PURES
M. Jaboulay emploie l'anesthésie locale au chlorure d'éthyle, le malade étant assis. Il évite ainsi les accidents de suffocation si fréquents au cours des opérations sur le corps thyroïde, lorsqu'on les pratique sous anesthésie générale (les tractions exercées constamment sur la trachée pendant l'opération, sont la cause principale de ces accidents). Il évite aussi la congestion thyroïdienne qui contribue, pour uné part, aux accès de suffocation et qui, d'un autre côté, gêne considérablement l'opération par les hémorrhagies qu'elle détermine. D'ailleurs, l'incision de la peau du cou sur la ligne médiane est peu douloureuse et M. Jaboulay fait toutes ses opérations sur les goitres avec l'anesthésie locale, le malade étant dans la position assise
La peau est incisée sur la ligne médiane. On incise ensuite la ligne blanche. Le corps thyroïde paraît alors, tendant à sortir entre les lèvres de la plaie et renfermant le kyste hydatique ; la plupart du temps celui-ci a refoulé excentriquement le tissu thyroïdien, il n'y à plus au-devant de lui qu'une mince lame de tissu glandulaire, de sorte qu’on croirait que c'est le kyste lui-même qui se présente sous les yeux. Il importe de faire remarquer qu'il n’en est rien et que, pour arriver à la paroi du kyste, il fautinciser une lame mince, 1l est vrai,mais existante, de tissu thyroïdien. Si l'on cherche à commencer le décollement avant d'être arrivé exactement sur le kyste, on dilacère le tissu glandulaire ; cette remarque s'applique, d’ailleurs, aussi à l'énucléation intra-glandulaire des goitres. On incise donc la mince lame de tissu glandu-
laire malgré l'hémorrhagie. Lorsqu'on est arrivé sur le kyste, on l’ouvre au bistouri. On enlève ensuite la membrane germinative ; cette manœuvre est facile: prise avec une pince, la membrane se détache et vient sans difficulté.
On procède alors à la décortication de la membrane adventice. Cette manœuvre est parfois assez difficile; elle l'est beaucoup plus que lorsqu'il s’agit de l’énucléation intra-glandulaire d’un goitre kystique. Ce que nous avons dit de la différence qui existe entre ces deux opérations, en apparence semblables, nous en donne aisément la raison. Les adhérences sont, quelquefois, très fortes avec la paroi antérieure de la trachée ; Zoege-Manteuffel, nous l'avons vu, a dü renoncer à les détruire.
L’adventice étant enlevée complètement, 1l ne reste plus qu'à effacer et fermer la cavité ; on y arrive par la suture hémostatique en masse, procédé que M. Jaboulay emploie aussi pour Îles goitres kystiques ordinaires.
On obtient ainsi l'éradication totale du kyste hydatique ; on a réalisé véritablement l'opération idéale, du moins pour des hydatides du corps thyroïde.
En effet, si l’extirpation totale d’un kyste hydatique est anatomiquement possible et ne s'accompagne pas de trop gros risques, dans le corps thyroïde, dont le tissu est relativement résistant et où l’on est toujours maître d'une hémorrhagie, cette même opération offre de grands dangers dans le foie dont le tissus est friable et facilement saignant, et où Îles hémorrhagies sont graves et difficiles à arrêter.
Der re
VII. Thyroïdectomie partielle. — Nous ne ferons que signaler ce dernier procédé qui ne peut avoir que des indicationsexceptionnelles et qui, d’ailleurs, n'a pas été employé.
VIII. Choix d'un procédé. — De tout ce qui précède et des arguments que nous avons fait valoir à propos de chaque méthode, se dégage la formule suivante, pour le traitement des kystes hydatiques du corps thyroïde, formule établie par M. le professeur Jaboulay. Tout kyste hydatique du corps thyroïde, comme tout goitre kystique, doit être opéré. L'opération de choix, que l’on doit toujours tendre à réaliser, est l'extirpation totale de la tumeur parasitaire, y compris sa tunique adyentice. Dans les cas où cette tunique, trop adhérente, ne pourra être enlevée complètement, onaura recours à la marsupialisation de la poche restante.