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XXV. — Tumeur perlée du médius

O... J..., âgé de 37 ans, repousseur en cuivre, entré le 4 juin 1883. Il y a six ans se blesse à la face palmaire de la deuxième phalange du médius gauche avec une pointe en cuivre ; il y a dix-huit mois à l'endroit même de la piqûre apparition d’une grosseur qui acquiert le volume d’un pois ; en mai 1883 elle devient légèrement douloureuse à la pression, augmente de volume et gêne le travail.

État actuel : sur la face palmaire de la deuxième phalange du médius gauche, tumeur sous-cutanée, volume d’une petite bille, régulièrement ovoïde, résistance élastique, pas d’adhérence profonde, peau normale, pression un peu douloureuse ; flexion du doigt limitée par le volume de la tumeur, articulation intacte.

Au sommet petit point noir, c’est un pertuis par lequel le malade a exprimé quelques jours auparavant un long vermicelle de matière blanchâtre analogue à du fromage blanc.

Opération le 5 juin 1883, pas d’adhérence profonde, énucléation facile, guérison le sixième jour.

La tumeur blanchâtre, est entourée d’une mince couche conjonctive rougeâtre; elle est formée par trois lamelles concentriques et une cavité centrale contenant une matière blanchâtre, molle, caséeuse; épaisseur des parois un millimètre à un millimètre et demi. Le contenu est formé de cellules cornées, granulations graisseuse et cholestérine. La paroi sur une coupe formée d’une substance dense, presque hyaline, à stries parallèles ; la potasse fait apparaître des cellules transparentes; dans la partie moyenne quelques noyaux paraissent avoir subi la dégénérescence colloïde. Des coupes sont faites au niveau du pertuis : les couches profondes de l'épiderme se terminent au niveau du pertuis en pointe émoussée, mais de cette couche profonde part un prolongement très mince, formant une zone de Malpighi qui s’épaissit un peu en s’éloignant de l’épiderme et est constituée dans sa plus grande épaisseur par une couche de cinq à six cellules; au niveau du pertuis la couche tout à fait superficielle de l’épiderme s’amincit un peu et passe d’un bord à l’autre de façon â constituer là une paroi exclusivement cornée, également très lamellaire. (Examen fait par Baraban).

Ch. -J. Lalitte. Des kystes dermoïdes des doigts, thèse de Nancy, 29 juillet 1883. — Obs. de Heydenreich.

XXVI. — Kyste dermoïde de la face palmaire de la deuxième phalange de l’index droit.

F... Sébastien, 36 ans, entré le 24 mars 1885, ajusteur, a constamment le marteau à la main. Il y a dix mois en tenant son marteau, sensation de forte piqûre à la face palmaire, deuxième phalange, index droit; douleur passagère mais qui reparaît par le fait des pressions; un mois après environ tuméfaction et dureté de la phalange, apparition d’une petite tumeur qui grossit peu à peu ; il y a deux mois à la suite d’un travail pénible, formation d’une seconde tumeur à la partie latérale interne, même phalange ; accroissement plus rapide que pour la première ; douleurs à la pression plus vives, index écarté du médius par la tumeur.

État actuel : tuméfaction des faces palmaire et latérale interne ; peau tendue, rouge et amincie à la face latérale. Sur le milieu de la face palmaire tumeur de 1 c. d’élévation, 2 c. de longueur, le. ,5 de largeur, résistante, élastique, adhérente au derme, mobile sur les parties profondes, indépendante du tendon fléchisseur.

Seconde tumeur à la face latérale de I c. de hauteur sur 3 de longueur et 2 de largeur, moins circonscrite, plus molle, presque fluctuante, adhérente au derme, mobile sur les parties profondes. Douleur à la pression ; sensation d’un liquide épais, grumeleux qui passe avec crépitation de

l’une des tumeurs dans l’autre, par pressions alternatives. Diagnostic kyste dermoïde.

Ablation par l’instrument tranchant, parois épaisses pour la première, plus minces et plus adhérentes pour la seconde qui se rompt, issue de liquide épais, grumeleux ; l’extirpation nécessite l’instrument tranchant, guérison par seconde intention. En juin eczéma de la main et de l’avantbras, un peu aussi à l’autre main et aux jambes.

Examen delà tumeur par Baraban.

Tumeur formée d’une partie sphérique ,ï paroi de 1 mm., couverte à sa face interne de squames, à sa face externe de tissu conjonctif lâche, et d’un prolongement à cavité presque virtuelle, à paroi molle ; contenu du kyste: cellules épithéliales lamellaires à noyau peu apparent ou sans noyau, quelques-unes en transformation colloïde, quelques cristaux de cholestérine et quelques globules de pus.

Paroi du kyste : couche externe formée de tissu conjonctif à fibres parallèles ou entrecroisées ; couche interne épithéliale formée d’une zone profonde de 65 p. contenant 8 ou 10 rangées de cellules granuleuses et rectangulaires à noyau arrondi, puis polyédriques, aplaties à noyau sphérique, les deux ou trois dernières rangées bourrées de granulations d’éléidine, et d’une zone interne ou superficielle représentant une couche cornée de 850 [j- ; cellules sans noyau, lamelles épithéliales prêtes à se détacher.

Dans le point où le kyste communique avec son prolongement, l’épithélium est distribué en différentes zones ; cellules cylindriques, puis cubiques, puis polyédriques et dentelées, gouttelettes d’éléidine; épaisseur de cette zone 650 p- ; ensuite zone rappelant le stratum lucidum et le stratum corneum.

A ce niveau la couche fibreuse se limite du côté do la couche épithéliale par-une ligne onduleuse, constituant un véritable corps papillaire ; papilles tantôt longues, tantôt courtes et obtuses, la plupart avec un seul vaisseau. Corps ovoïdes en petit nombre rappelant confusément les corpuscules du tact.

Dans le tissu conjonctif feutré sous-jacent traces d’inflammation ; dans les couches les plus superficielles glandes sudoripares aplaties, étalées par la pression du kyste. — « De plus on rencontre çà et là, en pleine paroi, de petits groupes cellulaires disposés les uns à côté des autres, au nombre de cinq à six en moyenne, en traînées longitudinales parallèles à la surface du kyste. Chacun d’eux est formé de trois ou quatre éléments cellulaires, pourvus d un noyau évident et d’un protoplasma granuleux, et disposés de façon à ménager au centre un petit espace libre. Ils ressemblent pour la plupart à des tubes glandulaires en voie d’atrophie; les noyaux des cellules y sont toujours apparents mais le protoplasma a quelquefois complètement disparu et il devient alors difficile de décider si l’on a affaire à des coupes de vaisseaux tortueux légèrement enflammés, ou bien à des glandes en voie d’atrophie. Les moins nets de ces groupes sont rap-

proches de l'épithélium kystique et logés, par conséquent, dans la partie la plus dense de la paroi; les plus nets se trouvent, au contraire, dans les couches les moins denses, de sorte qu’il y a comme une sorte de gradation insensible entre les groupes mal définis de la profondeur et les glandes sudoripares presque normales des parties les plus externes de la paroi. »

Pas de canaux excréteurs s’abouchant dans le kyste, les glandes situées en pleine paroi du kyste ne possèdent des canaux excréteurs dirigés ni vers la peau, ni vers la cavité du kyste. On ne peut affirmer que le kyste possède en propre des glandes sudoripares, on ne peut pas non plus affirmer que les glandes rencontrées dans la paroi n’appartiennent pas au kyste.

Le prolongement du kyste présente une paroi très irrégulière formée de tissu conjonctif enflammé ; dans quelques points seulement on rencontre des cellules épithéliales à sa surface, quelquefois en plusieurs couches, en partie polyédriques, en partie cylindriques, cellules cornées provenant du kyste lui-même.

Ibidem. — Obs. de Kirmisson.

XXVII. — Homme de 50 ans environ, petite tumeur au niveau de la seconde phalange du médius gauche, adhérente à la peau, mobile sur les parties profondes, non transparente ; diagnostic : fibrome. Opération le 8 août 1884 enlèvement de la poche intacte, suites inconnues; le malade portait une petite tumeur, probablement de même nature, dans la région parotidienne gauche.

Examen par Valude. Contenu : cellules épithéliales sèches, cornées, graisse. Paroi : de dedans en dehors 1° couche épaisse, dure, formée de cellules épidermiques cornées ; 2» corps muqueux de Malpighi formé de quatre ou cinq rangées de cellules dentelées, un peu aplaties, les plus rapprochées de la couche cornée à granulations d’éléidine, pas de papilles; 3° tissu conjonctif assez peu épais; 4<> couche de tissu fibreux épais et dense, très fortement coloré en rose par le carmin et qui forme à la tumeur une capsule résistante.

F. Villar. Bulletin de la Société anatomique de Paris , 1885, p. 544 et F. Gurrmonprez. Kystes des doigts, Paris 1886 L

XXVIII. — D..., Alfred, menuisier, entré le 11 décembre 1885, service de Richet. En 1877 main gauche prise dans une machine, plaies ( superficielles. Il y a environ deux ans il découvre une petite tumeur du volume d’une tête d’épingle à la racine de l’auriculaire gauche, face palmaire ; augmentation graduelle, élancements le long du bord cubital de

1 Le résumé que je donne est tiré de l’observation do Villar publiée par Guermonprez et reproduite de la France médicale, 15 avril 1886, p. 522. Je n'ai pu me procurer ce journal.

l’avant-bras; il y a sept ou huit mois elle acquiert le volume d’une aveline.

État actuel : deux tumeurs, l’une il la face palmaire, du volume d’une aveline, plus près de la commissure que du bord interne, l’autre plus 'petite, allongée, comparée il un petit haricot, siège dans la partie de la commissure qui répond à la face externe de l’auriculaire. Consistance élastique, mobilité sur les parties profondes; épaississement de la peau sur la tumeur palmaire. Diagnostic incertain. Opération le 15 décembre 1885, dissection; adhérences il la gaine des fléchisseurs; la tumeur est ouverte, issue d’une matière épaisse, blanchâtre, présentant les caractères de la matière sébacée s’échappant d’une loupe. — Guérison en quatre jours.

Paroi kystique formée de tissu conjonctif, pas de revêtement épithélial, ce qui serait dû à ce que la pièce a été examinée un peu trop tard et qu’elle a séjourné trop longtemps dans l’alcool.

Fr. Guermonpkez (de Lille). Kystes des doigts, Paris, J. -B. Baillière,

XIX. — Dub., Alphonse, il gé de 21 ans, forgeron, se plaint en mai 1883 d’une grosseur située à la face palmaire, phalange unguéale de l’index gauche. Pas de cause; début de la tumeur il y a quatre ou cinq mois, accroissement, gêne et sensibilité il la pression. Légère teinte rosée de la peau, pas de transparence, tumeur sphéroïdale, aplatie d’avant en arrière mobile, pas d’adhérence aux os ni aux tendons, mais quelques connexions avec la peau ; consistance dure, rénitente non fluctuante. Le malade réclame une incision et ne veut pas accepter autre chose; issue de matière blanche, butyreuse, grasse. Guérison en six jours.

Huit jours après, panaris à la suite d’un coup; issue au milieu du pus d’un kyste sphérique du volume d’une petite cerise.

En 1884 la tumeur s’est reproduite, incision, issue de la même matière, énucléation de la paroi kystique, facile, cautérisation. Guérison en quinze jours.

Examen par Toison. Contenu : cellules cornées lamelleuses, ni poils, ni granulations graisseuses, ni cristaux (pièce conservée dans l’alcool). Paroi : structure de l’épithélium cutané, stratum de Malpighi il éléments cylindriques presque cubiques, à noyaux sphériques, volumineux, puis cellules polygonales, aplaties et revêtement corné épais. Pas de couche conjonctive, pas de trace d'espaces interpapillaires.

Diagnostic anatomique : kyste épidermique.

Poulet. Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie de Paris, tome XII, 1886, p. 460. Des kystes dermoïdes acquis.

XXX. — X..., cavalier de remonte entre en nov. 1885 au Val-de- 1 Grâce. Tumeur du volume d’une noisette, arrondie, saillante, ferme, élastique, rénitente, soulevant la peau de la main droite dans son centre sur le trajet de l’arcade palmaire superficielle ; paraît adhérente à la peau

et à l’aponévrose mais non aux tendons ni à leur gaine ; petite tache lisse comme une cicatrice à son niveau. Il y a un an s’est enfoncé un clou dans la paume de la main en tombant sur une planche. Quelque temps après apparition au niveau de la cicatrice d’une tumeur qui a grossi peu à peu. Diagnostic : kyste dermoïde . Opération, tumeur circonscrite par deux incisions curvilignes, dissection, la tumeur est ouverte, issue de matière sébacée, blanc jaunâtre, épaisse. On constata qu'elle sortait d’un petit prolongement sous-aponévrotique de la tumeur qui fut gratté et lavé à la solution phéniquée forte.

Guérison par première intention. Pas de récidive.

Examen de la tumeur : contenu, cellules d’épiderme; membrane kystique formée de trois couches 1° couche conjonctive feutrée, pas de glandes sudoripares, épaisse, uniforme; 2° couche formée parun corps muqueux de Malpighi; quatre ou cinq rangées de cellules épithélioïdes crénelées, les plus profondes à éléidine, pas de festons, mais en deux points éperons saillants; 3<> couche cornée épaisse. La peau qui recouvre la tumeur en est indépendante ; ses glandes sudoripares s’ouvrent à la peau par des tubes très longs. Pas de cicatrice proprement dite.

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