EP
Ogssenvation LVIII
Le même (Zbidem).
Fille de 6 ans, idiote. Pas d'antécédents héréditaires. Tumeurs symétriques au cou. Mort au bout d’un mois. Autopsie : lobes antérieurs du cerveau non développés. Aucune trace de la glande thyroïde. Les tumeurs sont des amas graisseux sans capsule
d’enveloppe.
OBsEeRvATION LIX
Bouju (Thèse de Paris).
Homme de 52 ans. Père alcoolique. Mère rhumatisante. Antécédents personnels : migraines, calvitie, amaurose, diplopie passagère. Actuellement tabès. À 28 ans, apparaît une tumeur à la nuque ; puis collier de lipomes au cou, lipomes symétriques à la nuque, à l’omoplate, à la douzième vertèbre dorsale ; plusieurs au thorax, aux épaules, aux bras, au pli da coude, toujours symétriques; grosse tumeur médiane s'étendant depuis l’apophyse xyphoïde au pubis ; deux masses au niveau de l'anneau inguinal ; deux au niveau du triangle de Scarpa. Rien aux jambes. En résumé 31 tumeurs symétriques présentant tous les caractères du lipome.
Ogsenvarion LX M. Rendu (Société médicale des hôpitaux, 25 mars 1892). Homme de 51 ans, journalier, après plusieurs attaques de rhu-
matisme, voit pousser sur son corps de nombreux lipomes aux membres supérieurs et inférieurs.
Ossenvarion LXI M. Antony (Société médicale des hôpitaux, 18 mars 1892)
Soldat de 45 ans, entré au Val-de-Grâce pour fièvres intermittentes et bronchites.
- Antécédents : Blennorrhagie, paludisme, alcoolisme, œdème des membres inférieurs et troubles gastriques ; plusieurs attaques de sciatique ; arthrite sèche du genou; athérome artériel ; varices.
Nombreux lipomes symétriques à la moitié inférieure du tronc, aux avant-bras, aux cuisses. Plaques lipomateuses symétriques aux plis fessiers. Les tumeurs ont commencé à se montrer à l’âge de 18 ans, avant aucune des nombreuses maladies postérieures.
Une tumeur extirpée a montré la structure du lipome.
Osservarion LXII
Riedei (72 Deulsche Chirurgie de Koenig, livraison 36)
Homme de 63 ans, tumeurs multiples, symétriques, au cou, à
la nuque, dans les fosses sus-claviculaires.
OgsservaTion LXIII
Hennigsen (Beiträge zur slatistic der Fettgeschwülste. Dissert. inaug. Kiel, 1888)
Homme de 50 ans, forgeron. Syphilitique, alcoolique. Lipomes symétriques au ventre, au cou, à la nuque, aux bras, au dos.
Peau remarquablement sèche el peu velue.
Ossgnvarion LXIV
Buchterkirch und Bumke (Berliner Klinische Wochentschrifl, 1887, p. 634).
Charles R..., ouvrier, âgé de 56 ans, toujours bien portant, tombe le 13 avril 1886 de la hauteur de 4 mètres 1/2. Perte de connaissance courte, pas de relächement des sphincters, perte de sensibilité et motilité dans les membres inférieurs.
Sous les yeux des médecins traitants se développe en peu de jours une série de lipomes symétriques. En même temps on remarque une diminution de l’acuité visuelle et auditive. Le malade se plaint de douleurs dans la région lombo-sacrée et du peu d’assurance de sa démarche.
Etat actuel : Le patient est un homme assez vigoureux et bien nourri. Dans la région épigastrique on trouve une tumeur lobulée molle, bien délimitable à la palpation, mesurant 10 centimètres de hauteur sur 19,5 de largeur. Dans la région hypogastrique on trouve deux tumeurs identiques séparées par la ligne blanche. Dans la région sacro-lombaire de chaque côté de la colonne vertébrale, trois tumeurs, dont le développement n’est pourtant pas égal.
L'expression du visage est mélancolique, maladive: les pupilles sont contractées ; les paupières sont le siège d’un tremblement vibratoire. L’acuité visuelle et auditive est considérablement diminuée. Les autres sens normaux. Pas de troubles d'intelli- gence. La démarche n’est pas sûre. Le malade se traîne les Jambes écartées et tremblantes et le tronc penché en avant. La sensibilité et le sens musculaire sont très diminués dans les
Jambes. La contractilité électrique est normale. Le réflexe patel-
Oh
laire est des deux côlé vorhanden. Pression douloureuse au niveau de l'estomac, rien d'anormal dans les viscères.
Plus tard se sont développées encore d'autres tumeurs aux clavicules, dans la fosse sus-épineuse et dans l’intérieur du muscle delloïde (incision).
OBsERvATION LXV
Rosenstirn (On lipoma of the tongue ; mulliple symérical lypomala and their etiology. Medical record N. Y, 1893, page 385- 389).
Jeune homme de 31 ans, bien portant. Rien dans les antécédents, excepté une scarlatine.
En août 1888, le malade a remarqué une excroissance sur sa langue occasionnant une certaine difficulté de déglutition: Il se présente à mon examen en décembre 1888. C'est un homme mince, ayant bonne mine, toutefois 2/ transpire énormément au moindre propos.La sécrétion sudorale est surtout exagéréeaux aisselles. L'examen des organes thoraciques et abdominaux n'a relevé rien d’anormal. L'examen de la langue a montré à sa base du côté droit, une tumeur de la grosseur d’une noix, de consistance mollasse, pseudo-fluctuante. Diagnostic : lipome de la langue. L’extirpation est faite avec l’anse galvanique, à l’aide de l’anesthésie cocaïnique.
Quelques semaines plus tard, le malade est venu me montrer une tumeur apparue sur son bras gauche de la grosseur d'un œuf de poule. Extirpation le 13 janvier. Guérison par première intention.
A la fin du mois de mars, le malade revient encore avec une tumeur de la grosseur d’une noix située dans un endroit exactement pareil, mais sur le bras droit, Extirpation le 26 avril.
Au microscope, toutes les trois tumeurs ont montré la structure ordinaire du lipome. | - Pas d'autre tumeur jusqu’au mois d'août 1892. Ea janvier
1893, le malade meurt de tuberculose aiguë.
Ogservarion LXVI
Le même (bidem).
R. B..., nègre de 53 ans, cuisinier,
Il y a7 ans, il a été obligé d'abandonner sa profession à cause de sa maladie; il est occupé maintenant à vider les latripes publiques.
À part un chancre induré contracté dans la jeunesse, rien à relever dans les antécédents. Le malade a des habitudes d’ivrognerie.
Les tumeurs ont commencé à paraître d’abord sur la nuque, sur la ligne médiane. Ensuite sur la face interne des cuisses, puis sur les bras, poitrine, jambes et sur le bord de la mâchoire inférieure; en arrière des apophyses mastoïdes, sur la ligne médiane au-dessous de l’apophyse xyphoïde (grosseur d'un poing), un lipome au-dessous de l’épine de l’omoplate, un de chaque côté de la ligne médiane aux lombes, un dans chacune des régions anléro-internes de la cuisse, depuis le pubis jusqu’à la limite inférieure du scrotum (23 centimètres de longueur à droite, 33 centimètres à gauche).
La notoriété dont jouit le malade à cause de sa difformité paraît flatter son amour-propre. Les tumeurs ne le gênent pas, sauf celle du creux épigastrique qui cause un peu de gêne de la respiration. Malheureusement le malade est tellement avare de sa peau qu'il ne consent même pas au petit sacrifice nécessaire pour faire l'examen histologique. J'ai cependant réussi à faire sur lui une
série d'expériences en vue de la théorie de Grosch sur l’origine de ces tumeurs. Pour obtenir son consentement, j'ai malheureusement dù lui faire espérer un effet salutaire de ces expériences sur la marche des tumeurs. Ayant pratiqué une série d’injections sous-cutanées de pilocarpine, j'ai toujours trouvé que pendant que tout le corps du malade était en sueur, seul la peau recouvrant les lipomes était sèche. Voici les détails de mes expériences :
30 juin 1893. — A 10 h. 20 du matin, injection de 3 centigrammes de chlorhydrate de pilocarpine ; à 10 h. 21 commence la salivation ; à 10 h. 23, transpiration sur l’occiput ; 10 h. 24 le visage transpire en profusion à l'exception des points occupés par les lipomes ; 10 h. 26 les épaules sont couvertes de sueurs, les endroits occupés par les lipomes sont secs ; 10 h. 28 transpiration presque générale, mais absente ow peu marquée sur toutes les places occupées par les tumeurs.
7 juillet 1893. — A 9 h. 45 injection de 15 milligrammes de chlorhydrate de pilocarpine ; 10 h. 3 seconde injection de 15 milligrammes ; 10 h. 7 transpiration sur les tempes ; 10 h. 8 transpiration sur toute la tête; 10 h. 9 transpiration sur les épaules ; 10 h. 9 transpiralion sur la poitrine ; 10 h. 10 transpiration sur la face et l’abdomen ; 10 h. 11 la peau est sèche au niveau des tumeurs cervicales ; 10 h. 12 les cuisses sont humides, excepté . dans les parties occupées par les tumeurs ; 10 h. 15 tout le dos est baigné de sueur, sauf sur les tumeurs lombaires ; 40 h. 20 la transpiration s'arrête.
J'ai présenté le malade aux membres de San Francisco Country médical Sociely dans la séance du 13 juin et j'ai montré les résultats d'injection de deux centigrammes de pilocarpine dans la
séance suivante, le 11 juillet.