OBSERVATION I
Kystes multiples du pancréas, par M. Cornil.
Bulletins de la société d'Anatomie, 1863, p. 582 et suiv.
La nommée F..., âgée de 75 ans, entrée le 9 octobre 1863 à la
lo
Salpêtrière, pour démence sénile, y meurt le 17 décembre de la même année.
E’autopsie est pratiquée le {8 décembre. On trouve le cœur normal, l'aorte athéromateuse, le lobe inférieur du poumon gauche affaissé, congestionné, peu crépitant.
Sur la muqueuse de l'estomac, on voit quatre ou cinq petites saillles de la grosseur d’une lentille à un petit pois, rondes, hémisphériques, saillantes, vascularisées ; elles siègent à la moitié droite ou pylorique de l’estomac.
D'autre part, un très gros polype, long de cinq centimètres sur trois centimètres de largeur, ovoïde, pédiculisé, mobile, bouche complètement l’orifice pylorique ; sa position est du reste variable ; ainsi, on peut le relever du pylore où il est engagé, et alors il est flottant dans la cavité stomacale, la membrane muqueuse le recouvre partout, exceplé à sa base ou extrémité libre ; en ce point, la muqueuse est interrompue brusquement, et on voit la substance du pylore qui présente là une coloration ardoisée. Sur tout le reste de son étendue, il est recouvert par la muqueuse qui est elle-même hypertrophiée. En faisant une coupe de la muqueuse, on voit qu’elle a une épaisseur de un à deux millimètres. Les glandes de cette partie de la muqueuse sont distendues, et converties en petits kystes exactement sphériques, ressemblant aux œufs de Naboth du col utérin. Ces pelits kystes ont d’un demi à un millimètre de diamètre. En examinant à l’état frais des coupes minces de cette muqueuse, on voit que sa surface possède un riche réseau de capillaires injectés et des villosités courtes. Les glandes sont toutes distendues plus ou moins, et celles qui le sont le plus sont visibles à l'œil nu, sous formes de petits kystes ; l’un de ces derniers, bien que très volumineux, laisse apercevoir son orifice ou goulot, d’où s'échappe le liquide muqueux qu'il contient, avec des
cellules épithéliales distendues et transparentes. La partie cen-
LE (pes
trale, fondamentale du polype, est un tissu ferme, élastique, fibreux, gris, composé d'éléments de tissu cellulaire et élastique et de noyaux.
Le pancréas est gros, aplati, et le siège de nombreux kystes, variant de la grosseur d’un pois à une petite noix, contenant soit un liquide citrin, muqueux, soit, avec ce liquide, une partie plus épaisse et comme caséeuse blanche. Ces kystes sont multiloculaires ; les autres parties du pancréas ont conservé leur structure glanduleuse normale. Les kystes sont produits par la distepsion d'un certain nombre d’acini ; les ganglions lymphatiques de la région sont gros, blancs sur une coupe et mous (sans altération) ; les autres organes de l’abdomen (reins, vessie, utérus, foie) sont normaux. Enfin le cerveau est petit, la pie-mère œdémateuse et
les vaisseaux athéromateux.
OBSsERvATION II
Pancréas kystique, observé dans le service de M. le Dr Lancereaux. (J. Thiroloix et Ch. du Pasquier, Bull. soc. anat., 1892, p. 310).
La nommée B... Victoire, âgée de 93 ans, entre le 25 février 1892, salle Sainte-Martine, dans le service de notre maître, M. Lancereaux. Elle est atteinte de bronchite chronique avec emphysème et étouffements. Les urines sont rares, elles ne contiennent ni albumine, ni sucre.
Le 29 février. — La langue de la malade se sèche. Le coma et la mort surviennent le 3 mars. La malade, durant toute sa vie, avait joui d’une excellente santé.
Aulopsie. — Pas d'adhérences pleurales, les poumons sont emphysémateux aux sommets et le long des bords antérieurs. A gauche, il existe une congestion considérable ; à la coupe, il s'échappe, par compression, un liquide rouge et spumeux ; pas
de broncho-pneumonie, pas de pneumonie. A droite, hépatisation
Sor
rouge du lobe moyen et supérieur ; cette pneumonie est limitée à la partie inférieure du poumon, tout le lobe inférieur est rouge et très congestionné.
Cœur. — Non hypertrophié; un peu de surcharge graisseuse à la face du ventricule. Les cavités contiennent du sang noir en assez grande quantité, pas de concrétions fibrineuses. Il n’y a pas d’altérations valvulaires ; les valvules sygmoïdes ont conservé toute leur souplesse. L’aorte n’est pas athéromateuse, elle possède encore toute son élasticité. Coronaires perméables.
Foie. — Poids 1800 grammes. Les vaisseaux sus-hépatiques sont gorgés de sang noir. À la coupe, aspect normal, pas d’aspect muscade, pas d'apparence graisseuse.
Voies biliaires perméables; bile en faible quantité, coloration normale, pas de calculs de la vésicule,
Reins. — Décortication facile, un peu congestionnés. Les artères qui forment la voûte artérielle ne sont pas épaissies.
Rate. — Non hypertrophiée, résistante. 2
Tube digestif. — Estomac non dilaté, vide ; intestins normaux; mésentère chargé de graisse, capsules sus-rénales trouvées saines.
Pancréas kystique. — Presque toute la glande est transformée en kystes dont l’ensemble forme une tumeur bosselée de la grosseur des deux poings. La queue seule du pancréas n’a pas été atteinte par la dégénérescence kystique. C’est aux dépens de la partie moyenne de l'organe que les kystes semblent s'être développés. Les plus volumineux ont le volume d’un œuf de poule, ‘ceux-ci sont au nombre de cinq ou six : entre eux se trouvent des lobules adipeux et de plus petits kystes dont les dimensions égalent celles d’un pois ; il en est de plus petits encore ; c’est à la face postérieure de la tumeur que les plus petits kystes sont en : plus grand nombre. Toutes ces poches sont closes et ne communiquent pas les unes avec les autres.
Faucillon 4:
DD
L Fr
La tête est en partie infiltrée d’une grande quantité de graisse,
il y a là une véritable adipose de cette partie de la glande.
Quelques petits kystes sont noyés au milieu de cette graisse. Dans d’autres points le parenchyme est transformé en un tissu aerolaire, spongieux et résistant : cet aspect résulte de l’agglomération d’un nombre infini de petites cavités de formes et de dimensions variées ; le même aspect existe aussi à l'extrémité opposée de la tumeur ; il semble qu’au centre seulement ces cavités se soient dilalées et y aient acquis des dimensions relative-
ment considérables.
L'orifice du canal de Wirsung est parfaitement libre ; nous avons suivi ce canal aussi loin qu'il nous a été possible de le faire : il ne contenait aucun calcul, il n’était rétréci en aucun point.
Chacun des kystes contient du liquide, dont la coloration varie: dans les uns, liquide tout à fait clair- et transparent, dans les autres, contenu teinté ayant la couleur d’une infusion de café très diluée. La réaction du liquide est franchement alcaline, il contient de l’albumine en grande quantité. Nous y avons trouvé au microscope des débris épithéliaux et quelques cellules lymphatiques. 3
La face interne des plus grandes cavités est lisse; celle des petites présente des brides, et des cloisonnements incomplets, nulle part d'aspect villeux, pas de villosités.
Cette tumeur ainsi constituée, n’avait contracté aucune adhéreuce avec les organes voisins : elle était recouverte par l’estomac, les ganglions de la région élaient absolument sains.
Nous avons fait successivement l'étude microscopigne des points qui nous ont paru sains et où l’on voyait débuter la transformation kystique sous forme d'un stroma fibreux délicat; des
régions aréolaires et spongieuses ; des régions qui étaient le siège
Dour
de kystes nettement figurés, et enfin nous avons fait l'étude de la paroi des grands kystes.
Les parties qui paraissent saines sont exclusivement formées de petites cellules d'apparence embryonnaire, sphériques, avec un noyau peu apparent, très rapprochées les unes des autres, séparées par de rares tractus conjonctivo-vasculaires qui limitent de grands groupes qui sortent du champ du microscope. En certains points, ces petites cellules s’orientent de façon à limiter et à circonscrire de petits espaces circulaires que l’on peut regarder, croyons-nous, comme les vestiges de cavités kystiques, on voit peu à peu ces cavités s’agraudir et sv circonscrire nettement.
Les coupes faites dans les parties d'apparence aréolaire ont montré des espaces libres, la plupart déformés par pression réciproque. Les cloisons sont formées ou par des petites cellules rondes réunies sous forme de larges tractus, ou par des travées de tissu conjonctif avec quelques très rares vaisseaux ; dans ce dernier cas, les faisceaux conjonctifs sont recouverts par une ou deux couches de petites cellules cubiques. Les cavités ainsi délimitées sont comblées en totalité ou en partie par un carrelage de cellules assez régulières se colorant faiblement par le carmin. On y rencontre aussi quelques îlots de globules rouges et des détritus granuleux.
Dans la région des kystes de petites dimensions, les travées sont essentiellement conjonctives et formées surtout de tissu fibreux qui se colore fortement en rose, les cellules sont rares, les vaisseaux plus nombreux et remplis de sang. Les travées sont tapissées de une ou deux couches de cellules cubiques. Sur Îles coupes les cavités sont vides. Les grands kystes enfin ont des parois essentiellement fibreuses, les vaisseaux y sont devenus
rares.
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OBSERvVATION IIT
Kyste du pancréas, par J. Cruveilhier.
(Essai sur l'anatomie pathologique en général. Paris 1816, t. LES p. 286).
Un homme mourut dans la salle du Rosaire à la suite d’un ictère survenu depuis plusieurs mois sans cause connue, et qui avait résisté à l'huile essentielle de térébenthine, à l’éther, aux bains sulfureux, etc.
A l’ouverture, nous trouvâmes la vésicule du fiel très distendue, remplie d'une bile visqueuse, d’un vert noirâtre; la partie inférieure du canal cholédoque, très dilatée, pouvait admettre le doigt; la face antérieure du pancréas était soulevée par une tumeur aqueuse considérable : nous ouvrimes cette tumeur, qui contenait une assez grande quantité de liquide transparent, séreuæ; sa surface interne présentait des rides transversales assez nombreuses et de petites ouvertures ; cette poche, allongée transversalement, n’était pas un kyste séreux, comme je l'avais cru d’abord, mais bien le canal pancréatique prodigieusement distendu, dont l’orifice duodénal était fortement comprimé par une
dégénération squirrheuse de la tête du pancréas.
OBsERvATION IV
(Bulletins de la Socièté anatomique, 1833, p. 31).
M. Cruveilhier annonce que pour la seconde fois il vient de trouver une notable collection de suc pancréatique contenu dans une sorte de kyste formé par. la dilatation d'un conduit excréteur du pancréas. Le suc, analysé par M. Barruel, a offert beaucoup
de mucus, de soude libre, un atome de chlorure de sodium et un atome de phosphate de chaux.
OBsERVATION V
Kyste du pancréas ; pièce possédée par le musée de Strasbourg (Bécourt, Th. de Strasbourg 1830).
Le musée de Strasbourg possède un exemple de kyste du paucréas. Ce kyste développé dans le corps et la queue du pancréas a le volume d’une tête d’enfant de quatre ans ; ses parois sont fibrineuses, blanchâtres, très résistantes, de l'épaisseur d’une ligne. La tête du pancréas paraît être restée saine. On ne con-
naît pas les détails de la maladie.
OBsERVATION VI
Pemphigus foliacé. Dégénérescence fibro- kystique du pancréas par M. Lediberder, interne des hôpitaux (Bulletin de la sociëté d'anatomie, 1867, p. 581).
M. Lediberder, interne des hôpitaux, présente diverses pièces relatives à un cas de pemphigus foliacé. La femme qui en était atteinte mourut à Saint-Louis, dans le service de M. Guibout, avec le marasme de la fièvre hectique. Le tube digestif examiné avec soin n'offrit rien à noter : la muqueuse n'était ulcérée en aucun point ; les reins, le foie avaient subi la dégénérescence graisseuse, et le pancréas, éludié en particulier par M. Cornil, fut trouvé complétement dégénéré. Il contient un grand nombre de kystes renfermant un liquide séro-sanguinolent tenant de la graisse en suspension. De plus, il est le siège d’indurations manifesles constituées par des faisceaux de tissu lamineux entre lesquels se voient des granulalions graisseuses. D'une façon générale, les culs-de-sac de la glande sont dilatés et les ganglions
pancréatiques volumineux.
OgsenvaTION VII
Cas d'un kyste du pancréas, par Nichols. (New-York médica journal, 1878, Tome 47, p, 575):
(Traduction de M. le Dr A. Saulay).
Ce cas de kysle du pancréas vous est présenté spécialement en raison de son intérêt autant comme une affection rare que comme un diagnostic difficile.
En faisant des recherches dans la littérature à ce sujet, je n’ai trouvé que onze cas qui ont été relatés; aucun d’entre eux n’avait été sérieusement diagnostiqué avant l'incision exploratrice abdominale. Ces cas avaient été confondus soit avec des kystes à échinocoques du foie,soit dans la majorité des cas, avec des kystes de l'ovaire. Tous, sauf un, furent opérés, soit par l’extirpation du kyste, soit par l'évacuation du contenu et le drainage. Cinq des cas opérés se terminèrent par la guérison, cinq autres par la mort par péritonite.
Un mot de l’étiologie de ces kystes. Le kyste pancréatique peut reconnaître comme cause tout ce qui détermine l’obstruction du canal commun du pancréas ou d’une de ses branches, ou encore la présence de calculs, l’oblitération partielle ou complète par du tissu de cicatrice, ou l’obstruetion subite ou graduelle du conduit excréteur sans diminution de son calibre par déplacement . du pancréas.
C'est alors que le suc pancréatique, arrêté dans son cours, revient en arrière, distend les canalicules, détermine leur dégénérescence et la disparilion du parenchyme de la glande, dont la capsule se distend pour former les parois du kyste.
Le cas que j'ai à vous relater appartenait à un homme âgé de 59 ans, américain, qui, vingt années avant sa mort, se plaignait déjà de douleurs très intenses au niveau de l’épigastre, accompa-
at ea
gnées d’une sensation de plénitude dans celte région. Pas de nausées ni de vomissements. Ces symptômes se montraient avec plus ou moins de douleurs peadant une semaine ou deux, puis ils dis paraissaient, revenant à intervalles de deux ou trois mois. Ces douleurs périodiques étaient précédées par un symptôme prémonitoire quelque peu spécial, que je n’essaierai pas de vous décrire et qui consistait en démangeaisons très intenses des deux pieds qui diminuaient à l’arrivée des douleurs. Appétit durant la plupart du temps vorace et jamais diminué. Tous les aliments ingérés ne lui causaient aucun embarras.
L'état du malade ne se modifia pas sensiblement pendant six années, quand il consulta le médecin de sa famille pour des douleurs atroces qu’il ressentait au niveau du bras droit et de l’avantbras, qui furent rapportées alors à des douleurs rhumatismales. Ces douleurs continues, s’accompagnèrent d’atrophie musculaire, bien que cet homme eut conservé l'usage el la libre action de son bras.
Au cours de la même année, il eut une péritonite circons= crite, après laquelle, jusqu’à sa mort, il eut des périodes de vomissements présentant l’apparence marc de café, si communs dans les maladies malignes de l'estomac.
Trois années avant sa mort, la première preuve d’une tumeur de la cavité abdominale fut mise en évidence. Elle fut vue par Jun des hommes les plus éminents dans notre art, mais,” comme les autres, il ne porta pas de diagnostic. Une ponction fut alors pratiquée.
A l’époque de la découverte de la tumeur, se présentèrent des symptômes de diabète. On reconnut dans les urines une grande quantité de sucre. L’émaciation chez cet homme fit de rapides progrès et quoiqu'il eut conservé assez intacts son appétit et son pouvoir digestif, ainsi que des selles régulières, il mourut d’as-
thénie le 27 février 1887.
LNogrez A l’autopsie, pratiquée le lendemain, on découvrit un kyste contenant environ 4 quartes (la quarte américaine vaut { litre, 435.854) d'un liquide séreux occupant la plus grande partie de j'abdomen, fixé à la partie inférieure par des adhérences en plu-
sieurs points. [1 n’y avait plus trace distinctive de la glande.
O8ssErvaTION VIII (résumée).
Archives de Virchouw, 1884, T. 30, p. 360.
(Trad. de M. A. Malusky, agrégé, préparateur à l'Ecole Normale supérieure).
K..., âgé de 40 ans, souffrait du diabète déjà depuis 1854; il fut apporté à la Charité et soigné pour des abcès au nez et autour du nombril, sans avoir jamais contracté d'infection syphilitique. La contenance en sucre de son urine était de 3 à 5 pour 100 et on trouva 1030 pour son poids spécifique.
. Décès le 15 août 1863 ; autopsie le 16 août.
Nous passons sur les détails concernant les autres organes. Le conduit pancréatique dont l'extrémité duodénale est complètement libre est normalement conditionné à la tête du pancréas, mais il pénètre ensuite immédialement dans la tumeur et d’une facon telle que, dans son voisinage il n’est plus entouré de tissu glanduleux mais d’un tissu dur et blanchâtre qui déborde d'un côté sur la tête du pancréas et de l’autre sur la tumeur. La partie terminale du canal pancréatique, s'appliquant à la tumeur, est obstruée par une concrétion blanchâtre et de la grosseur d'un pois. La tumeur elle-même est presque de la grosseur d'une tête d'enfant ; elle est à peu près sphérique et consiste en une poche dure qui contient un liquide épais, trouble et jaune. On y découvre à l'œil nu des cristaux brillants (cholestérine et aiguilles de
malières grasses). Ce liquide laisse se déposer un sédiment blan-
châtre, qui se révèle à l'examen microscopique comme une masse granuleuse mélangée de cellules isolées rondes et de débris de cellules.
La paroi de la poche a presque partout une épaisseur de 3 millimètres, quand on la coupe, on la voit colorée en gris, et par endroit feuilletée.
La paroi interne est partout lisse, avec des plaques épaisses el blanchâtres, semblables aux plaques de sclérose des grandes artères. On doit encore signaler sur certaines portions isolées de la paroi interne des efflorescences blanchâtres ; parfois des pellicules épaisses et séparables, d’un gris jaunâtre et qui brillent comme de la nacre. Sous ces pellicules apparaît par endroits une surface rude. Sur la partie postérieure de la poche on voit à l'intérieur une rainure allant tout droit de gauche à droite. A l’extrémilé gauche elle conduit à un canal traversant la paroi, et dont l'ouverture a la grosseur d’un tuyau de plume de corbeau. En suivant le canal on voit qu’il s’élargit rapidement à sa sortie de la paroi de la poche et qu’il est tapissé à l'intérieur d’une membrane entièrement lisse, garnie cependant de quelques plis ,isolés. Le canal aboutit à un corps dur, ayant la forme d’une langue, de 6 millimètres d'épaisseur ; à la coupe il présente un aspect glanduleux ; il est revêtu, comme l'extrémité indurée du canal, d'un tissu très dur et feuilleté. La longueur du canal est d'à peu près deux pouces. Dans cette partie caudale du pancréas il n’est pas possible de trouver d’autre canal pouvant servir de conduit et l'on ne peut pas suivre directement celui-ci pour aller à la tête du
pancréas.
Faucillon 5
Lira(je
OBservarTiOn IX (résumée).
Tumeur kystique du pancréas avec ictère et gardes-robes graisseuses, par Gross (Anat. mus. of the Boston Soc., etc., 1847. Reprod. in Archives de médecine, 4° s.,t. XIX, p. 215).
Cette tumeur kystique élait consécutive à une oblitération calculeuse du canal pancréatique.
L'autopsie montra une tumeur volumineuse et fluctuante, de forme ovalaire, située au-dessous du lobe droit du foie, avec lequel elle avait contracté des adhérences intimes...
Elle contenait 10 à 14 onces de liquide séro-sanguinolent.…
Elle mesurait 4 pouces sur 3 ; ses parois de une à trois lignes d'épaisseur, étaient membraneuses, charnues, rougeâtres.
On n y trouvait plus aucune trace du tissu normal du pancréas, cependant elle était évidemment formée par cet organe. Elle contenait de très petits calculs.
Deux d’entre eux oblitéraient complètement l'ouverture du canal pancréatique dans le duodénum.
OBSERvATION X
Dégénérescence kystique du pancréas, par le Dr E. G. Janeway. (New-York, médical journal, 1878, p. 523. Traduction de M. Maurice Pinault).
Le D' E. G. Janeway présente à la Société Pathologique de New- York, dans la séance du 13 mars 1878, un exemple de dégénérescence kystique du pancréas, avec l'historique suivant: un homme âgé de 42 ans entra à l’hôpital Bellevue, le 29 août 4877. Il avait eu une altaque de douleurs abdominales le 15 août, qui s'était accompagnée de vomissements. Il eut, dans la suite, une attaque semblable, mais, à aucun moment, il ne présenta d'ictère. Une
not
autre attaque suivit qui ressembla entièrement aux deux premières, cette différence que la douleur dura plus longtemps e que le malade présenta de l’ictère à la suite.
A l'examen, on trouva dans la région du foie une tumeur qui mesurait quatre pouces dans chaque diamètre. On ponctionna cette tumeur le 13 novembre et on retira quatre onces d’un liquide rougeâtre ; elle diminua des deux tiers de son volume, mais deux jours après la ponction, elle devint le siège de douleurs et présenta une largeur beaucoup plus considérable, mesurant 4
LU
pouces sur 6 1/2, 1
L'état du malade se maintint sans grand changement durant le mois suivant, lorsque la tumeur se rompit. Dix jours après, le malade mourut.
Autopsie. — La tumeur se trouvait être un kyste qui était adhérent au duodénum et au colon transverse. On découvrit aussi un second kyste de plus petit volume et à parois plus minces. Le canal pancréatique pouvait être suivi dans le kyste. C’était un cas de dégénérescence kystique du pancréas ayant occasionné
une compression du conduit biliaire.
OBsenrvarTioN XI
Goodmann (1).
M. Z..., colonel, 55 ans, entré dans l’armée en 1861 avec une excellente santé, pesant 190 livres. Dans l'été de 1862 jaunisse, diarrhée, toux, fièvre, considérées comme une attaque de malaria. Guérison.
Nouvelle diarrhée en 1863.
En juillet 1866, son cheval s’aflaisse sous lui; M. Z..., ressent
1. Philadelph. Med. Times, 29 juin 1878 et BoNAMY : Etude cli-
nique sur les tumeurs du pancréas. Thèse de Paris 1879.