Jésuiies. M. de La Chalotais, qui savait sa diatribe par cœur, en fit fort bien les honneurs : rinstitot y fat dépecé de manière à le mécoanaître. Le prince Louis s*aperQut que le respect seol me retenait dans le silence. J'avais fait pour lui, quelque temps auparavant, an petit travail qui démontrait à quel point l'ouvrage du magistral breton avait tronqué, altéré et ralsiûé eet instltuL interpellé par le prince ei provoqué par M. de L.i Chalotais lui-même, Je me trouvai toit à coup entré en lice avec ce redoutable athlète. Le comb.it, commencé avec aang-froîd et sans flel, se prolongea avec chaleur d^une manière très pressante, sans néanmoins manquer aux égards i|oi étaient dus. L'Issae n'en fut pas heureuse pour le Campte^rendu, L'tasiilnl, ëdlHon de Prague, et le Compte^ rendu forent apportés et confrontés : les altérations étaient palpables. L'extrême embarras du procureur-général fut remarqué par tous les assistants ; il sortit, pour ne point entendre sans doute les réflexions que cette vérification taisait naître. Le triomphe de l'Institut fut complet, et Ton parut persuadé que M. de La Chalotais n'était jpolat i'aateor de son Conip^e-randu. »
N» 7. /'Voyez p. 888 et 306.)
PAMPHLET SUR LA SUPPRESSION DES JÉSUlTf^
Le Pape présente le Gôoéral des Jésaltes à divers souverains de l'Europe, en leur dlsaat : ECCE HOMO,
A quoi les princes répondent ainsi : ^
Le roi de Poriuical : TollCj loUe crucifige eum.
Le roi d'Espagne : Reus est morlis.
Le roi de France : Vos dicilis,
La reine de Hongrie : Quid miii fecil ?
L'empereur d'Allemagne : Non invenio in eo eausam, •
Le roi de Prusse : Quid ad me ?
La république de Venise : Non in die festo^ ne forte tumultw
fiât in populo.
Le rat de Naples et llnfant Duc de Parme : Nos. legem habemusj et secundum
legem débet mori.
Le roi de Sardaigne : innocens ego sum à sanguine justi
hujus.
Le Pape réplique : Corripiam et emendatum vohis
eum lra4am.
Le Général des Jésuites dit : Post très dies resurgam.
Certain» religieux disent au Pape : Jubé ergo custodiri sepukrum us-
que in diem tertium. ne forte ver niant discipuli ejus^ et furentur eum^ et dicant plebi : Surreœit à mortuis^ et erit novissima œtas pejor priore.
Le Pape répond : Ite, ciMlodiie, sicut vos scitis,
J'âl trouvé celte pièce imprimée^ sans date et sans nom d'éditeur. Une lettre manuscrite, sans date aussi, annonçait qae cette pasquinade (avec quelques variantes) courut la France au moment où l'on poursaivatt la suppression de la Compagnie de Jésus.