‹ Des Kystes Dermoides De L'Ovaire Et De Leur Dégénérescence MaligneChapitre 6 sur 24 · ONE · texte numérisé non relu

ONE

Il résulterait donc que le kyste dermoïde de l’ovare ne serait autre chose qu'une embryon rudimentaire enkysté, et que l’on aurait obtenu ainsi la démonstration rigoureuse de l'exactitude des idées défendues si énergiquement par Mathias Duval et par Répin. Comme notre intention est de ñous occuper particulièrement des kystes dermoïdes de l'ovaire, nous résumerons pour en donuer une idée exacte, les travaux de Wilms à ce sujet. Notre étude, appuyée sur l'autorité et la compétence du maître allemand, aura ainsi plus de valeur et présentera plus d’intérèt.

Tous les kystes dermoides ovariens proviennent manifestement du tissu de la glande; le plus souvent ce qui reste de l'ovaire se trouve dans la paroi kystique à la naissance des ligaments et des vaisseaux qui vont de la trompe vers la tumeur. Rarement l'ovaire parait indépendant, mais alors la présence d’un pédicule dénonce l’origine ovarienne du kyste. Les observations de kyste détaché et libre dans la cavité abdominale se rapportent certainement à des cas où le pédicule s’étajt rompu par torsion ou étirement. |

Les kystes dermoïdes de l'ovaire Croissent d'ordinaire librement dans la cavité péritonéale, repoussant les intestins en haut, mais ils peuvent aussi se développer entre les feuillets du ligament large, et avoir ainsi une allure clinique toute différente. La formation de ces tumeurs, qui sont en somme de véritables néoplasmes, détermine le plus souvent la production de nombreux kystes dans la portion restante de l'ovaire. Ces kystes agglomérés, accolés l'un à l’autre, peuvent communiquer entre eux par résorption de leurs lignes de séparation, ce qui complique singulièrement l’ensemble de la néoformation.

Si l’on ouvre un kyste dermoïde de l'ovaire, il s'écoule une bouillie plus ou moins consistante de matière sébacée, mêlée à des cheveux et présentant une coloration jaunâtre ôu blanchätre. La teinte brunâtre qu’on y rencontre parfois provient d'hémorragies ultérieures par lorsion du pédicule ou traumatismes.

Au microscope, on aperçoit dans la pâte des débris de cellules, des globules graisseux et fréquemment des tablettes de cholestérine. La structure des cheveux est normale, leur

RUE Lan DR

longueur varie de quelques centimètres à un mètre, leur quan- Uté est très variable ; ils sont souvent rassemblés en une pelote, difficile à dérouler. La coloration de ces cheveux varie du blond clair au noir le plus foncé et l'on ne peut établir de relation avec la teinte de la chevelure de la malade. La surface interne du kyste, mise en évidence par un lavage soigné à l’eau chaude, présente presque toujours une papille saillante, point de repère important pour l'orientation dans l'examen du kyste. A côté d'elle se voit une partie cutanée, reconnaissable à l'œil nu, qui s'étend en une simple bande et est loin de recouvrir, comme on le supposait d'abord, toute la paro i interne de la tumeur.

Le reste de la surface est glabre, ou recouvert d'une > couche de tissu granuleux, qui représente le produit de réaction de la capsule conjonctive, vis-à-vis des cheveux et des produits sébacés, agissant comme corps étrangers. La couche granuleuse se compose de cellules géantes, de lissu conjonctif jeune, renfermant de petits foyers hémorragiques et des cristaux de cholestérine. Il n’est pas rare que cette zone qui peut devenir assez importante pour en imposer pour une membrane, ayant son individualité propre, présente à son intérieur des plaques calcaires qui blindent pour ainsi dire la capsule du kyste. De plus les formations kystiques secondaires, qui se forment à la surface de l'ovaire, s’accolent fréquemment au kyste dermoïde et lui donnent une physionomie spéciale.

La papille dont nous avons déjà parlé n’est pas un simple bourrelet cutané, mais une production néoplasique d’une structure très complexe. Son étude acquiert ici une importance considérable, car elle révèle l'existence de l’embryon rudimentaire jusque-là méconnue. Aussi nous semble-t-il utile de nous y arrèter un peu.

Sur une coupe verticale, Ia papille se montre nettement recouverte de peau de tous côtés, excepté à son extrémité libre, la formation épidermique est très épaisse à la partie supérieure, et renferme à ce niveau des glandes sébacées abondantes et des produits capillaires, pourvus de moelle, qui pénètrent dans le

Page 1