‹ Des lésions traumatiques de l'encéphaleChapitre 1 sur 16 · PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE · texte numérisé non relu

PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE

Paris. — Imprimerie de L. Martinet, rue Jacob, 3Ô.

Le sujet est très étendu, et j’essayerai de le renfermer dans des limites circonscrites. Mais les travaux sur cette question sont si nombreux, qu’ils ont fourni la matière d’une grande quantité de volumes.

Je mentionnerai d’une manière toute spéciale le Compendium de chirurgie , dans lequel M. Denonvilliers a traité les lésions traumatiques de l’encéphale d’une manière si remarquable; l’ouvrage de M.Nélaton; la thèse deM. Velpeau en 183/i; la thèse deM. Denonvilliers en 1839; les articles de MM. Malgaigne et Richet dans leurs Traités d’anatomie chirurgicale ; le travail de Gama ; les thèses de MM.Ricord, Roilet, Mounier,etc. J’ai trouvé dans la thèse de 31. Chassaignac, Sur les plaies de tête, un grand nombre d’observations fort intéressantes. Enfin, j’aurai, chemin faisant, l’occasion de mentionner un grand nombre de travaux, et je ne veux en ce moment qu’appeler l’attention sur les articles les plus importants et les plus remarquables.

Les lésions de l’encéphale, quant à leur siège, à leur intensité, aux signes par lesquels elles se traduisent au chirurgien, sont excessivement nombreuses et variées. Depuis le simple ébranlement de la masse encéphalique, depuis le

premier degré delà contusion jusqu’à la destruction presque complète d’une grande partie du cerveau, depuis le simple épanchement miliaire jusqu’aux épanchements qui peuvent contenir plus de 200 grammes de sang, il y a des degrés infinis.

Dans toutes ces circonstances, désordres passagers et à peine appréciables, désordres et délabrements considérables, il y a eu toujours une même cause, une violence extérieure qui a déterminé la lésion. On peut dire, par conséquent, que les lésions traumatiques de l’encéphale constituent un seul ordre de lésions à des degrés très variables.

Pourtant, parmi tous ces désordres, les uns donnent lieu à une série de phénomènes, d’autres à une série de symptômes différents : certaines lésions, en un mot, se traduisent par des caractères cliniques qui leur sont propres. — Aussi les auteurs ont cherché à diviser en groupes, les lésions diverses de l’encéphale, et ont pu de cette manière les réunir en un certain nombre de classes.

Depuis Hippocrate jusqu’à J.-L. Petit, tout est confondu ; à J.-L Petit se rattache une division importante des lésions de l’encéphale, et il distingue la commotion et la compression. — Dupuytren, à son tour, ajoute, à ces deux classes, la contusion, déjà entrevue par Sabouraud. Nous reviendrons sur cette histoire importante des phases par lesquelles a passé l’étude des lésions cérébrales.

Mais si l’on cherche, à appliquer à la clinique les notions que nous fournissent les livres, on s’aperçoit bientôt que la question est encore bien incomplètement résolue, que les

découvertes des physiologistes sur les fonctions de l’encéphale n’ont pu recevoir, jusqu’à présent, que des applications bien imparfaites.

La symptomatologie est loin d’êlre toujours en rapport avec les désordres de l’encéphale. — Ici, une blessure considérable du cerveau, avec issue d’une grande quantité de pulpe cérébrale, est suivie de guérison ; là, une contusion peu étendue détermine des accidents mortels. — Dans un cas, un blessé perd complètement connaissance, et cet état, bien qu’il persiste plusieurs jours, disparaît, et les fonctions se rétablissent dans leur intégrité; dans un autre, la perte de connaissance dure à peine quelques instants, et quelques jours après surviennent des phénomènes inflammatoires qui emportent promptement le malade.

Dans d’autres circonstances, c’est une blessure complexe, et l’on peut, sur le même sujet, trouver réunis les symptômes importants de toutes les variétés de lésions cérébrales. C’est qu’en effet, si, dans quelques cas donnés, la violence extérieure produit telle lésion à l’exclusion des autres, dans d’autres cas, elle occasionne des désordres tels, que l’on trouve réunies et combinées : commotion, contusion, compression, etc.

Ce n’est pas le lieu de discuter ici la valeur de ces diverses divisions, nous y reviendrons quand le moment sera venu. — J’ai surtout voulu, en commençant ce travail, signaler les difficultés du sujet, et faire pressentir le peu de résultats fournis jusqu’à ce jour par les expériences des physiologistes.

Les lésions de l’encéphale constituent des accidents qui présentent plusieurs degrés, tant au point de vue de l’anatomie pathologique qu’au point de vue des caractères cliniques qui se rapportent plus spécialement à chacun de ces degrés.

Elles donnent lieu, dans certains cas, à une série de phénomènes particuliers, suivant que la lésion affecte telle ou telle forme.

Elles peuvent déterminer des phénomènes complexes.

Enfin, elles sont parfois suivies d’accidents consécutifs plus ou moins graves.

Je diviserai donc mon sujet en trois parties :

Première partie. — Considérations générales sur les lésions traumatiques de l'encéphale .

Deuxième partie. — Des diverses lésions traumatiques de l'encéphale, considérées en particulier (commotion, contusion et plaies contuses, compression, etc.).

Troisième partie. — Accidents consécutifs aux lésions traumatiques de l'encéphale.

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