‹ Des Lésions Viscerales De L'ImpaludismeChapitre 16 sur 28 · C. — Intestin · texte numérisé non relu

C. — Intestin

Alibert déclare avoir trouvé les intestins sphacélés dans des cas de fièvre pernicieuse. Nous n’oserions tenir ce fait pour certain, et nous pensons que l’impaludisme seul ne peut proûuire de telles lésions. Il est si fréquent de voir s’y joindre la dysentérie, que ces altérations pourraient bien être imputables à cette dernière affection.

L’entérite est moins discutable; il est commun d'observer la diarrhée dans la fièvre intermittente, c’est une diarrhée muqueuse tout d’abord. M. le professeur Jaccoud donnait le fait comme certain dans une jeçon clinique toute récente, et il ajoutait même qu’on pouvait constater une dégénérescence amyloïde de l'intestin lorsque la diarrhée muqueuse devenait séreuse. La pigmentation s’observe aussi dans les parois intestinales ; elle accompagne généralement celle des ganglions mésentériques. Les glandes duodénales sont un siège fréquent du pigment.

ET je

D. AReins.

Bien que Barthels, Botkin, Cantani aient fait observer la fréquence de la néphrite dans l’impaludisme, c’est à MM. Kelsch et Kiener que l'on doit une étude complète de cette affection. C’est dans leur travail (Altérations paludéennes du rein, Archives de physiologie 1882) que nous àvons puisé les détails qui vont suivre.

Congestion, — La congestion des reins ne se produit pas vraisemblablement à chaque accès de fièvre, comme cela a lieu pour les autres organes; il faut une irritation intense, une forme aiguë, grave de la fièvre intermittente pour amener l'hyperhémie rénale, Les accès pernicieux la produisent dans un certain nombre de cas. Si le sujet succombe à la suite d’un de ces accès, on trouve à l’autopsie des reins volumineux et colorés en rouge intense. Ils sont fermes comme à l’état normal ; leur surface est lisse; à la coupe, ilest difficile de distinguer une limite tranchée entre les rayons médullaires et le labyrinthe; ils sont uniformément bruns et ternes ; les glomérules de Malpighi seuls tranchent sur ce fond par leur couleur rouge,

Sur une préparation microscopique on} aperçoit

les tubes sécréteurs élargis dans toute leur longueur;

dans leur intérieur, l’épithélium est plus épais, brun sombre et en voie de prolifération, il est souvent limité par une bande de substance protoplas-

Ne}:

mique. Les tubes renferment dans leur intérieur différents éléments (éléments sphériques translucides; matière granuleuse brune, protoplasma de ceilules épithéliales) qui se réunissent pour former des moules cylindriques ou granuleux ou pigmentaires.

Les tubes collecteurs contiennent des moules hyalins ou granuleux, quelques-uns des thrombus de globules rouges,

Dans les glomérules ont voit une accumulation de globules muqueux sous-jacents à l’épithélium de la capsule de Bowmann tuméfié. Gà et là, un lobule, ‘une anse sont dilatés ; des anses peuvent même être déchirées et donner lieu à de petites hémorrhagies interstitielles qui refoulent le glomérule vers son pédicule. Les veines interlobulaires et celles de la zone limitante sont très dilatées; on y trouve des thromboses.

Pasd'épaississement du tissu conjonctif; la tunique adventice des gros et moyens vaisseaux est seule augmentée d'épaisseur.

A côté de cette cong'estion que MM. Kelsch et

Kiener appellent hématurique, ils décrivent une .

hyperhémie ayantune tendance à l’induration, à la sclérose. Ici, outre les hyperhémies capillaires, les thromboses veineuses, les hémorrhagies et les diapédèses, on constate une prolifération épithéliale nucléaire qui transforme ces tubes en des cylindres pleins ; la sclérose interstitielle existe déjà à un certain degré.

Enfin, l'hyperhémie peutavoir une tendance à l'hypertrophie épithéliale : alors le rein est moins ferme, plus pâle. Sa surface est lisse, rouge terne, elle est parsemée d'étoiles de Verheyen. La capsule s’enlève facilement. Sur une coupe, la surface corticale est pâle et tuméfiée ; les pyramides, au contraire, sont rouges, et les rayons médullaires élargis, sans contours nets. Substance corticale et substance médullaire sont parsemées d’un petit nombre de mouchetures brun noir. Les glomérules ont une coloration rouge vil.

Dans les tubes, on aperçoit, au microscope, les cellules épithéliales en voie deprolifération nucléaire; elles sont volumineuses. Les tubes droits etcontournés renferment des thrombus et des granulations d’origine hématique, les tubes collecteurs des globules d'aspect normal. |

Néphrites. — La néphrite paludéenne peut revêtir la forme glomérulaire ou la forme à granulations de Bright.

La néphrite glomérulaire se montre à l’état aigu dans les premiers temps de l’intoxication paludéenne, lorsque le rein est soumis à une congestion répétée qui devient permanente.

Le rein est lisse, pèse de 350 à 450 grammes. Sa capsule est épaissie et se détache difficilement ; la surface de l'organe est rouge ou gris rougeâtre. Sa consistance est un peu augmentée. La substance corticale est légèrement épaissie, Mais ce qu'il y a surtout de remarquable, c’est le volume plus grand

des glomérulesde Malpighi, qui sont, les uns injectés, les autres exsangues.

L'examen microscopique montre une capsule de Bowmann épaissie, adhérente au glomérule qui est envahi par du tissu de nouvelle formation, de sorte que tout le peloton devient fibreux et s’atrophie.

Les lésions se succèdent ensuite dans l’ordre suivant: propagation de l’inflammation aux tubes urinifères qu: diminuent de calibre, épaississement du tissu conjonctif péricapsulaire et intertubulaire.

Enfin, les tubes contournés et les tubes larges de Henle contiennent du pigment dans leur épithélium, des moules cylindriques et de la matière pigmentaire dans leur intérieur. -

Tout le réseau capillaire de la région labyrinthique est hyperhémié ; un grand nombre des tubes collec teurs des pyramides renferment des infarctus hémorrhagiques.

Quant la néphrite glomérulaire est chronique, les reins sont diminués de volume; leur surface est chagrinée ; la capsule est adhérente. La substance corticale est diminuée d'épaisseur.

La sclérose peut envahir le rein par foyers localisés, en même temps qu’elle est généralisée : alors le rein présente des dépressions et des bosselures ; des travées fibreuses relient les zones sclérosées.

La sclérose intéresse une grande partie de la substance corticale, elle envahit les tubes urinifères, mais surtout les glomérules,

Ainsi, dans la néphrite glomérulaire palustre, le

Messerer. 5

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