FEU
fate de cuivre et l'eau naphtolée dont on s'est servi pour les kystes hydatiques d’autres organes.
Quant à la manière de pratiquer les injections, il y a trois techniques principales qui, données pour les kystes hydatiques du foie, pourraient s'appliquer aussi à ceux du corps thyroïde.
Bacceli (1) retire une petite quantité de liquide et la remplace par une quantité équivalente (15 à 20 gr.) de liqueur Van Swieten. Il recommence cette opération quelques jours plustard.Une semaine après cette seconde injection, il évacue complètement la poche. |
Debove (2) conseille d'évacuer complètement le kyste avec aspiration ; puis il injecte 100 grammes de liquide de Van Swieten qu’il retire au bout de 10 minutes.
Hanot évacue également très complètement la poche, mais ninjecte que 15 à 20 grammes de liqueur de Van Swieten.
Cette méthode des injections modificatrices est dangereuse à plusieurs titres. L’injection 1odée d’abord est à rejeter complètement. Péan a observé des accidents infectieux consécutifs à ces injections. M. le professeur Jaboulay nous rappelait naguère le cas désastreux de Bonnet (de Lyon), qui a vu une injection iodée faite dans un goitre kystique déterminer rapidement la mort. Les injections de sublimé sont toxiques elles aussi et capables d'entraîner des
(ï1)-Baccezr. — Riforma Medica, 11 juin 1887. (2) DeBove. — Gaz. Hebd. de Méd. et de Chirurgie, 1888.
ter ere
accidents sérieux. Nous avons vu, dans l'observation du malade de Vitrac, les injections de sublimé déterminer quelques accidents d'hydrargirisme. Un fait publié par Wilbouchewitch montre qu'elles peuvent entraîner la mort; c'est surtout à la méthode de Debove qu'on peut reprocher la possibilité d'une intoxication.
Quant à Bacceli, il injecte, il est vrai, du sublimé à dose non toxique, mais son procédé expose aux dangers des évacuations incomplètes.
Ce ne sont pas là les seuls inconvénients de la méthode des injections modificatrices. Remarquons qu'elle est illusoire dans les cas de kystes multiples ou multiloculaires; de plus, elle doit être souvent inefficace et incapable d'amener la disparition de cette vaste cavité kystique dont les parois ne peuvent plus s’affaisser ni se mettre au Contact, retenues qu'elles sont par les adhérences aux parties voisines ; enfin, c'est une méthode incomplète, une demi-mesure, qui ne s'attaque qu'indirectement à la membrane germinative, et qui ne la rend jamais bien sûrement stérile, laissant ainsi la possibilité d’une récidive. Lorsque les échinocoques se localisent dans un organe où une intervention plus complète offre quelques dangers, au foie, par exemple, on conçoit que, malgré ses désavantages, la ponction suivie d'injection modificatrice soit discutable, mais au corps thyroïde où l’énucléation dont nous parlerons plus loin est sans danger, l'emploi d’un procédé incomplet n’a plus sa raison d’être.
NU
IT. Zncision pure et simple. — Le procédé a été employé avec succès par Nélaton (Obs. XII). Il incisa largement le kyste hydatique qui était suppuré; une fistule persista longtemps dans laquelle il faisait des injections à la teinture d’iode. Il revit son malade deux ans après : celui-ci était complètement guéri.
Meinert (Obs. XIII) employa également l’incision et guérit son malade.
Galozzi ‘Obs. XIV), qui incisa aussi le sien, ne dit pas ce qu’il en advint.
En somme, cette méthode semble avoir donné de bons résultats à ceux qui l’ont employée. Henle (1), dans son mémoire, dit que l’énucléation étant très difficile, 1l suffit de faire une large incision. Mais, même suivie de détersion et de lavages répétés, cette méthode expose aux fistules longtemps persistantes ; surtout elle laisse en place la membrane du kyste et, comme la méthode précédente, expose aux récidives. C’est donc une méthode zr7complete.
IV. Marsupialisation. — Elle a été employée par Péan (Obs. VIII) dont le malade guérit, sans fistule, un mois après.
Zoege-Manteuflel (Obs. XV), ayant commencé à disséquer le kyste, trouva des adhérences avec la trachée, telles, qu’il fut obligé de terminer par la marsupialisation.
Cette opération est certainement, après l’énu-
(1) Heure. — Loc. cit.
cléation, celle qui doit mériter les préférences du chirurgien. Lorsque l'énucléation commencée ne pourra être menée à bonne fin, c'est toujours par la marsupialisation qu'il sera le plus simple et le mieux de terminer. Cette méthode a, cependant, un inconvénient : celui d’une cicatrisation lente avec fistule longtemps persistante.
V. — Capitonnage de la poche kystique. — Ce procédé, imaginépar Delbet, pour les kystes hydatiques du foie, n’a jamais été, que nous sachions, employé dans ceuxde la glande thyroïde ; d'ailleurs, il s'adresse surtout aux grandes cavités qu'il s'agit de faire disparaître, et serait inu‘ile au corps thyroïde où les kysteshydatiques sont peu considérables ; il est avantageusement remplacé par la suture hémostatique.
VI. — Extirpation. — C'est la méthode de choix, la plus rationnelle et la plus complète ; elle seulemet sûrement à l'abri des récidives.
Zoege-Manteuffel, nous l'avons vu,avait commencé l'énucléation chez son malade, mais il fut obligé de terminer par la marsupialisation, à cause des adhérences,impossibles à rompre,de la paroi du kyste avec la face antérieure de la trachée.
Max Volpe (Obs. XI) dit que dans le cas qu'ila observé, l'énucléation de la capsule extérieure ne pouvant s'obtenir assez facilement, on laissa une partie d2 la poche adhérente aux plans profonds.
Il y a donc des difficultés à pratiquer l’énucléation
des kystes hydatiques thyroïdiens ; ces difficultés, cependant, ne sont pas insurmontables ; lapreuve en est que d’autres chirurgiens ont mené à bien cette intervention.
Peyrot (Obs. VIT) le pratiqua ; mais il ne dit pas ce que devint son malade.
Gérard-Marchand (Obs. VI) employa le même procédé ; l'opération fut, paraît-il, laborieuse, mais put être faitecomplètement.Le malade guérit en 25 jours.
Henle (Obs.X) énucléa également un kyste hydatique dela thyroïde et obtint la guérison au 10€ jour.
M. le professeur Jaboulay put enfin énucléer parfaitement la tumeur dont nous publions l'observation et obtint aussi une guérison rapide.
L’extirpation du kyste hydatique thyroïdien consiste à énucléer la poche kystique en décorticant la membrane adventice c'est-à-dire en la séparant du tissu thyroïdien auquel elle adhère. Cette observation est absolument comparable à l'énucléation intraglandulaire employée dans les xoitres kystiques et dans les goitres à forme nucléaire. Leterme d’énucléation intra-glandulaire ne saurait, toutefois, s'appliquer dans toutesa rigueur à l'énucléation des kystes hydatiques du corps thyroïde, car, contrairement à ce qui se passe pour le goitre, où l’on enlève la poche du goitre kystique, sans toucher au tissu thyroïdien, ici, en raison de l'adhérence plus solide de l’adventice au tissu thyroïdien, on estobligé de tailler en pleine glande.
Voici, d’ailleurs, le détail de l'opération, telle que la pratique M. le professeur Jaboulay.