‹ Des Kystes Dermoides De L'Ovaire Et De Leur Dégénérescence MaligneChapitre 5 sur 24 · LT OS · texte numérisé non relu

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La surface ‘interne est lisse ou mamelonnée; elle rappelle assez l'aspect d'une muqueuse ou d’une peau macérée. Comme toute paroi cutanée, les kystes dermoïdes nous présentent des follicules pileux, le plus souvent supportés par une grosse papille unique, des glandes sébacées habituellement nombreuses et des glandes sudoripares plus rares; les fonctions de ces organes périphériques, qui dans le corps normal sont très actives, ne paraissent pas ici bien développées ; la vie y est très ralentie et les remplacements cellulaires dont ils sont le siège sont peu rapides et peu fréquents. Dès lors la petitesse ordinaire du volume de ces tumeurs n’a rien qui puisse nous élonner.

Tout autres se présentent les kystes dermoïdes des organes génitaux, dont le volume est toujours plus considérable et qui, par la bizarrerie de leur contenu, la variété et la complexité des organes qu'ils renferment, se classent dans une catégorie à part, dans le groupe des productions dermoïdes tridermiques. On trouve en effet dans leur cavité des formations indiquant une différenciation plus grande, un développement plus parfait, par exemple des dents, des ongles, des os, du cartilage ou desparties mieux constituées et déja reconnaissables.

Des fibres musculaires lisses en faisceaux, plus souvent des fibres striées, s’y voient mèlées à du tissu nerveux.

L'association de ces derniers tissus réalise des apparences * d'organes. Kœberlé a vu une langue rudimentaire avec une muqueuseetdes glandes ; Baumgarten, Marchand un fragment d'œil avec une apparence de rétine. Enfin ona trouvé jusqu'à des parties fœtales nettement reconnaissables (Key. Cruveilhier Répin).

Pour en donner un aperçu succint et complet, nous ne croyons pouvoir mieux faire, qu’en nous aidant des descriptions si précises fournies récemment par le P' Wilms de Leipzig, qui s'est occupé particulièrement de cette question. Les idées de cet auteur allemand, en accentuant plus fortement la différence pressentie depuis longtemps entre ces tumeurs dermoïdes extragénitales et les kystes dermoides de l'ovaire ou du testicule, ne pourront que jeter plus de clarté sur ce point encore obscur de l’histoire des tumeurs.

Pour Wilms, si la confusion fut longtemps commise et si l'idée que l’on doit se faire des dermoïdes de l'ovaire a’été très lente à germer, c’est que les observateurs se sont perdus constamment dans lexamen unique de la peau, négligeant l'étude du reste de la formation. De la sorte, ils ne découvrirent pas qu'à côté des productions culanées qu'ils étudiaient avec soin se cachait toute une suite de tissus complexes, et leur méthode d'investigation, qui consistait à ne prélever qu'un petit morceau de la paroi ou d’une saillie papillaire, fut la cause unique et bien compréhensible de leur erreur.

Cette insuffisance d'examen leur fit affirmer l'existence de kyste cutané pur dans l'ovaire, alors qu'une observation attentive ne permet pas d'en trouver.

La même facon, peu méthodique, de se procurer les coupes donna lieu aux innombrables descriptions de kystes dermoïdes complexes et de Tératomes dans lesquels on trouvait en plus de la peau, des dents, des os, des cartilages sans qu’on pût réussir à reconstituer un organe bien défini, avec les éléments rencontrés ; il manquait l’ordonnance de l’ensemble. L'hésitation devint plus grande encore, quand on découvrit à l’intérieur des cavités dermoïdes la présence d’un système nerveux, d’intestin, de membres bien reconnaissables ; on pensa alors à des productions fœætales. et l'on songea à la possibilité d’une parthénogénèse pour les expliquer. Il était pourtant bien simple, en établissant nettementles propriétés individuelles de ces tumeurs, de reconnaitre qu'en somme toutes ces formations étaient connexes et ne différaient entre elles que sous le rapport de leur développement plus ou moins avancé. Les coupes pratiquées en séries pouvaient, il est vrai, seules, faire aboutir à ce résultat. C'est ce que le professeur de Leipzig a fort bien compris et mis en pralique ; Aussi, au prix d'un travailun peu long, est-il arrivé à mettre un peu d'ordre dans ce chaos de tissus et d'organes, à montrer qu'ils dérivaient des trois feuillets blastodermiques embryonnaires, de l'ectoderme, du mésoderme et de l'entoderme, et que leur ensemble constituait un organisme embryonnaire avorté, auquel il à donné le nom d’Embryome ovarien.

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