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parce qu'ils n'y pensent pas. Plus une affection est rare, moins on y songe; et, dans le cas présent, la tumeur joint à sa rareté une ressemblance trompeuse avec une affection très fréquente, la hernie inguinale. Aussi voyons-nous, dans nos observations, que les ch1rurgiens ont souvent opéré des kystes, croyant avoir affaire à une hernie.
Donnons, en quelques mots, les caractères différentels qui nous permettront d'éliminer les affections ayant quelques ressemblances avec les kystès du canal de Nück.
19 Hernie non étranglée. — Si la tumeur est irréductible, on peut avoir affaire à une épiplocèle ayant contracté des adhérences, La palpation pourra alors nous renseigner, l’épiplocèle étant molle et pâteuse, le kyste rénitent, élastique, fluctuant. La transparence de ce dernier pourra trancher définitivement la queston.
La tumeur est-elle réductible, nous pouvons encore être en présence d’une épiplocèle ou d’une entérocèle. Nous venons de dire comment on différencie le kyste de l’épiplocèle. Quant à l’entérocèle, elle nous donnera de la sonorité à la percussion, tandis que le kyste nous donnera un son mat; une fois réduit, le kyste se reproduira de bas en haut, la hernie de haut en bas; enfin, celle dernière seule présentera du gargouillement.
> Kysles de la glande vulvo-vaginale. — Leur siège les différencie suffisamment. Tandis que les kystes du canal de Nück sont situés à la partie supérieure el externe de la grande lèvre, ceux de la glande vulvo-vaginale se développent dans sa partie inférieure
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et interne ; les premiers font saillie à l'extérieur, les seconds dans la paroi vaginale.
3° Ovaire hernié kystique. — Ici, la tumeur est en général plus volumineuse, augmentant de dimensions au moment des règles. La pression, à son niveau, détermine une sensation toute spéciale, qu'on ne trouve jamais dans les cas de kystes.
4° Un diverticulum de la vessie, — Il suffira de faire uriner le malade ou de vider sa vessie par le cathétérisme pour voir disparaître aussitôt la tumeur inguinale.
5° Un lipome. — Le diagnostic entre le lipome et le kyste peut être parfois très difficile. Cependant nous pensons qu'il suffit d’être prévenu de cette cause d’erreur pour l’éviter. La transparence du kyste et, en dernier ressort, la ponction exploratrice trancheront toute hésitation.
6° Tumeurs solides du ligament rond el, en particulier, les fibromes. — Nous avons alors des douleurs irradiées du côté des lombes et de la cuisse correspondante, douleurs spontanées et à la pression, qu'on ne retrouve pas quand il s’agit de kyste.
7° Hernie étranglée. — Le diagnostic entre la hernie étranglée et le kyste suppuré est souvent très difficile. Le tableau de ces deux affections ne présente parfois aucune différence, comme on peut en juger par l’observation suivante que nous empruntons au D: Berthelin
(thèse de Paris, p. 77, 1894).
RAS 07e
OBSERVATION XII (résumée).
(Theilhaber, résumée dans Wechselmann.)
Kyste suppuré du canal de Nück.
Une cuisinière de quarante-deux ans, n'ayant jamais eu de hernie, vit se former, sans cause apparente, une tumeur dans la région inguinale droite. En trois semaines, cette tumeur atteignit le volume d’un œuf d'oie. Elle était mate à la percussion. Les essais de réduction étant demeurés infructueux, la conslipalion reslant opiniälre malgré les purgatifs et les lavements, le ventre et la lumeur élant devenus fort douloureux, on supposa qu'il s agissait d'une hernie inguinale et l’on fit la kélotomie. La poche étant ouverte, il s'échappa une grande quantité d’un liquide trouble, contenant beaucoup de flocons. Ce liquide était contenu dans une poche divisée elle-même en cinq compartiments communiquant entre eux.
Pas d’intestin dans la poche. Guérison.
Comment peut-on par l'examen de la tumeur diagnostiquer si le kyste est bien formé aux dépens du canal de Nück ?
Nous sayons que les kystes des grandes lèvres peuvent avoir pour siège, outre le canal de Nück, un vieux sac herniaire déshabité ou encore une bourse séreuse accidentelle. Dans le premier cas, la malade a eu auparavant une hernie dont le sac s’est en partie oblitéré, formant ainsi une cavité kystique. Dans le second cas, la malade a porté pendant longtemps un bandage herniaire qui par frottement a développé une bourse séreuse. Si donc la malade n’a jamais eu de hernie, n’a
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‘ jamais porté de bandage herniaire, nous pourrons affirmer que le kyste est bien développé dans le canal de Nück; dans le cas contraire, l'opération radicale seule pourra nous donner le siège exact de la tumeur.
Vipaz De Cassis! nous parle bien d’une autre variété de kystes, qu'il présente comme une bourse muqueuse, développée par le frottement chez les femmes qui « par goût, par passion ou par métier, ont souvent usé du coït », mais cette assertion n'esi pas contrôlée par un nombre de faits suffisants pour que nous y attachions quelque importance.
Disans en terminant que le pronostic des kystes du canal de Nück est bénin; toutefois ils n’ont aucune tendance à disparaître spontanément; le plus souvent même ils vont en augmentant de volume et passent parfois à la suppuration.
‘ Vidal de Cassis, Pathologie externe, 1845, t. V, p. 737.