‹ Des Kystes Congénitaux du Plancher BuccalChapitre 4 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les kystes dermoiïdes, que l’on désignait autrefois sous le nom de mélicéris, d'athérome, de sthéatome, et qu'on a pendant longtemps confondus avec les grenouillettes, ne sont étudiés que depuis une époque relativement récente; on en à cependant publié des observations il y à fort longtemps.

Un des premiers cas connus est dû à Pierre de Marchettis, de Padoue, qui, en 1670, enleva à un religieux une tumeur mélicérique sublinguale.

> En 1775, Girard (Traité de lupiologie) admet l’existence de loupes sublinguales, et montre les difiicultés qu'il y a à les distinguer des grenouillettes ordinaires.

Jourdain, en 1778 (Traités des tumeurs), publie. une observation de kyste dermoïde, et décrit cette variété de tumeur sous le nom de kystes sublingaux à contenu mélicérique. |

Hernu, en 1791, observe un cas de kyste dermoïde, il est cité dans les œuvres chirurgicates de Desault.

De nouvelles observations sont ensuite publiées par Heiïister (Heisterii opera chirurgica, sectio IT, caput 89), Lader (Journal de chirurgie, t. II, Benjamin Bell (Traité des maladies chirurgicales, 1796), et il faut arriver à la thèse de Bertheraud (Strasbourg, 1845) pour voir la question traitée avec quelques détails; cet autenr cite plusieurs observations de Sicherer (Rapport sur l'hôpital d'Heibronn, 1837-1838), de Symes, de Rigaud de Strasbourg.

En 1845, Lebert (Mém. de la Soc. de biologie, 1845) publie un intéressant mémoire sur les kystes dermoïdes du plancher buccal ; après lui, de nouvelles observations sont citées par Perroult (thèse de Paris, 1858), les auteurs du Compendium (t. III, obs. de Denonvilliers), Cruveilhier (Bull. Soc. anat., 1862), Landetta (th. de Paris, 1863), de Monfumat (Bull. Soc. anat., 1865), Paquet (Arch. gén. de méd., 1867), Verneuil (Bull. Soc. anat., 1872), Padieu (France Méd., 1874), Gueterbock (Lang. Arch. f. Klin. Chir., 1878).

En 1877, Cusset (thèse de Paris) étudie avec soin

les fentes branchiales, leur évolution et la pathogénie des kystes dermoïdes.

Puis paraît une leçon clinique de Richet (Thèse de Barbés, Paris, 1879), une description de Duplay Traité de path. ext., t. V) et un article de Desprès dans le Dictionnaire de médecine et chirurgie pratiques, t. XVI).

Après ces travaux paraissent la thèse de Barbés (Paris, 1879), les observations de Gruber (Virchow's Archiv. f. Path. Anat., 1880), de Meunier (Bull. Soc. anat., 1881), de Combalat (Mém. adressé à la Soc. de chir., 1881), de Th. Anger et Duplay (Bull. et Mém. Soc. chir., 1881), le cas de Nicaise (Bull. Soc. de chir., 1881), relatif à un kyste canaliculé; les thèses de Géhe (Paris, 1882), de Pillon (Nancy, 1883), l'observation de Bartker (British Med. Journal, 1883).

En 1883, Ozenne publie dans les Archives de médecine un mémoire qui reste l’un des travaux les plus complets sur la question; il contient le résumé de 21 observations. :

Gérard Marchant (Bull. Soc. anat., 1886) et Reclus (Gaz. hebd. de méd. et chir., 1887) concluent à la nécessité de l’extirpation des kystes dermoïdes et montrent les avantages de la voie sus-hyoïdienne pour l’opération.

Lannelongue, dans son Traité des kystes congénitaux (1886) et plus récemment encore dans son Traité des affections congénitales (1891), fait une étude très complète des kystes: dermoïdes, surtout au point de vue pathogénique; il résume 37 cas de kystes der-

Se LE moïdes médians et 26 cas de kystes latéraux, qu'il a rassemblés dans les publications de ces cinquante dernières années.

Le 24 février 1891, à la Société de chirurgie, on discuta.le traitement de ces kystes et la plupart des chirurgiens, parmi lesquels Gérard Marchant, se déclarèrent partisans de l’extirpation par la voie sushyoïdienne.

Enfin, en 1892, Caye (thèse de Paris) résume les connaissances acquises sur ces tumeurs, au point de vue des symptômes, du diagnostic et du traitement, mais sans rien dire de leur pathogénie.

Il donne dans son travail le résumé de presque toutes les observations connues et y ajoute quelques cas inédits.

ETIOLOGIE.

L’hérédité ne paraît jouer aucun rôle dans le développement des kystes dermoides. Le sexe n’a également pas d'influence. C'est en général à la naissance ou dans la première enfance que ces tumeurs font leur apparition ; cependant ce n’est qu'à l'adolescence ou à l’âge adulte que les malades consultent le chirurgien, et on peut expliquer ce fait par cela que ces tumeurs peuvent rester stationnaires pendant plusieurs années.

Dans le mémoire d’Ozenne, sur 21 cas, la plupart comprennent des sujets de 15 à 35 ans; dans la thèse de Caye, sur 41 cas où l’âge est noté, les malades ont de 17 à 28 ans.

On connaît cependant des observations de kystes dermoiïdes développés dans la première enfance; Caye cite un cas chez un nouveau-né; Lannelongue en publie trois. Huit cas ont été observés de ? à 5 ans. Enfin on en a vu même chez des vieillards (observations de Neumann, de Cruveilhier, où le sujet avait 62 ans, de Meunier, où il en avait 52).

D’après Lannelongue : « Ces débuts tardifs ne doivent pas étonner; l'expression de congénital, appliquée au mot kyste, n'implique pas qu'il existe au moment même de la naissance; elle indique seulement que son existence se rattache à un trouble de développement, lequel peut ne se révéler qu’à un âge fort avancé. »

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