‹ Des Kystes Congénitaux du Plancher BuccalChapitre 3 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant notre stage dans le service de M. le professeur Poncet, nous avons observé une jeune fille, porteur d'une énorme grenouillette, et chez laquelle le diagnostic fut porté de kyste congénital du plancher buccal. L'opération vérifia ce diagnostic et démontra l'existence d’une poche complètement indépendante des organes salivaires, s'étendant au loin et beaucoup plus profondément que l’examen ne permettait de le supposer. À ce propos, nous avons entendu M. le professeur Poncet émettre cette opinion: «qu'un grand nombre de tumeurs liquides du plancher de la bouche, englobées sous le terme générique de grenouillette, n'étaient autres que des kystes congénitaux ».

D'après les faits qu'il avait pu observer, et en tenant compte également d'observations de M. Jaboulay, où la tumeur liquide n’était autre qu'un kyste

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CRE branchial, il émettait cette opinion « que la variété de grenouillette décrite sous le nom de dilatation aiguë ou chronique de la bourse séreuse de Fleischmann n'existait pas, et que dans ces faits ils’agissait d’un kyste branchial apparaissant plus ou moins tard chez certains sujets et pouvant avoir un développement plus ou moins rapide ».

C'est en nous inspirant de ces opinions que nous avons entrepris cette étude.

Nous avons dû pour plus de clarté examiner toutes les tumeurs congénitales du plancher de la bouche, mais nous nous sommes efforcé de ne pas perdre de vue les variétés de tumeurs liquides congénitales qui, soulevant le plancher buccal, ont été, croyonsnous, la plupart du temps, englobées, sans autre distinction, sous le nom de grenouillette, et dont la pathogénie avait échappé à la plupart des observateurs.

Cette constatation avait également son intérêt au point de vue du siège, des rapports, du pronostic et du traitement de ces kystes congénitaux.

Notre premier chapitre est consacré à l’étude des kystes dermoïdes.

Le deuxième, à l'étude des kystes mucoïdes, qui nous intéressent plus particulièrement de par leur contenu muqueux rappelant la grenouillette classique vulgaire.

Dans le troisième chapitre, nous jetons d’abord un coup d'œil d'ensemble sur les diverses variétés de grenouillettes, que l’on a localisées dans tel ou tel tissu du plancher buccal, nous montrons que la

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bourse de Fleischmann n'existe pas, et qu'anatomiquement, si l’on peut par des procédés artificiels déceler une sorte de poche sous le plancher de la bouche, le plus souvent on ne trouve qu’un tissu cellulaire plus ou moins lâche, assimilable au tissu d’autres régions où existent de légers frottements ; en un mot, que rien, dans cette disposition anatomique, ne justifie certaines déductions pathologiques relatives à l’inflammation hydropique plus ou moins aiguë de ce tissu.

Aussi, pouvons-nous dès maintenant, nous ralliant à la manière de voir de M. le professeur Poncet, récuser la grenouillette, dite de Fleischmann, que nous croyons avoir été confondue avec un kyste congénital.

Nous terminons ce troisième chapitre par quelques considérations sur la pathogénie de la grenouillette commune, et nous montrons que l’on peut rapprocher des kystes mucoïdes cette variété de tumeurs.

Pour être complets, nous signalons dans un quatrième chapitre la grenouillette sanguine, qui n’est qu'une tumeur érectile du plancher buccal, assimilable aux nævi cervico-faciaux, développés de préférence, comme on le sait depuis longtemps, sur le trajet des fentes branchiales.

Enfin, dans un cinquième chapitre, nous signalons comme tumeur congénitale du plancher buccal, la grenouillette due à une imperforation du canal de Wharton. Se

Le diagnostic de ces différents kystes fait l’objet de notre sixième chapitre, et nous terminons ce travail

SRE D par le traitement de ces diverses tumeurs (chapitre VIT).

Avant d'aborder l'étude de notre sujet, nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance à M. le professeur Poncet, qui a eu l’idée première de ce travail et nous à fait l'honneur d’en accepter la présidence; qu'il nous soit permis de lui adresser nos sincères remerciments pour la bienveillance avec laquelle il nous à accueilli, et les conseils, qu'il nous à sans cesse prodigués.

Nous remercions aussi M. le professeur agrégé

Jaboulay, qui à bien voulu nous.communiquer les observations de deux malades qu'il avait opérés. : Que nos maîtres de la Faculté de médecine et de l'École du service de santé militaire veuillent bien recevoir l'assurance de notre gratitude pour les excellentes leçons qu’ils nous ont données.

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