CHAPITRE IV LÉSIONS DE L'ENCÉPHALE
L’encéphale n’ajamais présenté d’altérations bien variées dans l’impaludisme : la congestion et la pigmentation sont ici les deux facteurs importants et presque uniques des lésions que l’on peut observer,
Congestion. — La congestion n’a rien de spécial dans l’encéphale : distension des sinus et des veines de la dure-mère, riche arborisation vasculaire sur la pie-mère épaissie ; circonvolutions cérébrales tendant à faire hernie à la section des méninges ; substance grise teintée de rouge sombre, écoulement abondant de sang à la coupe des vaisseaux. Daus les cas de congestion répétée, on peut trouver les parois vasculaires épaissies,
La congestion des formes graves de la fièvre paludéenne, des accès pernicieux, a des effets plus intenses, bien qu’elle ne produise pas d’altérations de’ la substance cérébrale. Témoin tous ces cas de fièvres pernicieuse, comaleuse, délirante, ete., où la compression excentrique produite par l’hyperhémie joue certainement un certain rôle à côté de celui du pigment.
Après les congestions se placent les Aydropisies, qui peuvent les compliquer : hydropisies des méninges (sus-arachnoïdiennes, sous dure-mèriennes), des ventricules. Ces épanchements signalés par Albert, par Portal, Andral, Gavarret, Dance, Catteloup sant une lésion dépendant de la cachexie ou au moins de l’anémie palusire ; elles se produisent dans un organisme débilité, à sang très altéré dans sa composition. Catteloup ajoute à ces hydropisies une infiltration œdémateuse de la substance cérébrale, notée également par Griesinger dans les fièvres pernicieuses.
Alibert signale de son côté comme iésions cadavériques des épanchements entre la dure-mère et lParachnoïde, une désvrganisation à la partie moyenne postérieure et inférieure du cervelet, près de l’'éminence vermiculaire. M. L. Colin, dans son Traité des fièvres intermittentes, signale deux cas de péri-encéphalite diffuse aiguë avec turgescence du cerveau. Pour lui « cette apparence inflammatoire s’observe même dans les fièvres algides, quand l'individu est à organisation riche, à peine intoxiqué ; au contraire, quand l’accès pernicieux tue un cacheclique, il y a une pâleur réeile de la substance cérébrale. »
Ouradou (Thèse de Paris 1851), qui aobservé plusieurs cas de paralysie dansles fièvres intermittentes, rapporle dans une de ses observations (obs. IT) l'autopsie suivante : sinus de la dure-mère gorgés d'un sang noir et poisseux ; les petits vaisseaux qui
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rampent dans l'épaisseur des méninges cérébrales, violemment congestionnés, laissaient couler à l’incision le sang qui les avait distendus ; la substance grise offrait une teinte rougeâtre, les coupes du cerveau présentaient cet aspect sablé que l'on regarde comme le signe évident de la congestion, et laissaient perler de toutes parts de petites gouttelettes de sang. Deux cuillerées au moîns de sérosité rougeûtre distendaient les ventricules cérébraux.
Pigmentation. -- Elle s’observe dans les manifestations qui procèdent par accès; son existence est passagère et le pigment disparaît après l’accès.
Le pigment mélanique est inclus dans les vaisseaux ; il siège particulièrement dans ceux de la base et de la substance corticale. A propos du foie, nous avons longuement parlé du pigment et des formes sous lesquelles on le trouve ; toutes ces observations s'appliquent également ici (obs. XV).
On attribue généralement à la présence du pigment dans les vaisseaux cérébraux les manifestations des formes anormales de la fièvre. Frappé de cette relation, M. Maillot appliquait aux fièvres intermittentes la dénomination d’irritations cérébro-spinales.
C'est au pigment que l’on rapporte les embolies, les foyers apoplectiques, les anévrysmes capillaires, les hémorrhagies que l’on a trouvés dans les accès pernicieux. On a même signalé des points de ramollissement; en un mot, les corpuscules pigmen-