‹ Des Kystes du Canal Thyro-Lingual: Contribution à l'Étude des Affections Congénitales de la Langue et du CouChapitre 7 sur 30 · NOTIONS D’EMBRYOGÉNIE · texte numérisé non relu

NOTIONS D’EMBRYOGÉNIE

Appareil branchial.

Vers la fin de la deuxième semaine qui suit la fécondation, si l’on examine un embryon humain, on peut constater que la région qui représente le cou est extrêmement courte. Sur une coupe frontale, cette région se montre constituée par une cavité, la cavité du pharynx, et par une paroi dans laquelle on retrouve les trois feuillets constitutifs du blastoderme. Sur les côtés et antérieurement, cette paroi paraît très mince, comme si une couche à peine sensible de mésoderme séparait l’ento-

derme pharÿngien de l’ectoderme du corps ; mais à ce

moment, elle est lisse, absolument unie, aussi bien en dedans qu’en dehors.

Bientôt, au début de la troisième semaine, on voit apparäître en arrière et de chaque côté, dans le pli qui correspond à l’angle d’inflexion du capuchon céphalique sur les vestiges de la colonne vertébrale, une série de points épais, au nombre de quatre, situés l’un au-dessous de l’autre, et régulièrement espacés,

Dus à un épaississement du mésoderme qui refoule en dedans l’entoderme, repousse en dehors l’ectoderme, tandis que au-dessus et au-dessous, ces deux feuillets sont presque accolés l’un à l’autre, ces points ne tardent pas à s'étendre, formant de véritables bandelettes qui s’avancent vers la ligne médiane antérieure. A ce moment, on voit sur les côtés du cou quatre bourrelets saillants, — les arcs branchiaux, — régulièrement espacés et séparés les uns des autres par des dépressions, les si//ons branchiaux.

Sur une coupe frontale, les arcs se montrent comme des cercles entre lesquels on distingue de petites lames formées par une véritable membrane. Cette dernière qui résulte de l’accolement de l’entoderme et de l’ectoderme, a reçu le nom de membrane cléturale, parce qu'elle ferme l’espace compris entre deux arcs consécutifs. Cette membrane clôturale sépare les sillons branchiaux internes et externes, dont les premiers, beaucoup plus développés que les seconds, sont désignés par His sous le nom de poches branchiales.

On croyait généralement autrefois, et quelques embryo-

logistes pensent encore aujourd’hui, que [a membrane

clôturale ne tarde pas à se résorber, de telle sorte que chaque arc serait séparé de ses voisins par une fente sur les bords de laquelle l’entoderme se continuerait avec l’ectoderme. Ces fentes, que l’on appelle fentes branchia- Les, feraient communiquer la cavité du pharynx primitif avec l’extérieur.

Les travaux de Dursy, His, Fol, de Meuron, Kastschenko, etc., tendent à prouver que c’est là une erreur. D’après eux, et c’est l'opinion généralement admise aujourd’hui, le feuillet moyen s’épaissit au niveau des arcs, s’amincit entre eux ou même disparaît ; mais les deux plaques épithéliales adossées ne se résorbent jamais. Dès lors, il n’y a pas de fentes, mais simplement des rainures, des sillons internes et externes.

L'ensemble des arcs branchiaux a reçu le nom de système branchial ou viscéral. En eflet, les masses mésodermiques revêtues d'entoderme et d’ectoderme qui constituent ces arcs, peuvent être considérées comme des segments distincts du feuillet moyen, plus ou moins comparables aux protovertèbres. Chacun de ces segments engendre des muscles spéciaux qui, contrairement aux autres muscles striés ne dérivent pas des protovertèbres et méritent une place spéciale dans la musculature du corps ; chacun d’eux possède en outre un gros vaisseau sanguin, arc aortique, et un squelette propre, formé par une ceinture cartilagineuse ou osseuse, composée de plusieurs pièces placées bout à bout.

Le premier arc, arc martillaire ou factal, prend naissance à la base du crâne, dans la région sphénoïdale, et

se divise en deux branches : la supérieure, courte,

forme la partie externe du maxillaire supérieur, dont Ja partie moyenne est formée par le bourgeon frontal: l'inférieure forme le maxillaire inférieur, en se réunissant sur la ligne médiane à sa congénère du côté opposé.

Le deuxième äre, are stylo-hyoïdien, donne naissance à l'appareil hyoïdien, constitué supérieurement par lapophyse styloïde attachée à la partie antérieure du temporal, plus bas, par le ligament stylo-hyoïdien. Cét are se terrine inférieurement par la petite corne de los hyoïd :.

Le troisième arc, auquel l’on n’a pas donné de nomissu de la région temporale de la base du crâne, vient former én bas la grande corne et le corps de los hyoïde,

Le quatrième arc, qui comme le précédent, n'a pas reçu dé nom spécial, est situé, à son origine supérieure, en arrière du troisième. Il contribue à former en bas les parties molles de la région sous-hyoïdienne, le larynx et la trachée, à l'exception de leur revêtement épithélial, qui provient d’un bourgeonnement de l’épithélium pharyngien,

Le premier arc du côté droit se réunit sur la ligne médiane ventralé à celui du côté gauche. Il en est de même, d’après Kælliker, pour le second arc. Mais les Suivants ne s'étendent jamais aussi loin en avant, et ils laissent entre eux sur la ligne médiane, un espace, espace méso-branchial de His, dans lequel la paroi est restée lisse et a conservé sa structure primitive.

Si l’on fait une coupe verticale et transversale d’un

embryon à l’époque précise où les deux bourgeons maxil- Ï q

Ho ——

laires inférieurs viennent à se toucher, et qu’on examine le champ méso-branchial par sa face pharyngée, on voit qu'H a la forme d’un triangle à sommet antérieur correspondant à la symphyse maxillaire et à base postérieure. Au centre de ce triangle on aperçoit le bulbe aortique qui fournit de chaque côté les arcs aortiques, appliqués à la face interne des arcs branchiaux auxquels ils sont destinés. En avant du bulbe aortique, sur la soudure maxillaire, on distingue un tubercule médian ; c’est là le premier rudiment de la langue, et nous y reviendrons lorsque nous étudierons le développement de cet organe,

Le premier sillon branchial, intermédiaire à Farc mandibulaire et à l'arc stylo-hyoïdien, ne disparaît pas complètement ; la trompe d'Eustache, la caisse du tympan et le conduit auditif externe, en sont les vestiges.

Le deuxième et le troisième sillons sont parallèles au précédent, et en sont très rapprochés sur toute leur étendue. Le deuxième se prolonge d’après Rabl en un conduit branchial, qui se dirige vers l'opercule branchial du deuxième arc et se met en rapport avec la paroi antérieure du staus prœcervicalrs.

Le troisième sillon qui est en connexion avec le sinus prœcervicalis, semble donner naissance au thymus.

Le quatrième suit une direction assez exactement tracée par le bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien. Sa moitié supérieure est très voisine des trois sillons pré-

cédents.

ÉAGUE

Formation du cou.

Les arcs que nous venons de décrire, primitivemerit parallèles et régulièrement superposés, ne tardent pas à subir des déplacements, Les deux premiers se développent avec une rapidité beaucoup plus grande que les autres qui, dès la quatrième semaine, rentrent dans leur courbe, à la façon, dit His, des cylindres d’une lorgnette, A ce moment, le quatrième est recouvert par le troisième, recouvert à son tour par le deuxième. De là résulte une dépression profonde à la face antéro-externe du cou, dépression qui a reçu de His le nom de sinus præcervicatis. Ce sinus est limité en haut par le bord inférieur du deuxième arc, en bas, par le bord supérieur de la paroi thoracique antérieure, et profondément par le troisième et le quatrième arcs.

De l’arc hyoïdien part bientôt un petit prolongement, le processus operculaire qui, passant au devant du sinus précervical, finit par se souder à la paroi du corps, fermant ainsi le sinus et le transformant en une cavité close de toutes parts. À ce moment, les derniers arcs branchiaux ne sont plus visibles extérieurement, et le cou a acquis sa forme extérieure définitive. Dans son épai sseur apparaîtront par la suite des parties importantes

muscles et pièces squelettiques.

Formation de la langue et du corps thyroïde.

Nous’étudions dans une même description l’évolution de la langue et de la glande thyroïdienne, car, d’après les recherches de His, dont l'opinion est à peu près acceptée de tous à l’heure actuelle, ces deux organes ont un développement connexe dans certaines de leurs parties.

Selon cet auteur, en effet, dont les idées s’écartent notablement de celles de Reichert, mais peu de celles de Dursy et Kolliker, la langue se développerait aux dépens de deux ébauches superposées, dont la supérieure serait en même temps située sur un plan antérieur, en raison même de l’inégal développement des arcs pharyngiens, Ces deux rudiments, destinés à former lun la partie radiculaire ou base de la langue, l’autre la portion buccale de cet organe, naissent, — le premier qui est en même temps inférieur et postérieur à la face interne de la pièce commune aux deuxième et troisième arcs, — le second, qui est supérieur et antérieur, d’un tubercule médian appelé éuberculum impar par l’auteur.

Ce tuberculum impar qui apparaît très tôt, el peut déjà être vu sur un embryon de la quatrième semaine, se trouve situé entre les deux moitiés réunies du premier arc pharyngien d’une part et les deux moitiés partiellement réunies du second arc, d’autre part. L’ébauche inférieure et postérieure, /a furcula de His, se montre

sous forme de deux bourrelets, dans une région voisine

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