CHAPITRE IV
Grenouillette sanguine ou tumeur érectile du plancher buccal,
Cette variété de kystes, -improprement désignée sous le nom de grenouillette, ne se rencontre que très rarement. Dolbeau à été le premier à les décrire en 1857, dans un mémoire dont le point de départ était une observation avec pièces présentées à la Société anatomique. Son travail contient cinq observations, il réunit et les tumeurs érectiles et les simples kystes qui en proviennent quelquefois. A ces faits, on peut joindre un cas douteux de Schwerin, un fait sans détail de Perassi (Giornale de la Roy. Acad. di med., di Torino, 1873, n° 11), observé sur un enfant de 7 ans, et une observation peu concluante de Hawkins. |
OBsERVATION I (de Dolbeau). — Une femme de 34 ans présente du côté gauche de la bouche, entre le frein de la langue
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etle maxillaire inférieur, une petite tumeur formant sur le plancher buccal un relief mou, fluctuant, bleuâtre, transparent. De plus, on remarque sous la langue, à la lèvre inférieure, à la face interne de la joue gauche, des bosselures violacées, membraneuses. Nélaton crut à une grenouillette coïncidant avec des tumeurs érectiles, et il voulut en débarrasser la malade. Une ponction fut faite dans latumeur avec un trocart, et donna un sang rouge qui sortit sans impulsion, produisant une hémorrhagie difficile à arrêter. La malade succomba à la pyohémie. À l'autopsie, la tumeur était constituée par une cavité distincte occupant le plancher de la bouche et l’épaisseur de la base de la langue.
OBsERVATION II (Dolbeau). — Chez une jeune fille de 18 ans, on remarque, à gauche de la langue et repoussant le frein, une tumeur grosse comme une petite noix, recouverte par la muqueuse saine et mobile. Elle est transparente, un peu violacée; à sa surface, on observe un petit point érectile de la grosseur d’une tête d’épingle, qui, suivant la malade serait le siège de la ponction pratiquée au commencement. La tumeur recouvre la veine ranine qui n'existe plus que dans sa terminaison à la pointe de la langue. Par sa partie inférieure, la tumeur se confond avec le plancher de la bouche. É
OBSERVATION III (Dolbeau). — En 1854, Bouchet est appelé pour traiter une tumeur placée sous la langue, et dont la ponction pratiquée par Bollaert donna une grande quantité de sang. Elle paraissait augmenter de volume par les cris, les efforts, et diminuait par une pression continue, prolongée. [/excision de la paroi supérieure du kyste fut suivie d’une hémorrhagie difficile à arrêter; à l’examen de la face profonde de la poche, on trouva des orifices vasculaires comme dans le tissu érectile.
OBSERVATION IV (Dolbeau). — Sur le cadavre d’une jeune femme, Dolbeau trouva une tumeur située à gauche du frein de la langue, sur le plancher buccal; elle était grosse comme une noisette, et recouverte par la muqueuse.
D Jibre d’adhérence. « J’eus beaucoup de peine, dit Dolbeau, à disséquer le. canal de Wharton, à cause de la présence de nombreuses veines variqueuses et présentant par place des culs-de-sac. Néanmoins, j'isolai le canal et j’eus la certitude qu’il n’était pour rien dans la formation du kyste. Celui-ci en était bien éloigné et logé au milieu de paquets veineux dont j'ai déjà parlé. J'ai voulu l’isoler complètement des veines, mais bientôt il a été ouvert, et j'ai pu constater ce qui suit : les parois étaient très minces, lisses et d'aspect Séreux vers l’intérieur. Le contenu était un liquide séreux, légèrement rosé, renfermant un petit corps d'apparence fibrineuse. J’ai exploré les parois et nulle part je n’ai pu trouver un trou, un pertuis, qui fit communiquer cette cavité avec les glandes salivaires, ou avec les veines. Je crois cependant que ce kyste est le résultat d’une oblitération veineuse. »
OBSERVATION DE HAwKINS. — Sur le côté droit du cou d’un enfant de huit mois, se trouvait une tumeur congénitale du volume d’une orange, cette tumeur s’étendait de l’apophyse zygomatique au cartilage cricoïde et de l’apophyse ‘mastoïle au menton. Elle faisait trois pouces de saillie. Elle s’étendait également sous la mâchoire jusque dans la -bouche, repoussait la langue du côté opposé, et en haut; cette tumeur était lisse et globuleuse. Par la bouche, on apercevait sous la langue deux kystes comme des grenouillettes, mais renfermant un liquide brun rougâtre, l’enfant guérit après deux ponctions successives.
Il est difficile de se prononcer sur le mode de formation de ces tumeurs, le peu d'observations connues ne nous donne pas les éléments nécessaires. Il faut cependant signaler un fait à ce sujet, c’est que les angiomes semblent se développer de préférence sur le trajet des fentes branchiales.
Pour Dolbeau, ces tumeurs peuvent se former de trois façons :
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. 4° Par la rupture ou ulcération de la paroi veineuse et épanchement de sang dans les tissus ;
2° Par oblitération des veines dans certains points et destruction des parois contiguës dans les portions restées libres ; * des
3 Par dilatation simple et totale d’une veine, ou dilatation latérale du même vaisseau.
Recklinghausen considère ces kystes comme des grenouillettes ordinaires compliquées de dilatation variqueuse de la veine ranine ou de tumeurs érectiles.
Les symptômes de ces kystes sont les suivants : la tumeur occupe sur le plancher buccal la place des grenouillettes ordinaires; elle coïncide souvent avec d’autres tumeurs sanguines, situées dans d’autres régions; elle n’est jamais volumineusé, présente une coloration bleuâtre, et à la palpation, est molle, dépressible, réductible, et augmente de volume pendant les cris et les efforts. La ponction retire une certaine quantité de sang ou d’un liquide présentant encore des traces de la matière colorante du sang.
La grenouillette sanguine à une marche très lente ; elle peut s’enflammer très facilement, ou bien elle se transforme en un kyste séro-sanguin bien isolé.
078 CHAPTTRE,V,
Grenouillette sous-maxillaire par dilatation du Canal de Wharton imperforé.