‹ Des kystes du canal de NückChapitre 13 sur 20 · A AC · texte numérisé non relu

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qui devait être très douloureuse et retarda beaucoup laccouchement. Après la sortie de l'enfant, la sage-femme fit assez aisément disparaître la tumeur à l’aide de pressions modérées, et recommanda à la malade de porter un bandage, parce que, lui dit-elle, elle avait une hernie. Le conseil de la sage-femme fut suivi exactement. Depuis cette époque M. F. eut deux autres accouchements, sans que la hernie, (oujours maintenue par le bandage, donnât lieu au moindre accident. Toutefois, la malade n’apportant pas toujours la même attention dans l’application de son bandage, il fallut qu'elle-même ou un chirurgien fit rentrer la tumeur. À cinquante-huit ans, M. F. commença à s'apercevoir que la tumeur n'était plus réductible et qu'il en restait toujours une partie très saillante malgré la présence du bandage. Depuis deux ans, elle s'était aperçue de cet accroissement de la tumeur quand, un jour, en montant l'escalier, chargée d'un fardeau, elle sentit la hernie sortir davantage, elle essaya inutilement de la réduire. Un chirurgien ne fut pas plus heureux et l’envoya à l'hôpital. Le chirurgien de garde pratique une saignée, topiques émollients sur la tumeur. Le lendemain, it" novembre, j observai la malade : tumeur énorme dans la partie supérieure de la région inguinale droite, irrégulièrement cylindrique, recouverte par la peau saine, indolente, mais renitente. Elle se dirigeait en bas dans la direction du canal inguinal et occupait le tiers supérieur de la grande lèvre. Malade abattue, face pâle, rougeur des pommettes, langue blanche, nausée continuelle, vomissements de matières fétides, pas de selles depuis la veille ; ventre mou et indolore, pouls petit, fréquent, tumeur nullement douloureuse au toucher. La malade répondait difficilement aux questions; interrogée à plusieurs reprises sur Je point de départ de la tumeur, la malade portait le doigt sur le milieu de celle-ci, et précisément au point où sort le ligament rond de l'utérus, conséquemment à l'anneau inguinal.

Il était inutile de tenter encore la réduction qui avait déjà échoué ; aussi fut-on unanimement d'avis de recourir à l’opération de la hernie, car chacun pensait à l’étranglement d’une her-

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nie inguinale. Elle fut pratiquée immédiatement par Berlan; les téguments furent d'abord incisés dans toute l'étendue du diamètre longitudinal de la tumeur. Les couches sous-jacentes furent disséquées successivement et laissérent à découvert une membrane lisse, assez épaisse, d'un blanc perlé, dont l'ouverture fut suivie de l'écoulement d'une grande quantité de sérosité jaunàtre : la cavité qui la contenait était parfaitement close dans toute son étendue et tapissée par une membrane lisse et polie. Ce sac membraneux adhérait à un cordon ligamenteux, qui se prolongeait dans la direction du diamètre longitudinal de la tumeur. L'évacuation du liquide fit disparaître aussitôt la presque totalité de la tumeur, à l'exception d'une portion située dans la portion inférieure du pli de l’aine. La cavité qui contenait le liquide fut remplie de charpie molle, maintenue par quelques compresses et un bandage en T,

Dans ce cas, les efforts de l'accouchement n'avaient évidemment pas produit la tumeur de toute pièce ils avaient eu simplement pour effet de rendre plus apparente l'affection dont la malade ne s’élait jamais aperçue.

Somme toute, l’étiologie des kystes du canal de Nück nous échappe en grande partie. Le surmenage, la grossesse, la période de la vie génitale, ont peut-être avec eux quelque relation causale, mais c'est là encore un point obscur, qui demande, pour être élucidé, des recherches plus sérieuses.

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