‹ Des kystes du canal de NückChapitre 9 sur 20 · ENTRE · texte numérisé non relu

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vent la forme d’une valvule semi-lunaire à bords nets et tranchants. Cette disposition que Ramonède avait décrite chez l'homme, a été retrouvée et signalée chez la femme par Paul Berger, qui en a même fait un des signes caractéristiques de la hernie inguinale congénitale. De ces deux parties, la plus longue est située tout entière dans le canal inguinal et la partie supérieure de la grande lèvre. Elle a, en général, une forme ovalaire très allongée, plus encore que la seconde dilatation décrite chez l'homme par Ramonède, parce que le canal inguinal est, chez la femme, beaucoup plus étroit que chez l’homme.

« La première partie du canal est encore dans la cavité abdominale. Elle s’abouche directement dans la séreuse péritonéale, au niveau de ce que Ramonède a appelé le ph rétro-inguinal du péritoine. Ce pli, dont les dimensions varient entre 5 et 15 millimètres, voit ses extrémités se confondre insensiblement avec les parlies avoisinantes de la séreuse, Son bord, mince et résistant, est exactement appliqué sur la séreuse, limitant ansi une fente plus ou moins linéaire, qui est l’orifice du canal. Dans cette fente, on voit, par transparence, le ligament rond s’engager au bord interne, les vaisseaux épigastriques au bord externe. Dès que cette fente est franchie, on tombe dans une cavité infundibuliforme qui est la première partie du canal, beaucoup plus courte que la seconde, puisqu'elle ne mesure guère que 1 centimètre de longueur.

« En somme et schématiquement, le canal de Nück présente la forme d’un U renversé, à branches Imégales, embrassant dans sa concavité l’anse des vaisseaux épi-

RER ER gastriques. Un rérécissement pouvant aller jusqu’à l'oblitération complète occupe le sommet de cet U et sépare deux dilatations, l'une intra-abdominale et infundibuliforme, l’autre intra-inguinale et plus ou moins ovalaire.

«Mais, de plus, si on fait une coupe du canal, perpendiculairement à sa direction, on voit qu'il a dans toute sa longueur la forme d’une goultière, dont la concavité, tournée en arrière et en dedans, embrasse le ligament rond de l’utérus. Au moment où ce ligament se divise en trois faisceaux à sa partie inférieure, le processus péritonéal accompagne le faisceau labial. »

Berthelin ne nous parle pas de la longueur du canal et nous ne trouvons rien sur ce point dans les descriptions qu'en donnent les analomistes. Seul, Ch. Féré‘ cile un cas où 1l avait 23 millimètres. Nos recherches personnelles nous ont donné à peu près le même résultat, mais ces mensurations ne sont pas assez nombreuses pour nous permettre d’élablir un chiffre pouvant s'appliquer à la généralité des cas.

Nous terminerons ce chapitre en résumant ainsi nos idées :

1° La persistance du canal de Nück chez la femme adulte n'est pas la règle, mais on le trouve dans le 10 pour 100 des cas environ;

2° Ce conduit a un développement embryologique analogue à celui du canal péritonéo-vaginal de l’homme ;

3° Il a la forme d’un U renversé, embrassant dans sa concavité l’anse des vaisseaux épigastriques.

4 Ch. Féré, loco citato.

PATHOGÉNIE ET ÉTIOLOGIE

On comprend aisément que pour qu'un kyste du canal de Nück puisse se produire, il faut que ce conduit ne soit pas entièrement oblitéré; c'est là la première condition.

Il est vrai que si le prolongement péritonéal persiste en entier, 1l pourra être le point de départ d’une hernie congénitale ; mais s’il s’oblitère en partie, s'il se forme un segment indépendant de la cavité péritonéale, il donnera lieu à une cavité kystique. C’est pourquoi Lannelonque‘, parlant d’une catégorie de kystes développés aux dépens d’une membrane séreuse isolée de la cavité principale, fait, à juste raison, rentrer dans celte classe les kystes du cordon spermatique de l’homme et l'hydrocèle chez la femme dérivant du péritoine. Il compare la persistance partielle du conduit périlonéo-vaginal chez l’homme à l'enclavement des portions du tégument externe qui donnent des kystes dermoïdes; 1l ajoute même que ces débris du canal sont l’origine des kystes du cordon, et il termine par cette phrase : « Nous observons quelque chose d’ana-

! Lannelongue, Zrailé des kystes congénitaux.

ERRUNS D EE logue dans le sexe féminin : le diverticule péritonéal qui, chez le fœtus, constitue le canal de Nück, peut persister chez l'adulte et subir la transformation kystique, en donnant lieu à l’hydrocèle chez la femme. »

Il y à donc une analogie entre la pathogénie des kystes du cordon chez l'homme et les kystes du canal périlonéal chez la femme. Les auteurs classiques ont si bien vu les relations étroites qui existent entre ces deux tumeurs, qu'ils ne décrivent pas deux fois leur mode de formation ; la même description sert pour l’une et l’autre.

Voici ce que l’on trouve dans le Traité de chirurgie de Duplay et Reclus, à propos des kystes du cordon chez l’homme : F

« Auguste Broca insiste aussi sur un prolongement tubulé qu'il a vu sur le cadavre dans de nombreuses dissections : la vaginale, peut-être un peu plus spacieuse, semble close; mais si l’on examine de près, on voit en général en dedans du cordon, un diamètre de pertuis variable et où la sonde cannelée pénètre parfois jusqu'à l’anneau externe. » Ce canal doit être rapproché des « tunnélisations » ascendantes ou descendantes qui naissent sur des valvules semblables à celles qu’a décrites Ramonède.

«Enfin, ajoute Broca, Hans Sachs a souvent noté l’insinuation du feuillet séreux entre les éléments du cordon : le microscope révèle ces débris séreux avec cavité virtuelle au milieu des coupes transversales du cordon. Ces notions renferment toute la pathogénie des kystes du cordon. Que l’oblitération du canal péritonéal soit incomplète, qu'un segment de ce conduit ne

se fusionne pas, une cavité isolée de la vaginale et de la séreuse abdominale persiste où du liquide s’accumule et le kyste est constitué; qu’une série d’altérations parüelles s'échelonne, on aura ces kystes en chapelet dont on signale quelques observations; que les tunnélisations vertreales se laissent distendre par la sérosité, et des poches se formeront qui pourront coïncider avec des kystes du conduit principal. » |

Si nous appliquons ces notions pathogéniques aux kystes du canal de Nück, nous voyons qu'ils se forment de la façon suivante : par suite de l’oblitération incomplète du conduit péritonéal, une cavité close se trouve créée, un liquide séreux s’y accumule et le kyste est ainsi constitué.

On pourra maintenant se demander pourquoi, dans certains cas, l’oblitération du canal reste incomplète. Ch. Féré ! nous en donne bien une explication, mais elle ne s'applique pas à l'espèce humaine. D'après lui, l'oblitération du conduit vagino-péritonéal est sous la dépendance de la station verticale ; seuls les animaux marchant à quatre paltes présentent ce canal ordinairement ouvert.

Cette raison n'est évidemment pas valable pour l’homme, puisque le conduit vagino-péritonéal s’oblitère le plus souvent avant la naissance, Nous sommes donc là en présence d'une de ces anomalies que la science ne peut que constater sans en donner aucune explication. |

Dans d’autres cas, la pathogénie des kystes du canal

1 Ch. Féré, loco cilato.

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de Nück peut être un peu différente, bien qu'ayant Loujours pour origne l'oblitéralion partielle du conduit péritonéal. Dans ces cas, importants à connaître au point de vue du diagnostic, la tumeur se présente d’abord comme une hydrocèle congénitale réductible ; le canal à persisté en entier et sa lumière communique avec la cavité péritonéale.

Mais, à un moment donné, le conduit s’est oblitéré à son origine, au niveau de sa continuation avec le périloine pariélal, et, dès lors, l'hydrocèle congénitale réductible est devenue une hydrocèle enkystée, un vrai kyste du canal de Nück irréductible.

Nous trouvons dans la thèse de KerBiriou ! un exemple bien net de celte variété pathologique: nous croyons utile de le citer en entier :

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