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l'intérieur, on pouvait voir les villosités intestinales avec la disposition en demi-diaphragme qu’elles ont sur le reste de l’intestin grêle, La muqueuse n’était pas épaissie, elle avait sa couleur rosée habituelle.
La paroi interne de latumeur kystique, qui nous a été remise vidée de son contenu, paraît plus épaisse que la muqueuse intestinale ; elle est plus veloutée et a une apparence plus glandulaire qu’elle ; elle est de couleur rose avec par place un piquelé hémorragique et présente en certains endroits des relèvements muqueux, qui n’affectent pas d’ailleurs la dispositiou valvulaire. *
Sur une section de la pièce perpendiculairement à l'axe intestinal, intéressant l’intestin et la tumeur sous-jacente, on prélève un fragment correspondant pour chacune des deux formations au quart de la circonférence formée par leurs parois. Ce fragment est pris de telle sorte qu'on ait à la fois un segment de l'intestin, uu segment de la paroi kystique et la partie intermédiaire au niveau de laquelle l'intestin et la tumeur sont contigus.
La pièce, ainsi orientée de façon à ce qu'on puisse faire l'examen comparatif de la paroi intestinale et de la paroi kystique, est incluse et coupée avec les procédés habituels (durcissement au formol, inclusion à la paralfine. coloration à l’hématéine éosine, au bleu de Unna et à l'orcéine pour l'étude des fibres élastiques).
L'examen histologique de cette pièce permet de voir tout d'abord la grande analogie qu'il y a entre la structure de la paroi intestinale et celle de la paroi de la tumeur. Les deux parois, si l'on fait abstraction de la séreuse qui passe directement de l’intestin à la tumeur kystique, séreuse qui est légèrement épaissie et au-dessous de laquelle se voient de petites hémorragies au niveau de la tumeur, sont formées par une musculeuse el par une muqueuse.
La musculeuse est plus épaisse sur la paroi kystique que sur la paroï intestinale. La différence qui sépare la masculeuse in-
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téstinale de la musculeuse de la tumeur kystique se réduit à peu de chose. Surla paroi intestinale on trouve deux couches musculaires, l’une circulaire interne, l’autre longitudinale externe ; sur la paroi de la tumeut kystique on trouve également deux coùches musculaires, l'une externe longitudinale, l’autre interne, dont les fibres ne sont pas nettement circulaires mais obliques. A l’intérieur de cette dernière couche, se voient de nombreux points hémorrhagiques. à
Au nivéau de la zone contiguë, la musculeuse kystique et la musculeuse iñtestinale adhèrent par leur couche externe, avec l’interposition d’un plan conjonctif qui rend possible le clivage histologique.
En ce qui concerne les différences qui séparent la muqueuse intestinale de la muqueuse”kystique, elles peuvent ainsi se caractériser : la pièce. ayant été orientée parallèlement aux valvules conniventes, la muqueuse intestinale sé présente avec la structure tres simple de l'intestin grêle, c'est-à-dire un revêtement épithélial caliciforme et des glandes en tubes simples de Lieberkühn. Ces glandes sont situées au-dessus d’une muscularis mucosæ qu’elles ne traversent pas.
La muqueuse kystique a une structure un peu plus compliquée. Elle est plus épaisse d’abord, son épaisseur est irrrégulière de telle sorte que son bord libre à la coupe est formé par une série de relèvements, entre lesquels on peut voir des fragments de muqueuse sans points de contact avec les parties voisines. Lorsqu'on analyse les éléments de cette muqueuse, on voit qu’elle est constituée par un épithélium caliciforme, qui la recouvre presque complètement ét qui par place a desquamé à l’intérieur de la cavité. Par endroit ce revêtement épithélial s'enfonce à l’intérieur de la muqueuse en formant des cuüls-desac pseudo-glandulaires. Le reste de la muqueuse est formé par des glandes dont la structure est celle des glandes de Lieberküln ainsi modifiées : le tube glandulaire, au lieu d'être simple, a proliféré ; à la coupe toute la couche glandulaire de lä muqueuse est formée paï des tubes très nombreux, accolés
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les uns aux autres, séparés par endroits par des petits foyers histologiquement hémorrhagiques. Cette prolifération glandulaire donnerait presque à certaines régions de la muqueuse kystique un aspect adénomateux. » |
Cet examen a été de tous points confirmé par l’autorité de M. le professeur Cornil, qui nous a fait l'honneur d'examiner
les coupes.
OBSERvVATION II
Terrier et Lecène. (Revue de Chirurgie. 1904, p. 161).
Femme de 33 ans, couturière, entre le 20 octobre 1903 à la clinique chirurgicale de la Pitié, parce que son ventre est très augmenté de volume. La malade a été réglée à 14 ans ; à 15 ans elle a eu la fièvre typhoïde. La malade est mariée, mais n’a jamais eu d’enfant.
Le début de la maladie actuelle remonte à un an, à ce moment la malade s’aperçut que son ventre augmentait de volume ; elle fut obligée d'élargir ses vêtements qui la gênaient, I n’y. avait pas de douleurs abdominales ; les membres inférieurs n'étaient pas œdématiés.
Au bout de quelques mois, survinrent des douleurs abdominales avec quelques troubles dyspeptiques : nausées sans vomissements, pesanteur d'estomac après les repas, mais l’appétit était conservé. Au dire de la malade, elle aurait remarqué à ce moment l'existence d’une grosseur dans le côté droit du ventre ; cette grosseur avait le volume d’un œuf de poule, mais n’était pas sentie tous les jours par la malade.
Ce ne fut qu’en septembre de cette année (1903), il y a donc un mois, que la malade consulta un médecin; à ce moment, outre l'augmentation considérable de volume du ventre, il y avait de l’œdème des membres inférieurs. Le médecin consulté
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fit une ponction de l’abdomen, et retira environ 10 litres d’ascite. |
Quinze jours après cette ponction, le ventre était devenu aussi gros qu'auparavant ; c'est alors que la malade se décida à entrer à l'hôpital de la Pitié.
Actuellement (20 octobre 1903), à l'inspection, le ventre est augmenté de volume; on sent très facilement à la palpation qu'il y a du liquide dans la cavité abdominale {sensation de flot). À la percussion, il existe une sonorité au centre de l'abdomen avec matité dans les flancs ; lorsque la malade est couchée à gauche, le flanc droit devient sonore, et réciproquement ; il s’agit donc d’une ascite libre. Les membres inférieurs sont œdématiés. Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
Comme il est tres difficile de palper les organes intra-abdominaux à cause de l’ascite, on décide de pratiquer une ponction ; on retire ainsi 15 litres de liquide jaune clair un peu visqueux. On peut alors sentir dans le flanc droit, une tumeur du volume du poing. Cette tumeur indolente, arrondie, résistante, occupe la fosse iliaque droite; elle dépasse en haut la crête iliaque, et descend en bas jusqu’au détroit supérieur; la tumeur possède une mobilité transversale peu marquée.
Au toucher vaginal, on sent que le col de l’utérus est tres mou ; le corps utérin, au contraire, est dur ; à droite du corps de l’utérus, on sent à travers le cul-de-sac latéral droit, assez loin de l’utérus, une tumeur grosse comme le poing, tout à fait indépendante de l'utérus, cette tumeur est évidemment celle que l’on a sentie à la palpation de l'abdomen. À gauche, on ne sent pas les annexes,
La malade, actuellement, ne se plaint d'aucun trouble dyspeptique ; les selles sont normales et régulières. L'appétit est bon : il y aurait eu un peu d’amaigrissement depuis un an. Le foie est normal et ne dépasse pas le rebord costal. En présence de ces symptômes, on pense qu'il s’agit d’un kyste de l'ovaire droit, avec ascite. si
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Opération le 3 novembre 1903, par M. le professeur Terrier;
Laparotomie médiane sous-ombilicale, On évacue une grande quantité de liquide ascitique clair jaunâtre un peu visqueux. On aperçoit alors une tumeur kystique adhérente à ia paroi cœcale, située au-dessous et. un peu en arrière du cœcum. La tumeur a le volume du poing : elle est complètement indépendante de l'utérus et des annexes droites qui sont absolument normales. Du côté gauche, la trompe est saine, l'ovaire présente à sa surface un petit kyste séreux, gros comme un pois, qui est incisé au bistourt,
On incise alors le péritoine pariétal postérieur, qui est rouge lie de vin, tomenteuxet sillonné de grosses veines, au devant de la tumeur, celle-ci est énucléée ; elle répond à la face postéroexterne du cœcum sur lequel d’ailleurs, elle est tout à fait mobile ; on trouve sans difficulté le plan de clivage qui sépare la tumeur du cœcum. On ferme par un surget la surface cruentée produite par l’ablation de là tumeur. L'appendice iléo-cœcal, indépendant de la tumeur, situé en dedans d’elle, est enlevé par la même occasion, suivant la technique habituelle, Réunion de la paroi sans drainage.
Guérison sans complication : la malade quitté fhôpital à la fin de novembre 1903 ; l’ascite ne s’est pas reproduite.
Le kyste enlevé a le volume d’uñe très grosse orange, sa face externe est lisse, dépourvue de toute espèce de végétation. À lincision, il s'écoule un liquide clair, très visqueux, rappelant celuique l’on trouve dans certains kystes mucoïdes de l'ovaire, La face interne du kyste est recouverte de végétations polypiformes, confluentes en un point, sur une étendue grande comme une pièce de cinq francs et disséminées sur le reste de la face interne du kyste.
Nous avons pratiqué l'examen histologique de la paroi de ce kyste au niveau où elle présentait ces végétations ; celle paroi est formée en dehors par une couche épaisse de tissu conjonctil dense, parcourue par des vaisseaux bien for-
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més, et remplis de sang: cette paroi fibreuse mesure environ un demi-centimètre d'épaisseur, Sa face interne est tapissée par un épithélium cylindrique, à une seule rangée de cellules longues, pressées les unes contre les autres ; les noyaux de ces cellules occupent leur base : ils sont bien colorés et riches en chromatine. Beaucoup de ces cellules cylindriques sont calieiformes ; leur extrémité libre étant remplie par un bouchon de mucus offrant toutes les réactions spécifiques de cette substance. En certains points l'épithélium s'enfonce dans la paroi fibreuse, formant des invaginations pseudo-glandulaires, qui rappellent beaucoup les glandesde Lieberkühn ; ces invaginations pseudoglandulaires pénètrent quelquefois assez loin, et l'on retrouve sur la coupe des culs-de-sac coupés entravers En regardant la coupe au niveau des végétations de la face interne du kyste, on voit que celles-ci sont formées par un axe du tissu conjonctif renfermant toujours un vaisseau capillaire étroit ainsi que des lymphocytes et des cellules de tissu conjonctif ; cet axe conjonctif est recouvert par une seule rangée de cellules épithéliales cylindriques, souvent caliciformes, tout à fait analogues à celles que nous avons décrites plus haut,
Avant de faire des coupes totales de la paroi du kyste, nous avions fait des frottis avec le raclage de la face interne du kyste : nous avons ainsi obtenu de très belles cellules épithéliales cylindriques, présentant tous les stades de la sécrétion du mucus.
OBSERVATION II] Terrier et Lecène (zd.)
Trouvaille d autopsie. Kyste siégeant à 50 centimètres envi ron au dessus de la valvule iléo-cœcale, isolé de l'intestin et situé entre les deux feuilletS du mésentère d’où il est facilement