‹ Des journaux chez les RomainsChapitre 23 sur 109 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

’ Historiée Cttmanat cotnpositor. Festus, au mot Ro/uam.

3 'IiTTopi'ai ém^toptoi , II, 49-

3 Ex tibro vetcrc lin tco Iccto , X, 38. Voy. Lanzi, Saggio cli ling. et rusca , t. II, p. 587 .

probable qu’il a tiré, sans le dire expressément, des Annales euganéennes , l’analyse qu’on ne trouve que chez lui, des migrations armées des Gaulois dans l’Italie transpadane l , et le récit de quelques faits qui regardent Padoue, sa patrie 2 .

Enfin les historiens romains, s’ils avaient voulu remuer plus profondément le sol italique, auraient rencontré • sous leurs pas toute une littérature aujourd’hui perdue, celle des Etrusques: les Gaulois n’avaient pas brûlé Cortonc, Arrétium, Fésules , Clusium, Caton étudia les livres de l’Etrurie, lorsqu’il écrivit ses Origines ; il y avait calculé, d’après leur témoignage, que la ville ombrienne d’Amérie avait été fondée 964 ans avant la guerre contre Persée , près de quatre siècles avant Rome 3 . Yarron s’en servit pour ses travaux chronologiques, où il comparait les supputations des divers peuples i . Denys d’IIalicarnasse ne les négligea pas non plus , et il en tira les détails qu’il donne sur la famille des Tarquins 5 . Cécina

* Titc-Live, V, 34-

3 Ap, Plin., III, 14.

* Divcrsarum civitatum confèrent temporel , dit Censorin, de Die natali, c. a i .

1 III, 46 : £v t«ïç êiu^wpt'aiç -yp oufoiii eupov, ce qui ne veut

SECONDE PARTIE. 75

de Volterra, l’ami de Cicéron , et Yerrius Flaccus, pour écrire sur l’Étrurie, en avaient certainement recueilli les anciens ouvrages'. L’empereur Claude, à en juger par les tables de bronze qui nous ont transmis un de ses discours au sénat, lut soigneusement les livres étrusques, lorsque, sur le conseil de Tite-Live, il se mit à écrire l’histoire, sans doute avec plus d’érudition que de jugement, et composa en grec les vingt livres de son histoire tyrrhénienne a . Dion Cassius l’avait lue, ou quelque autre sur le même sujet 3 . Tous ils purent consulter les écrivains d’Étrurie dans leur texte original ; car la langue étrusque se parlait encore au siècle des AnloninsL Les monuments enlevés par le vainqueur à cette puissante nation, et ceux qui reparaissent de jour en jour, nous font du moins entrevoir combien de restes du passé durent périr avec elle : Volsinies, d’où les Ro-

pas dire ut in romanis cornmcntariis rvperi , comme on lisait autrefois dans la version latine, niais, comme on y lit aujourd'hui, ut in illius gentis Annalibus.

1 Scholiast. Veron. ad Æneid., X, i 83 , 198.

’ Suétone, C/aiid c. /,2.

3 A. Maii Nova colleclio Vaticana , Rome, 1827, t. II, p. i 36 .

* A. Gel le, XI, 7.

mains emportèrent deux mille statues *, ne pouvait être dépourvue de souvenirs précieux pour un historien.

Ce n’est peut-être pas une illusion de penser que chez tous ces peuples de l’Italie primitive Rome put trouver encore, dans le butin de la victoire, les documents de leur histoire nationale; car un de ses plus anciens historiens, l’homme qui avait profilé le mieux de ces fruits de la conquête, le vieux Caton, au second livre de ses Origines 1 , reprochant aux Liguriens de ne plus savoir d'où ils étaient venus, d’être sans tradition, sans lettres, leur faisait honte de cette exception 3 . Ainsi donc, si cette induction est permise, tous les autres peuples italiques lui avaient transmis leurs Annales!

Dans Rome même, les Annales pontificales, monument de la religion comme de l’histoire, quelle qu’en fut alors la forme, durent être conservées. Si elles ne furent pas transportées à Céré avec les autres objets religieux 4, on peut croire

‘ Pline, XXXIV, 16.

1 Ap. Serv. ad Æn., XI , 7 1 5 .

3 Sed ipsi undc oriundi surit ex acta memoria , illitterati , inenilacesr/ne surit et vera minus merninere. Caton , l. c.

■* Tite-Live, V, 40 ; et une inscription du Vatican expliquée par M. Borghesi, Giornale arcadico , 1819, 1. 1 , p. 58 .

SECONDE PARTIE

qu’elles trouvèrent un asile au Capitole avec les tables des lois et des traités; car nous savons que là furent retirées aussi plusieurs des choses saintes, comme le dit Plutarque dans la Vie de Camille 1 . Or le Capitole resta inaccessible; et une partie même du mont Palatin, selon Diodore’, fut préservée de l’incendie. Aussitôt après le départ des Gaulois, on s’empressa de recueillir tout ce qu’on put retrouver de ces traités, de ces lois, mèuie des lois royales, dit Tite-Live 3 , et l’on en fit publier des copies nouvelles.

Il me semble que c’est ici le moment, et comme un devoir de mon sujet, de faire ressortir ce zèle des Romains pour la recherche et la conservation * de leurs anciens monuments, zèle presque immémorial chez eux, que nous voyons reparaître à de courts intervalles, et auquel on n’a peut-être pas fait assez d’attention dans les différents systèmes sur leur histoire. Sans doute ils portaient trop loin ce respect pour leurs antiquités, même fabuleuses, lorsqu’ils montraient aux étrangers le

1 Chap. ao : ’Ev Trpio-roiç Si , twv Upeov S uiv eiç to KaitiTbiXtov àveaxEuâaavTO. .

J XIV, il 5.

3 VI, i : Et qticedam reg'ue leges... Alia ex et s édita etiam in vulgus.

vaisseau sur lequel Énée était venu, disaient-ils, débarquer en Italie, relique sainte que Procope, dans son séjour à Rome, put voir encore tout entière 1 * ; la truie blanche que rencontrèrent les Troyens sur le rivage de Laurente, que l’on avait salée à Lavinium pour la conserver aux curieux’, et dont les images en marbre ou en bronze, d’un très-ancien style , comme la louve étrusque du Capitole, se voyaient sur les places publiques de plusieurs villes 3 . Mais cette passion d’antiquaire, qui peut sembler puérile lorsqu’elle s’applique à des fables, a dû faire vivre aussi les souvenirs des temps historiques.

Ainsi la tradition racontait que le roi Ancus Marcius avait jadis fait transcrire sur des tables de chêne et exposer dans le forum les lois de Numa, et que ces tables avaient été, longtemps après, renouvelées parle grand pontife PapiriusA

Dès l’an 3o4, les édiles sont chargés de garder la collection des sénatus-consultes et des plébiscites, parce que les consuls le faisaient avec peu

1 De bello Gotlfiir., IV, 22 : Aùtoç GeaaajAEvoç.

* Varron, de Re rustica , II,

3 ld., ibid. ; v. Viseonti, Masco Vio-Clemcnùno , I. VII, pl.'3a, n. 2 , éd. de Milan.

* Denys, III, 36.

bablement transportées depuis au temple de Jupiter Capitolin, qui furent ouvertes à Polybe, et où il lut sur le bronze le premier traité fait avec Carthage en a44 a i précieux monument , ou original, ou renouvelé peut-être à plusieurs reprises, et qui nous serait inconnu sans lui.

Les statues érigées sur les Rostres en 3i 7 selon Tite-Live 3 , en 335 selon Diodore 4 , pour honorer la mémoire des quatre ambassadeurs romains tués à Fidènes , disparurent ensuite ; car il semble quelles n’existaient plus quand fut prononcée la neuvième Phiîippique de Cicéron 5 ; mais comme Pline fait entendre qu’il les a vues 6 , il faut qu’on les eût remplacées par d’autres, qui portèrent les mêmes inscriptions.

C’est ainsi que l’inscription Duiliennea été refaite, peut-être plusieurs fois : cette base de la petite colonne moderne, placée à gauche en entrant sous le portique du palais des Conseivateurs,

1 Tite-Live, DI, 55 .

1 Polybe, III, 22.

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