TROISIÈME PARTIE
planches de bois peintes en blanc, et où le grand pontife, peut-être depuis le premier siècle de Rome, mais au moins depuis l’an 35o jusqu’à l'an 6a3, ou peu de temps après, indiquait année par année, d’un style bref et simple, les événements publics les plus mémorables.
II. Ces tables , soit qu’on les eût laissées sur bois, soit qu’on les eût transportées sur pierre ou sur bronze , ne périrent pas toutes dans l’invasion des Gaulois; et, conservées avec le soin que Rome donna toujours aux anciens monuments écrits, elles furent consultées, pour des temps antérieurs, par Caton, Polybe, Varron , Cicéron, Yerrius Flaccus, et par d’autres écrivains, que Denys d’IIalicarnasse, Tite-Live, Quintilien, le premier Pline, Aulu-Gelle, Vopiscus, ont eus entre les mains. Il est probable même, d’après Aulu-Gelle et Servius, qu’elles furent recueillies en corps d’ouvrage, quoiqu’il ne faille pas les confondre avec beaucoup d’autres recueils qui portaient le nom des pontifes. Convenir qu’elles ont pu être diminuées par le temps, interpolées, divisées en livres, rajeunies pour le style, comme les vieux textes l’ont été souvent, ce n’est pas en détruire entièrement l’existence , comme plusieurs critiques l’ont essayé.
la
IJI. Quant à l’autorité de ces Annales, les fables religieuses ou politiques qu’elles devaient contenir, si l’on en juge par les traces qui en restent, n’ont rien de plus merveilleux que tant d’autres fables dans les anciennes chroniques de tous les peuples.
INTRODUCTION