‹ Des kystes hydatiques du corps thyroïde: et de leur traitement par l'extirpation totaleChapitre 13 sur 29 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

HENLE (in Henle, loc. cit., Obs. I)

Bertha L., 18 ans, domestique. Pas de chien dans sa demeure habituelle. Depuis l’âge de 9 ans, elle avait remarqué un gonflement dans la partie inférieure du cou; depuis deux mois, la tumeur s’est accrue; elle est devenue grosse comme un œuf de poule. Dans les efforts, la malade devient haletante; pas de modifications de la voix: santé généralement bonne.

Actuellement, tumeur faisant saillie en avant, sur le côté droit du cou; son extrémité se trouve à égale distance du menton et du sternum. Le larynx et la trachée sont un peu repoussés à gauche par la tumeur, qui ne les recouvre pas; à travers sa masse, on perçoit les gros vaisseaux; le sternomastoïdien ne peut être nettement détaché. Mobilité sur les parties profondes, mais les mouvements du larynx entraînent la tumeur. À sa surface la peau est luisante, tendue au point de ne pas pouvoir se plisser. A la palpation, l'extrémité antérieure saillante est grosse comme un œuf de pigeon, élastique, se continuant avec la masse plus profonde qui semble la repousser en avant; la base de la tumeur a des limites plus confuses et difficilement appréciables. Le lobe gauche est un peu augmenté de volume. A l’examen larvngoscopique :

paralysie de la corde vocale droite. Pas de sténose du conduit trachéal.

Diagnostic. — Goitre kystique à deux loges, l’une profonde, l’autre plus petite, superficielle, avec adhérence à la peau et à la gaîne du sterno-mastoïdien, ce qui devait indiquer un léger processus inflammatoire.

Le 27 octobre 1874, opération pratiquée par Mikuliez. Incision sur le bord interne du sterno-mastoiïdien, allant depuis le cricoïide jusqu’au sternum. En séparant les faisceaux du peaucier, on ouvrit une poche qui laissa écouler du pus: c’était la tumeur superficielle qui se vida tout d’un coup. La capsule kystique était adhérente à tous les muscles de la région. Elle contenait, avec des loges remplies de liquide puriforme (70 cm. cubes environ) des masses membraneuses, blanc grisâtre, maïs qui n'avaient pas l’apparence de vésicules. Après l’ablation de la tumeur, la trachée et l’œsophage. se montrèrent absolument libres; la thyroïdienne supérieure. qui se dirigeait vers le sac kystique, avait dû être liée et coupée. Appendant à la thyroïdienne inférieure, était une petite masse, grosse comme une amande de tissu thyroïdien sain: c'était tout ce qui restait de la glande. Hémorrhagie insignifiante.

Suture de la peau : deux petits drains. Guérison au dixième jour ; cependant la paralysie de la corde vocale persistait entièrement.

L'examen microscopique des membranes était caractéristique. {1 y avait, en outre, de nombreux crochets mélangés à du pus. La plus grande partie de la paroï était composée de couches conjonctives stratifiées parallèlement à la surface du kyste; dans leur épaisseur se trouvaient quelques culs-desac glandulaires, les uns atrophiés, réduits à quelques cellules épithéliales, les autres plus complets, quelques-uns augmentés de volume.

Pas de micro-organismes dans le contenu.

op

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