‹ Des lésions de la portion cervicale du grand sympathiqueChapitre 10 sur 29 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Jean-Félix Nevers, âgé de 52 ans, employé de commerce, est entré à l’hôpital des Cliniques, salle des hommes, n° 5, le 23 novembre 1868, pour* une tumeur présentant l’apparence d’un kyste situé au devant de l’os hyoïde, et que M. Richet, qui en fit l’ablation le 2 décembre 1868, reconnut être une dégénérescence de la bourse séreuse qui se trouve au-devant du cartilage thyroïde. Au-dessous, et également sur la ligne médiane, on voit une cicatrice résultant

d’un kyste qui fut opéré en 1864 par M. Legouest. Enfin on re^ marque, du côté gauche, une troisième cicatrice qui me parut présenter un grand intérêt, parce que j’avais constaté tout d’abord un resserrement manifeste de la pupille de l’œil gauche. La cicatrice est irrégulière, elle est située sur le trajet du slerno-mastoïdien , vers la partie moyenne; l’artère carotide bat à une distance de quelques millimètres seulement au-devant d’elle; on sent quelques ganglions engorgés dans le voisinage, ainsi que de l’autre côté du cou. La pupille gauche est manifestement resserrée , elle est un peu mobile; il n’y a aucun trouble de la vue; j’ai constaté le phénomène .à quatre ou cinq reprises, à plusieurs jours d’intervalle, le rétrécissement était toujours égal et bien manifeste. Le malade est d’une bonne constitution , toutefois, il a eu la syphilis en 1846.

Interrogé sur la cause de la cicatrice du cou, le malade raconte qu’étant en 1860 gendarme colonial à l’île Bourbon, il eut, au mois de juillet, un abcès au cou, qui formait une tumeur énorme; au bout d’un mois, il fut ouvert par un médecin militaire, la plaie était très-profonde; un mois après, on dut faire une nouvelle ouverture qui dut être bientôt suivie d’une troisième. La suppuration était très-abondante; on fit des injections avec la teinture d’iode, et au mois de février 1861 la plaie était complètement cicatrisée.

Dans cette observation, la pupille n’a pas été examinée dès le principe : on ne sait donc pas si elle était primitivement rétrécie; nous pensons qu’il est très-vraisemblable d’attribuer le resserrement de la pupille à la compression exercée sur le grand sympathique par la masse de tissu inodulaire produite pendant la cicatrisation de la plaie.

Les huit observations suivantes appartiennent à M. Gairdner et à d’autres chirurgiens anglais. Dans ces huit cas, la compression du grand sympathique est produite par des anévrysmes de l’aorte. Dans le premier, qui est dû à M. Gairdner, on mentionne de la rougeur et des sueurs bornées à un seul côté de la face, ainsi que de l’irrégularité dans la température; dans le second, dûau même

auteur, les sueurs sont aussi signalées. Dans les six autres, on n’observe que la contraction de la pupille. Dans toutes ces observations, c’est la portion thoracique du grand sympathique qui est comprimée; mais, comme on le voit, les effets sont les mêmes que dans les observations précédentes.

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