‹ Des Kystes Congénitaux du Plancher BuccalChapitre 9 sur 21 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Kystes mucoïdes. Y-

Après l'étude que nous venons de faire des kystes dermoïdes, il n'y à que peu de choses à dire sur les kystes mucoiïdes du plancher buccal. Ces deux variétés de kystes présentent en effet un si grand nombre d'analogies, qu'une bonne partie de ce qui a été dit pour les uns peut s'appliquer aux autres.

Les kystes mucoïdes s’observent moins souvent que les précédents, on en connaît seulement quelques cas occupant la région médiane (trois observations), ou les parties latérales du plancher buccal. Aussi cette rareté doit-elle, comme le dit Lannelongue, rendre les hypothèses moins solides et obliger à de plus grandes réserves.

Au point de vue anatomo-pathologique, ces tumeurs sont constituées comme les kystes dermoïdes, seulement la paroi a la structure d’une muqueuse, au

lieu d’avoir celle du revêtement cutané. Cette paroi, plus mince que celles des kystes dermoides, comprend en effet deux parties : une externe, qui est de structure conjonctive; une interne, constituée comme une muqueuse avec un revêtement épithélial formé le plus souvent de cellules cylindriques, munies, dans quelques cas, de cils vibratiles; d’autres fois, mais très rarement, etpar place seulement, d’un épithélium pavimenteux. On ne connaît pas d'observation de kystes mucoïdes du plancher buccal où la paroi fut en partie muqueuse et en partie cutanée.

Le contenu de ces kystes est formé par un liquide muqueux, filant et visqueux, rarement coloré en rouge, dégageant parfois une odeur fétide de matière sébacée, il renferme habituellement de la cholestérine, et on y remarque en suspension des cellules épithéliales régulières ou plus ou moins dégénérées.

Les symptômes sont à peu près les mêmes que ceux des kystes dermoiïdes; cependant, il faut signaler la grande étendue de ces tumeurs, qui peuvent remonter vers la base du crâne, ou aller vers le pharynx, les vaisseaux du cou; la minceur de leur paroi, et quelquefois la fétidité de leur contenu. Quant au moment de leur développement, il en est de ces kystes comme des autres tumeurs congénitales qui peuvent apparaître tardivement chez des adolescents de préférence, mais aussi chez des nouveau-nés et des gens âgés. £ |

La pathogénie des kystes mucoïdes est la même que celle des kystes dermoïdes, et on peut encore admettre ici une inclusion fatale pour expliquer la

formation de ces tumeurs, seulement l'inclusion, au lieu de se faire aux dépens du revêtement cutané, s’est produite au contraire dans la profondeur, aux dépens du tégument interne.

Neumann, cependant, à cru devoir rapporter (Langenbeck’'s f. Klin. Chir., 1878) l’origine de ces kystes mucoïdes à une ectasie du diverticule muqueux décrit par Bochdaleck (Æsterreichische Zeiftschrift f. praktische Medicin, 1860). « Ce diverticule prend naissance sur la ligne médiane, à la période de développement de la langue, entre les deux rudiments qui vont par leur réunion eonstituer Fu organe. » (Lannelongue.)

Cecanal, bien étudié par His, estformé par un É de-sac revétu d'un épithélium cylindrique qui s’allonge peu à peu et dont la partie profonde donne la partie moyenne du corps thyroïde. Il s'ouvre à la surface de la langue, au niveau du ‘foramen cæcum, derrière la grande papille caliciforme médiane, ou sur une dépression médiane plus postérieure ; il descend obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, et se termine sur la thyroïde moyenne ou pyramide de Lalouette.

Cet organe peut disparaître amer c'est ce qui se produit le plus souvent; quelquefois il persiste sur une certaine partie de sa longueur. D'après = Bochdaleck, 13 fois sur 50 sujets, on retrouve seulement la portion du canal faisant suite à l’orifice du foramen cæcum, sur une longueur de 10 à 15 millimètres. Le calibre de ce canal est alors très variable, il est tapissé par un épithélium à cils vibratiles, sa

partie profonde est pourvue de prolongements rameux, dans lesquels s’ouvrent de petites glandes; ces diverticules sont également pourvus d’épithélilum à cils vibratiles. sl

Pour Bochdaleck, ce serait aux dépens de ce diverticule que se développeraient certains kystes médians.

On ne peut pas rejeter complètement l'existence de kystes provenant de ce canal; mais dans l’état actuel de nos connaissances, cette variété de kystes n’est pas connue, et un cas unique ne suffit pas pour üne-étude complète.

I est bien probable que les kystes que Neumann fait développer aux dépens du canal de Bochdaleck, ont une origine congénitale, proviennent d’une inclusion fœtale, et que ce sont de vrais kystes mucoides.

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