‹ Des Kystes Dermoïdes de l'Ovaire: Ouverts dans la VessieChapitre 18 sur 24 · ÉTIOLOGIE -—- PATHOGÉNIE — ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE -—- PATHOGÉNIE — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Il existe un certain nombre d'observations de kystes dermoïdes ouverts dans la vessie, ne se rapportant pas à des kystes ovariens. Nous citerons seulement les chiffres suivants : sur 170 kystes dermoïdes du petit bassin, Lebert en compte 129 provenant de l'ovaire. Clado, dans son traité, rapporte 32 cas avec kystes dermoïdes ouverts dans la vessie. Sur ces 32 cas, 1l y en a 7 provenant de l'ovaire, 7 paravésicaux, et 18 dont l’origine est inconnue, aucune opération abdominale n'ayant été pratiquée. Il est incontestable que sur ces 18 inconnues, il devait y avoir beaucoup de kystes de l'ovaire. Roy, dans sa thèse, rapporte 18 observations se rapportant à des hommes. En définitive, les kystes paravésicaux et d’une facon plus générale, les kystes dermoïdes du petit bassin, développés indépendamment de l'ovaire, semblent être l'exception, bien que les kystes paravésicaux aient une existence incontestablement démontrée. Ç

C'est donc les kystes dermoïdes de l'ovaire qui consütuent l'immense majorité des kystes dermoïdes du petit bassin, susceptibles de s'ouvrir dans la vessie. Le plus

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souvent, les kystes dermoïdes de l'ovaire restent pendant toute leur évolution absolument latents et les complica-

tions les plus fréquentes qui puissent survenir au cours

de leur évolution consistent dans les poussées successives de péritonile, dues à la formation d'adhérences et dans les phénomènes de torsion. C'est cette dernière complication qui amène ordinairement les malades entre les mains du chirurgien. Indépendamment de ces deux fréquentes — péritonite plastique et lorsion — les kystes dermoïdes de l'ovaire sont susceptibles de donner lieu à des manifestations externes, par suite ce migrations anormales. Ces migrations ont pour conséquence l’ouverture du kyste dans les cavités voisines. La rupture. dans la cavité péritonéale est une complication relativement rare. Elle existait, néanmoins, conjointement avec l'ouverture dans la vessie, dans le cas qu'il nous a été donné d'observer à la clinique chirurgicale de M. le prolesseur Poncet. L'ouverture à la paroi abdominale, le plus souvent au niveau de l’ombilic, a été signalée par un certain nombre d'auteurs, notamment par Montgomery et par Moore. L'ouverture dans le vagin a été également observée quelquefois. Enfin, de toutes, la plus fréquente est l'ouverture dans l'intestin. L'ouverture dans la vessie vient immédiatement après celle-er.

La pathogénie générale de ces ouvertures dans les viscères voisins est restée entourée d'obscurité pendant

‘très longtemps. En ce qui concerne les ouvertures vési-

cales, ii y a lieu tout d'abord d'établir une première division. Certains kystes dermoïdes, de par leur situation même, sont susceptibles, sans l'intervention d'aucune autre complication, d'éroder les parois vésicales et de

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s'ouvrir à l'intérieur de celle-ci. En effet, il existe chez la femme des kystes dermoïdes qui se développent à l'intérieur même du ligament large, aux dépens de débris embryonnaires d'origine assez mal connue. On admet classiquement qu'il s’agit, en semblable circonstance, d'ovaires surnuméraires provenant du morcellement du corps de Wolf. La vessie est en rapport intime par sa paroi postérieure avec ces kystes inclus à l'intérieur du ligament large et l'ouverture de ces derniers à son intérieur s'explique d’une façon très simple, par suite de la pénétration vers le point de moindre résistance du kyste en voie d'évolution. C’est par le même mécamisme que les kystes hydatiques du foie agissent visà-vis des parois thoraciques et du poumon. Cluge a cité, à ce point de vue, une observation démonstrative.

Un second mécanisme, par l'intermédiaire duquel les kystes dermoïdes de l'ovaire sont susceptibles de s'ouvrir dans la vessie, consiste dans la dégénérescence maligne de la tumeur et l'envahissement progressif des tissus circonvoisins. Les observations de kystes dermoïdes dégénérés sont loin d'être rares. Himmelfarb a rapporté une observation très caractéristique à ce point de vue. La dégénérescence néoplasique se rencontre. plus souvent dans les kystes dermoïdes que dans les autres variétés de kystes ovariens. Cela n’a rien d'étonnant, car ces néoplasies sont constituées par des tissus de nature très variée et dont la variabilité même indique bien l’activité néolormatrice. Un fait à remarquer c'est que lorsque la dégénérescence maligne se produit au niveau d'un kyste dermoïde, cette dégénérescence n’altère en rien les éléments primitifs de la tumeur et, si cette dernière s'ouvre

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