CHAPITRE XXIV
Liste générale des Elus depuis la Ligue, et jetons personnels.
L'histoire de nos libertés et franchises est esquissée assez largement, ce semble, dans les documents qui précèdent : les faits parlent d'eux-mêmes et peuvent se passer d'épilogue. Ce chapitre n'ajoutera donc rien au fond de cette étude*, cependant n'aurait-elle pas, extérieurement au moins, un cachet d'authenticité de plus, si à la suite nous mettions, comme autant de signatures, les noms de tous les Elus depuis la Ligue, et l'empreinte de tous leurs jetons personnels? Après l'histoire
générale viendrait l'histoire anecdotique ; il y aurait quelque attrait à surprendre en déshabillé nos vieux Bourguignons et les grains de sel qu'ils jetaient por iqui por ilai; mais je dépasserais les bornes qui me sont données, si je me laissais aller à cette causerie. Je ne ferai qu'une simple liste des noms propres à côté desquels se trouvera le jeton personnel, quand il m'aura été possible de le découvrir.
Si les Elus, les Députés des Comptes, les Alcades, si tous ceux qui avaient droit aux jetons triennaux avaient perpétué par une médaille commémorative le souvenir de leur passage aux affaires, j'aurais un véritable armoriai à offrir aux lecteurs*, mais le jeton personnel n'était pas obligatoire. Si l'un trouvait quelque plaisir à étaler sur ses tapis, à distribuer à ses connaissances, à léguer à ses descendants des bourses de jetons, portant avec ses armes celles de la province et la désignation de l'époque où il l'avait représentée; l'autre n'y attachait pas d'importance. Aussi, rien n'est plus irrégulier que la série des jetons personnels, il n'y a même aucune triennalité qui offre la collection complète de ces médailles privées. Tantôt il y en a quatre ou cinq, tantôt une seule ou pas du tout. Quelquefois c'est l'Elu noble qu'on retrouve, avec ou sans ses collègues-, une autre fois c'est un Alcade, un membre de la Chambre des Comptes qui avait ses repré-
sentants dans celle des Elus généraux, un secrétaire, un intendant : le caprice a présidé à ces origines. Nous donnons la liste complète des Elus des Ordres en l'illustrant comme nous pouvons. *
Inutile de reproduire le jeton de M. Le Gouz, avocat du fisc pendant la Ligue ; voyez-le à la page 78. Depuis cette époque jusqu'en 1622, on ne trouve aucun jeton personnel ; ce n'est pas dire qu'il n'en existe point. Voici par triennalité la liste des Elus : *
1° Dijon. — Elus ligueurs : l'abbé de Citeaux et en son absence Bégat, chanoine de la Ste-Chapelle -, — Antoine Du Bled, baron d'Uxelle; — Thomas Germinot, avocat d'Avallon. Dans cette Chambre on comptait encore entre autres Jachiet et Jacques Laverne.
2° Semur. — Elus royalistes : l'abbé d'Ogny -, — de Cypierre; — Filzjean. M. Fyot faisait partie de cette Chambre avec le titre de Vicomte-Maieur de Dijon.
JANVIEB 1596.
Elus : Pierre Saulnier, évêque d'Autun ; le mar-
1 II ne faut pas oublier que la date de chaque triennalité exprime l'année de l'ouverture des Etats, le point de départ de la triennalité pendant laquelle on frappait les jetons. Il ne faut donc pas s'étonner des différences de une à trois années que portent les jetons. .
quis de Mirebeau, Jacques Chabot, pour la Noblesse, et pour le Tiers, Jacques Guijon, Vierg d'Autun.
Elus : pour le Clergé, Edme de Lacroix, abbé de Citeaux ; pour la Noblesse, Jean Damas, baron de Chaudenet etc., et pour le Tiers, Bernardin Brunet, avocat, maire de la ville de Beaune, lequel fut remplacé par de Lamare.
Elus : 1° Frémyot, abbé de St- Etienne de Dijon, en sa qualité de doyen de Saulieu ; — 2° Edme de Rochefort, bailli d'Autun et lieutenant-général du Nivernais ; — 3° Chrétien de Macheco, maire de Nuits.
Elus : l°CyrusdeThiard,évêquedeChalon-, — 2° Henri de Bauffremont, baron de Sennecey -, — 3° Jean Bernier, contrôleur au grenier à sel de Saint-Jean-de-Lône.
Elus : 1° Nicolas Boucherat, abbé et chef de l'Ordre de Citeaux -, — 2° François de la Madeleine, seigneur de Ragny, conseiller d'Etat ; — 3° Jacques de Macie, avocat à Chalon et maire de cette ville.
Elus : 1° Bernardon, doyen de la Ste-Chapelle; — 2° F. de Damas, baron de Thiange-, — 3° Charles Espiard,
conseiller du roi, lieutenant - criminel au bailliage d'Auxois, Maieur de Semur.
Elus : 1" Cyrus de Thiard, conseiller du roi, évoque
de Chalon -, — 2° Kdme de la Bochefort, bailli d'Autun ;
— 3° Jean Vaussin, maire de Montbard.
Elus : 1° Nicolas Boucherat, abbé de Citeaux ; —
2° Claude de Saulx, comte de Beaumont et de Tavannes ;
— 3° Jacques de Clugny, sieur de Perjouan, avocat et juge en la prévôté royale d'A vallon.
Elus : 1* Philippe Baillet, doyen de l'église Notre- Dame de Beaune; — 2° Jacques Palatin de Dyo, seigneur de Monlperroux ; — 3° François de Gissey, conseiller du roi, lieutenant-général de la chancellerie de Châtillon et maire de cette ville. J'ai trouvé le jeton du doyen de Beaune et celui du maire de Châtillon. Même revers.
r Philippe Baillet : il portait d'argent, à trois char-
dons de gueules, feuilles et soutenus de sinople. Ce Philippe Baillet fut d'abord conseiller du roi, maître ordinaire en sa Chambre des Comptes -, il avait succédé à Bénigne Pouffier, fondateur de l'Académie de Dijon. 11 résigna en 1615, embrassa l'état ecclésiastique, devint doyen de la Collégiale de Beaune et fut Elu du Clergé en 1 622. 11 conserva toujours une affection particulière pour la Chambre des Comptes, dont il avait été membre. Il ne voulut point partir pour le voyage d'honneur sans avoir pris congé de cette compagnie. « Messire Philippe » Baillet, disent les registres, en la diée du samedi » 18 février 1623, Eslu de l'Eglise en la présente trien- » nalité et cy-devant Maistre des Comptes céans, ayant » demandé entrée, après avoir pris place au bureau, après » deux de messieurs les Maistres de ceste à sénestre, a » dit que lui et les autres Eslus debvoient partir pour aller » trouver Sa Majesté, et a fait offre de services. » Ces quelques mots indiquent le cérémonial observé à l'égard d'un ancien confrère.
2° François de Gissey : il portait trois flambeaux sur-
montés d'autant d'étoiles avec la devise : a coelolux me a.
Elus : 1° Claude de la Madelaine, évéque d'Àutun, auquel on substitua en cas de mort Jacques de Neuchèze, évoque de Chalon -, — 2° Charles de Saulx , baron de Tavannes-, — 3* Philibert d'Escrots, lieutenant-général au bailliage d'Autun et Vierg de cette ville.
Elus : 1° Blondeau, abbé commendataire de l'abbaye d'Ogny, et en cas de mort, Espiard, abbé commendataire de St-Pierre de Chalon •, — 2° Henri de Saulx, marquis de Mirebeau, et en son absence, Jean de La Palus, baron de Bouligneux ; — 3° Guillaume de Lamare, conseiller du roi, trésorier de France, demeurant à Beaune.
11 y eut une assemblée ordinaire en 1632, et en 1633 une assemblée extraordinaire*, les Elus de 1632 restèrent à la Chambre jusqu'en 1636; c'étaient, pour le Clergé, Jean Baillet, doyen de la Ste-Chapelle de Dijon ; pour la Noblesse, Hercule de Vilers-la-Faye; et pour le Tiers, Jacques Morin, conseiller du roi, grenetier au grenier à sel de Nuits. Le doyen de la Ste-Chapelle fit graver le jeton blasonné à la triennalité de 1622, en prenant le revers ique Ton trouve à la page 55.
Le chef de cette famille était Jacques Baillet, conseiller du roi en ses conseils, et son avocat général en la Chambre des Comptes, 1554. On trouve encore une autre manière de blasonner pour certains membres : d'argent, à trois chardons de sinople fleuris de gueules. II est probable que cette forme était celle adoptée par Jean Baillet, dont il est ici mention. La devise se rapportait aux chardons: