‹ Des kystes épidermiques des doigtsChapitre 4 sur 11 · VII. — M., 44 ans, employé · texte numérisé non relu

VII. — M., 44 ans, employé

Morsure de chien (5 nov. 1879) dans le premier espace intermétacarpien

droit, plaie petite rapidement cicatrisée. Douleur à la pression à ce niveau, puis au bout d’un mois petite saillie dure, faisant corps avec la peau, mobile sur les parties sous-jacentes, elle s’accroît et prend le volume d’un pois. Opération le 10 avril; la tumeur adhérente s’ouvre en incisant la peau et il en sort un liquide assez épais, filant et tenant en suspension des éléments organiques solides. Énucléation du reste de la tumeur.

A l’examen histologique le kyste est formé :

1° De deux ou trois couches de cellules aplaties d’épithélium pavimen- ! teux stratifié, engrenées mutuellement et munies d’un noyau peu appa- i rent.

2° D’une zone très épaisse constituée par du tissu épithélial corné dont les couches les plus internes desquarnées, forment au milieu du kyste une bouillie épaisse.

Ibid., p. 73.

VIII. — X..., 22 ans. Il y a deux ans il reçoit un coup de baïonnette à la partie dorsale de l’index droit, au niveau de l’articulation des deux dernières phalanges. Le doigt appliqué en ce moment contre la crosse du fusil est comprimé entre cette pièce et l’arme. La pointe de celle-ci fait à la région dorsale une plaie dont le malade ne peut déterminer ni l’étendue ni la profondeur, il ne peut dire à plus forte raison si l’articulation a été intéressée. Il se souvient simplement qu’il y a eu une plaie, que le chirurgien l’a pansé avec des bandelettes de diachylon et que, au bout de quelques jours, la réunion et la cicatrisation étaient complètes.

Du côté palmaire il se rappelle avoir observé une petite élevure avec une coloration noirâtre ou violacée, ayant, dit-il, l’aspect d’un petit suçon. Depuis lors il a senti une gêne légère quand il appuyait plus ou moins fortement sur la pulpe du doigt.

Apparition d’un petit corps dur, situé profondément dans la pulpe ; augmentation de volume, gêne plus grande. Le Dr de Ranse trouve une saillie anormale au-dessous de l’articulation de la dernière phalange formée par un corps dur, arrondi, douloureux à la pression; il est mobile latéralement, moins suivant l’axe du doigt ; à la partie latérale de la pulpe du doigt une cicatrice linéaire.

Incision longitudinale profonde à laquelle on ajoute une petite incision latérale, le kyste fait hernie, saisi avec des pinces on le détache des adhérences qui le retenaient particulièrement au niveau de l’insertion du fléchisseur profond. — Le kyste avait le volume d’un gros noyau de cerise; il s’est ouvert pendant la dissection, le contenu présentait une certaine analogie avec celui des ganglions du poignet.

Analyse microscopique : paroi kystique épaisse de lmm, formée lo d’une couche externe conjonctive constituée par des faisseaux de ■ tissu conjonctif accolés, à fibres plus ou moins ondulées ; par place les faisceaux s’écartent et les lacunes sont remplies d’amas de noyaux.

2° d’une couche interne fjui revêt la couche conjonctive à la façon d un épithélium, sans en présenter la régularité; sur le pourtour de cette couche on rencontre des îlots constitués par une matière amorphe, granuleuse, parsemée d’énormes noyaux ; la couche conjonctive en voie aussi dans la couche interne des prolongements infiltrés de nombreuses cellules embryonnaires.

Six mois après récidive sous la forme d’une petite induration non mobile sous la peau; Broca enlève la tumeur avec un lambeau de peau et des tissus qui l’entourent.

Demay trouve celte fois un kyste épithélial sous-cutané; sa paroi est formée de cellules épidermiques formant plusieurs couches, les plus externes crénelées et à noyau volumineux, les suivantes en voie de transformation cornée; le centre de la cavité est rempli de débris épithéliaux provenant de la coucho cornée. Autour de ce kyste il rencontre des glandes sudoripares dégénérées, ici des tubes hypertrophiés, là d’autres dégénérées et transformées en amas informes.

Peu après il se reforme une tumeur douloureuse à surface irrégulière comme une verrue; douleurs dans l’avant-bras et le bras, convulsions cloniques de l’index, puis contracture de la main; Gillet de Grandmont la considère comme un névrome, et après avoir tenté divers traitements la détruit par les caustiques; à un moment donné il s’écoule un liquide * filant sous l’escarre. Le malade restait guéri en 1880.

R. Troquart. Journal de médecine de Bordeaux, 1881, p. 52.

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