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La
la base de la langue et los hyoïde est placée au-dessus et en avant de cet os; telle sera également la situation occupée par les glandes thyroïdiennes accessoires oules kystes qui prendront naissance aux dépens de cette portion supérieure de l’ébauche médiane. La portion comprise entre le corps thyroïde et l’os hyoïde demeure au dessous et en arrière de ce dernier. Des restes du tractus, correspondant à sa partie moyenne, pourront être englobés dans la formation hyoïdienne, de telle sorte que les rapports étroits de la glande supra-hyoïde avec le périoste de l’os, existeront primitivement,
Cette façon de voir est à peu près celle de tous les embryologistes àl’heure actuelle, et Streckeisen lui-même semble s’y être rallié. Ele est d’ailleurs confirmée par les observations des chirurgiens qui ont eu l’occasion d'enlever des kystes sus ou sous-hyoïdiens. On trouvera cette disposition signalée dans la plupart de celles que nous publions plus loin. Nous avons eu la bonne fortune de la rencontrer en maintes circonstances dansles dissections que nous avons pu faire et étudier avec notre excellent ami, le D' Chemin, prosecteur à la faculté de médecine de Bordeaux.
Le foramen cœcum, nous l'avons déjà dit, a été compris de diverses façons. Qu’on le considère avec His comme l'extrémité supérieure du canal thyro-lingual, ou avec Dursy comme un défaut de soudure entre les bourgeons linguaux lors de leur emboîtement, on admet généralement cependant, comme l’a établi l’éminent professeur de Leipzig, qu’il communique le plus souvent ou tout au
moins présente des rapports étroits avec la partie sus-
hyoïdienne du conduit thyréoglosse. Cette opinion est considérée comme absolument fausse par Kanthack de Londres, qui publia en 1891, dans le Journal of Anatomy, un long article où il s’efforce de démontrer que les idées de His, de Streckeisen, de Bland Sutton, Marshall, etc., etc., doivent inspirer «la plus grande méfiance. »
Après avoir examiné 100 adultes et 60 fœtus, et pratiqué des coupes dans la langue d’un certain nombre d’entre eux, l’auteur anglais déclare : que le foramen cœcum est bien loin d’être aussi constant qu'on semble le croire ; qu'il ne s'enfonce jamais à plus de un centimètre; que toujours il se dirige d’avant en arrière et dans aucun cas de haut en bas ; qu’il n’est jamais revêtu d’épithélium cylindrique cilié; qu’il est impossible dans des coupes de langues de rencontrer quelque chose de comparable à un conduit lingual, le septum étant uniquement constitué par du tissu adipeux et fibreux.
À la suite de ces conclusions, Kanthack formule les conceptions embryogéniques et pathogéniques suivantes : L'apparition de l’épaississement thyroïdien est antérieure à celle des ébauches postérieures de la langue, et cellesci en se fusionnant le recouvrent comme d’un couvercle, de telle sorte que la glande thyroïde embryonnaire est située plus près du côté ventral que le foramen cæœcum. De plus, l'os hyoïde s’interpose entre les deux formations. Si donc une tumeur formée de tissu thyroïdien se trouve à la base de la langue, il ne faut pas faire remonter son origine au soi-disant canal lingual ; elle doit dépendre d’une glande thyroïde accessoire sus-
hyoïdienne, comme celles qu’ont décrites Zückerkandl et
ce. 2e
Kadyi. Les canaux linguaux persistants signalés par les chirurgiens ne sont que des persistances du sinus pré-
cervical.
Avant d'émettre certaines de ces affirmations, avant surtout d'apprécier d’une façon aussi sévère les travaux de savants tels que His et Streckeisen, il eût été sage, nous semble-t-1l, de faire des recherches beaucoup plus approfondies. Or, Kanthack semble n'avoir jamais examiné d’embryons, car, nulle part, dans son article, il n’est question d’une telle étude. Ses conceptions embryogéniques, simples vues de l'esprit, n’ont donc aucune valeur certaine. Au contraire, la coupe sagittale de l’embryon étudié par His démontre que l’ébauche cartilagineuse de los hyoïde, apparaissant vers la cinquième semaine, se développe au niveau de la partie moyenne
du tractus thyréoglosse.
Entre le fait démontré et l’hypothèse, est-il permis d’hésiter ?
Nous aimons à croire que Kanthack est sincère dans toutes ses conclusions. Mais de ce qu’on n’a jamais vu de canal dans l’épaisseur de la langue, est-il permis de conclure qu’un tel canal ne peut exister ? Sur 4o sujets examinés avec notre ami le Dr Chemin, nous en avons rencontré trois. Les deux premiers paraissaient indépendants du foramen; le troisième, qui se continuait par un tractus fibreux jusqu’à la pyramide de Lalouette, devait communiquer avec cet orifice par lequel on voyait sourdre une goutte de liquide colloïde lorsqu'on préssait la
membrane hyoglossienne. L'examen histologique n’a mal-
heureusement pas permis de découvrir cette communication.
Que le canal thyro-lingual ait vraiment pour orifice le foramen cœcum ou qu’il vienne simplement s’aboucher à sa partie imférieure, la chose importe peu. L'essentiel est de reconnaître que Les particularités anatomiques signalées par Morgagni et Bochdalek, vérifiées et expliquées par His et Streckeisen, sont exactes. La direction légèrement postérieure du foramen, sur laquelle insiste Kanthack, avait été signalée par ces auteurs qui avaient décrit en même tempsles diverticules qui en partent ets’enfoncent dans l’épaisseur des génio-glosses.
S'il est vrai que le septum linqual présente souvent une constitution fibro-adipeuse, il n’est pas moins certain que dans nombre de préparations nous y avons vu des kystes, du tissu épithélial en flots, des cellules embryonnaires. À ce sujet, Chemin, s’exprime ainsi : « Indépendamment des cas de persistance notable du conduit, le septum médian de la langue peut acquérir un volume et une consistance plus considérables qu’à l’état normal. On trouve alors dans son épaisseur des formations particulières ; une série de kystes, le plus souvent verticalement juxtaposés, peut s’y montrer, écartant les fibres en Z du raphé. Ces kystes coexistent parfois avec des glandules sus-hyoïdiennes. Il se peut qu’ils se rattachent à l’ébauche thyroïdienne médiane ». Donc, ici encore, les conclusions de Kanthack sont beaucoup trop hâtives, beaucoup trop générales.
Quant à l’absence de l’épithélium cylindrique cilié dans
les cas examinés par l’auteur anglais, elle ne prouve rien.
Ce
Ses recherches n’ont porté que sur le cadavre.Or on sait avec quelle rapidité s’altèrent de tels éléments anatomiques. Plus d’une fois nous en avons eu la preuve dans les préparations que nous avons pu examiner. Du reste, comme le fait très justement remarquer Chemin, « le foramen serait-il tapissé par un épithélium pavimenteux semblable à celui de la cavité buccale, que cela ne prouverait pas qu'il ne puisse représenter l’orifice du canal thyréoglosse de l'embryon. Cet épithélium a pu se transformer avec ‘âge. Mathias Duval n’a-t-l pas démontré que les cellules endothéliales du péritoine de la grenouille ne possèdent des cils qu’au moment de l’ovulation? La fonction fait donc l’épithélium ».
Beaucoup plus importants sont les caractères histologiques lorsqu'il s’agit d’expliquer la pathogénie de certaines tumeurs à tissu thyroïdien, situées à la base de la langue, de certains kystes tapissés d’épithélium cylindrique à cils vibratiles, précédés ou suivis d’un conduit présentant le même revêtement interne. Kanthack n’est vraiment pas heureux lorsqu'il invoque alors les thyroïdes accessoires décrites par Zükerkandl et Kadyi dans le premier cas, la persistance du sinus précervical dans le second.Les premières ne se comprennent qu’en admettant les idées de His et de Streckeisen sur le développement du corps thyroïde. Quant au sinus précervical, simple dépression de la paroï antéro-latérale du cou, dépression de nature absolument ectodermique, il ne présente ni la direction, ni la structure histologique d’un canal thyro-linqual persistant.
Donc, malgré la tentative de Kanthack, aucune objec-
tion sérieuse n’empêche de rattacher à l’évolution de l'ébauche thyroïdienne médiane le foramen cœcum, les thyroïdes accessoires, et ce que les chirurgiens décrivent sous le nom de persistance du conduit thyréoglosse, D’après Chemin, le trajet et les rapports du canal thyréoglosse, lorsqu'il persiste, sont toujours à peu près les mêmes. Si fréquemment il semble ne pas partir du foramem cœcum, c’est que la partie sous-foraminale est la plus constamment oblitérée. Toutefois, la communication semble encore se faire dans certains cas à travers un tissu lacunaire assez analoque au tissu thyroïdien. De là, le canal descend dans le septum médian de la langue en décrivant une légère courbe à concavité antérieure, et atteint la membrane hyoglossienne dans l’épaisseur de laquelle il paraît compris. Dans la grande majorité des cas, il s'arrête au bord supérieur de l’os hyoïde. Quand il se continue, soit en conservant sa lumière, soit sous forme de tractus, jusqu’à la pyramide de Lalouette, il passe derrière l’hyoïde, et se trouve étroitement appliqué con-
tre la concavité de l’os.