‹ Des Kystes EntéroïdesChapitre 18 sur 41 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Kysle entéroide du mésentère — Occlusion par volvulus Périlonite par perforation.

Observation inédite, due à l’obligeance de M. le Docteur A. Broca.

Jean Alexis D. âgé de 6 jours. est présenté le 2 octobre 1906 à l'Hôpital des enfants malades. Il est né à terme, après accou chement normal,-de parents bien portants, ayant déjà deux enfants (4 ans et 2, ans) bien portants et bien constitués — Né le 26 septembre à 1 heure de l'après midi, il rendit son méconium le 27 vers 10 heures du matin et continua jusqu'au lendemain. Des le 27 à 2 heures du matin il fit sa première tétée, la seconde quatre heures plus tard : pas de vomissements: une selle normale le 28, une‘autre le 29 à midi. Dans la nuit du 29 au 30, après une têtée, début des vomissements, qui depuis furent continuels et vite devinrent fécaloïdes ; les selles se supprimèrent ; deux lavements furent donnés le 1er octobre sans résultat ; deux autres de même inefficaces, le 2 octobre au matin, avant la venue à l’hôpitak

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A l'entrée, nous vimes un ventre très ballonné. très tendu, à peau rouge et luisante, sillonnée de grosses veines, dans lequel la palpation était à peu près impossible. Vers la fosse 1liaque droite, toutefois, il y avait quelque résistance et de la matité. Cela fut confirmé par l'examen sous le chloroforme admi nistré tout de suite, car l'existence d’une occlusion aïgue était indiscutable, et en cette région je sentis une tuméfaction manifeste. Etait-ce une tumeur proprement dite, un volvulus, une masse d’anses agglutinées par péritonite autour du caecum et de l’appendice ? J'avoue qu'avant d’opérer je ne sus me faire une idée nette de ce diagnostic. Mais deux choses étaient certaines: il fallait opérer ; l’incision devait être latérale droite.

Je fis donc une laparotomie sur le bord externe du grand

droit et j’arrivai sur un péritoine pariétal épaissi, enflammé,

accolé aux anses sous-jacentes, elles aussi agglutinées par de la péritonite plastique. Vers la partie antérieure et moyenne de l'incision, la sonde cannelée trouva un point dépressible et là entra dans une poche d’où sortit en abondance un liquide épais, visqueux, légèrement rosé. En continuant à dissocier ces fausses membranes vers le haut, je vis sourdre environ un dé à coudre de pus, puis des matières fécales. Je mis un drain dans la poche muqueuse, un autre dans le petit foyer de périto nite et je refermai la plaie sans avoir compris ce que signifiait cette poche à côté de la péritonite par perforation. Opéré à 11 heures du matin, l'enfant succomba à 7 heures et demi du soir.

À l’autopsie, nous avons trouvé que la cavité muqueuse était un kyste inclus dans le mésentère, Au-dessus de lui, entre lui et le cœcum et le colon ascendant normaux, une anse d’intestin grêle (portion terminale de l'ilépn), noirâtre et perforée s'était tordue en volvulus. Cela nous expliquait done à la fois la tumeur, l’occlusion et la péritonite. Rien à l’appendice.

L'examen histologique a été pratiqué par M. le docteur Brissy, qui a bien voulu nous communiquer ses coupes et nous a remis la note suivante :

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« La pièce se compose d’une anse intestinale grêle, de 15 centimètres de longueur environ et fermée à chacune de ses : extrémités par une ligature. Cette anse présente une concavité très marquée, concavité qui passe la demi-circonférence. A l’intérieur de cette concavité, entre les feuillets de la portion du mésentère, qui répond à cette anse intestinale se trouve une tumeur grosse comme une petite mandarine, dont la forme générale estronde et dont un des bords se moule dans la concavité de l’anse intestinale, tandis que l’autre fait saillie du côté de la section du mésentère.

Pour étudier les rapports que présente cette tumeur avec l’anse intestinale qui l’encercele, nous avons pratiqué les coupes suivantes : nous avons incisé de bout en bout le long du bord libre de l’anse intestinale d’une part, le long du bord mésentérique de la tumeur kystique d’autre part. Ayant ainsi ouvert l’anse intestinale et la tumeur, nous avons pu voir qu'il n’y avait aucun orifice les faisant communiquer l’une avec l'autre, L'anse intestinale et la tumeur n’ont donc entre elles que des rapports de contiguité. Pour compléter l’étude de ces rapports, nous avons pratiqué une série de coupes perpendiculaires à l'axe de l'intestin, intéressant à da fois celui-ci et la tumeur kystique pour voir si en quelque endroit il ne se trouvait pas un cordon fibreux, vestige d'un canal oblitéré, reliant l’intestin à la tumeur ; nous n’en avons pas trouvé, Nous avons vu en pratiquant ces coupes que le bord concave de l’anse intestinale adhérait étroitement avec la paroi de la tumeur en cet endroit et que la dissection et l'isolement de cette tumeur étaient très difficiles. On voit également la séreuse qui recouyre l’intestin passer sur la tumeur en s'invaginant très légèrement entre l'intestin et la tumeur elle-même. Sous cette séreuse se voient par transparence les vaisseaux du mésentère qui passent sur les deux faces de la tumeur pour aller irriguer l'intestin.

L’anse intestinale elle-même ne présentait rien de particulier; elle avait son développement normal et en regardant à

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