‹ Des Lipomes SymétriquesChapitre 19 sur 20 · RES RES · texte numérisé non relu

RES RES

de tumeurs symétriques : cinq sur chaque avant-bras et plusieurs aux cuisses. Pas d’antécédenis personnels dignes d’être notés.

A l’âge de 95 ans, à la suite d’un travail forcé (le malade est occupé à puiser l’eau sur les barques), sans aucune douleur, ni autre phénomène, apparurent sur les deux avant-bras, puis sur le dos et cuisses des tumeurs multiples.

Etat actuel. — Sur les avant-bras, les tumeurs sont développées exclusivement sur la face antérieure très près des bords. Deux amas se trouvent symétriquement de chaque côté de 1 colonne vertébrale dans la région. A droite, une chaine de petites tumeurs va de la grosse masse lipomateuse droite jusqu’à l’'ombilic. Aux fesses, le tissu graisseux est très abondant.

Deux chaînes de tumeurs grosses, comme une pomme, suivent la face antérieure de la cuisse depuis l’épine iliaque antéro-supérieure jusqu’au genou. Quelques tumeurs isolées existent sur la face postérieure de la cuisse. La sensibilité de la peau a été

trouvée normale partout.

OBsenvaTION LXXVIII

Par le même (Zbidem).

Homme de 56 ans. Pas d’antécédents. Il présente les tumeurs suivantes :

1° Deux derrière les oreilles ;

2° Deux sur chaque épaule ;

3° Une sur l’omoplate gauche ;

4 Deux aux bras. /

À la demande du malade, la tumeur du dos a été enlevée et

reconnue à l’examen pour un lipome vulgaire.

OgservaTIon LXXIX

M. Tcherkassoff. Wratchebnia Zapiski et Médecine moderne, 23 mars 1895.

Lipomatose symétrique dans le tabès.

Il s’agit d'un malade qui a eu il y a 6 ans des douleurs fulguranles dans les membres inférieurs et de la paresthésie. Ces phénomènes disparurent après une durée de 2 ans, mais à leur suite se montrèrent sur des points symétriques des deux avantbras des petites tumeurs lipomateuses qui apparurent simultanément sur les deux membres. Ces tumeurs qui augmentèrent de volume d’abord progressivement restaient ensuile stationnaires. Des tumeurs analogues se sont développées aux lombes et aux cuisses.

Il y a deux ans se montra une diplopie de courte durée. Depuis cinq mois est survenue l’incoordination des mouvements des membres inférieurs. A l'examen du malade on consiate, outre les signes principaux du tabès, la présence d’une série de lipomes disposés symétriquement sur les avant-bras du côté de la flexion, sur le trajet du nerf cubital surtout, quelques uns aussi le long du nerf radial.

Ces tumeurs au nombre de 12 sur l’avant-bras droit, de 10 sur javant-bras gauche, étaient d’un volume qui variait de celui d'une noisette à celui d’un œuf de pigeon. Des tumeurs analogues se trouvaient aussi au niveau des dernières côtes, une de chaque côté et sur la partie moyenne de la face antérieure des cuisses.

La coïncidence du début de la lipomatose avec les douleurs fulgurantes fait allacher celte lipomatose à l’ataxie locomotrice, dont elle ne serait qu’an des troubles trophiques, au même titre que les arthropathies, etc. L'hypothèse de l'origine nerveuse de

= 63 — cette lipomatose est corroborée par ce fait que les tumeurs sui-

vaient nettement le trajet des nerfs.

OgservarTION LXXX

M. Mathieu. Société mélicale des hôpitaux, 22 mars 1895. Tabès, arthropathie, pseudo-lipome.

Une malade atteinte depuis deux ans de tabès manifeste a présenté une arthropathie labélique classique du genou droit. Du même côté on trouve un pseudo-lipome à la parlie supérieure de la cuisse droite, et un autre plus petit au-dessus de la rotule. Ce fait semble bien démontrer l’origine névropathique du pseudolipome. De plus la malade présente sur toute l'étendue de la cuisse et de la jambe un épaississement éléphantiasique des téguments. Des faits analogues ont été signalés dans diverses affections nerveuses par Marie et Brissaud. Le pseudo-lipome, cette forme d’éléphantiasis, l’æœdème névropathique forment ainsi une série

pathologique de troubles trophiques de même nature.

Ogservarion LXXXI

M. Thibierge. Société médicale des hôpitaux, 27 avrii 1894 et 22 mars 1895, Pseudo-éléphantiasis névropathique du membre supérieur (lipome diffus). Autopsie : cancer du cerveau.

Malade de 37 ans, très nerveuse, ayant eu dans les années qui ont suivi l'apparition de ses règles des attaques convulsives avec perte de connaissance. En dehors de ces accidents, rien jusqu’au mois de janvier 1893, époque à laquelle, sans cause connue, sans douleur préalable, une tuméfaction se produisit sur le dos des mains, pour s’élendre progressivement el rapidement à toul le

membre supérieur gauche. Ensuite après de fréquents maux

2 red

de tête, paralysie faciale brusque, avec impossibilité de parler pendant 4 heures, sans perle de connaissance ni parésie musculaire.

Mort el autopsie au bout d'un an. La malade a succombé à un cancer du cerveau. L’æœdème du membre supérieur ne s'expliquait par aucun trouble circulatoire, les artères et les veines étaient absolument saines. Il-n’y avait donc pas de thrombose. Ce n’était pas non plus un œdème hystérique, car au microscope on constatait non pas un œdème véritable mais une sorte de pseudolipome diffus. Tout le tissu conjonctif sous-cutané et inter-mus-

culaire élait infiltré de graisse.

OBsEervaATION LXXXII

D: Fritz Langer (Miliheilungen ausder Klinik des Hofraths Bullroth. Langenbeck's Archiv. fur Chir., 1893, t. 46).

Paysan de 36 ans. Pas d’antécédents. Pannicule adipeux partout bien développé. Lipomes multiples, symétriques à la nuque ; collier au cou; lipomes, vertèbres dorsales; au dos, aux mamelles, au pubis. Le malade est opéré sur sa demande. Dans la suite opé-

raloire nous relevons la gangrène du lambeau cutané au pénis.

OBsERvATION LXXXIIL rs

Le même (Zbidem).

Femme de 55 ans, bonne. Douleurs lombaires. Depuis 6 ans éruption des lipomes, d’abord aux épaules, ensuite à la nuque.

Actuellement les épaules, les régions sus-claviculaires, les omoplates sont enveloppées d’un seul manteau graisseux, descendant jusqu’à la partie moyenne des bras; tumeur médiane àla nuque. L'abdomen, les cuisses sont le siège de lipomes diffus symétriques.

OsservarTion LXXXIV

Le même (Zbidem).

Homme de 45 ans. Rien dans les antécédents.

[y a 4 ans se développent deux tumeurs symétriques au cou ; ces Lumeurs auraient disparu à un moment donné, mais reparurent bientôt et se sont accrues rapidement. Ensuite apparaissent les lipomes derrière les oreilles, aux épaules et bras. Extirpation de la tumeur cervicale.

OgsEeRvaTION LXXXV

Le même (Zbidem).

Homme de 46 ans. Alcoolique. Il y a 3 ans apparurent les lipomes d’abord à droite ; leur apparition était accompagnée des douleurs violentes. Actuellement on trouve : quatre lipomes circons-

‘crits, disposés en croix obliques à la nuque; deux au bras ; une

couche graisseuse hypertrophique à l’hypogastre. Extirpation.

OgservaTionN LXXXVI

Le même (/bidem).

Homme de 34 ans, entré pour uneotite moyenne qui était accompagnée d’un phlegmon carotidien et a nécessité la trépanation de l’apophyse mastoïde. Les premiers lipomes ont apparu il y a 3 ans, derrière les oreilles. Actuellement on en trouve au cou, à l’abdo-

men. Le malade est alcoolique.

OgsEenvaTION LXXX VII

Le même (Jbidem).

Homme de 49 ans. Peintre, Pas d’antécédents. Léger alcoolisme. Les tumeurs ont débuté symétriquement sous le menton. Depuis 1893. Le malade est atieint de sécrétion sudorale exugérée, même quand à est au repos.

La disposition des lipomes est absolument identique à celle observée chez la femme de l'observation LXXXIII.

OssgnvarTion LXXX VIII

Stoll (Beiträge zur Chirurgie von Bruns, 1892, p. 609).

Homme de 51 ans, économe. Depuis deux ans lipomatose symétrique : d’abord à la nuque, ensuite dans la région sous-maxillaire et carotidienne. Extirpation.

A l’examea histologique : lipome lobulé.

OgsEervarion LXXXIX

Stoll (Zoco cit.).

Homme de 33 ans, commerçant. Sa mère porte depuis dix ans une douleur non douloureuse à l'épaule. Son oncle a également depuis longtemps plusieurs tumeurs non douloureuses disposées comme chez notre malade. Depuis deux ans, est apparu une tumeur à la nuque du côté gauche, suivie bientôt d'une tumeur semblable à droite, les tumeurs ne causaienl aucune gêne et ! augmentaient lentement. Extirpation au bistouri. A l'examen histologique, petit lipome diffus.

Nr

Deux ans et demi après, le malade revient encore pour une nouvelle tumeur de la grosseur d’un œuf de poule au cou.

Celte tumeur est également enlevée.

OpservaTION XC ( inédite).

Je dois la rédaction de cette observation à l’obligeance de M. Elias, externe du service.

Le 1° avril 1895 entre dans le service de M. Gérard-Marchant une femme, âgée de 50 ans, présentant quatre tumeurs, deux à la face interne des genoux, deux aux fesses. L'évolution de ces tumeurs a ététrès lente, il ya 8 ans que la première fit son apparition au genou gauche, et six mois après, le genou du côlé droit fut pris à son tour. Ce n’est que trois ans plus tard qu’apparurent en même temps les tumeurs des deux fesses. Si l’on examine actuellement les tumeurs, on trouve aux deux genoux que les tumeurs sont identiques, la face interne des genoux est soulevée par une tumeur allongée de 15 centimètres de longueur, s'étendant transversalement depuis le bord interne de la rotule, jusqu'aux vaisseaux poplités qui ne sont pas cachés et qu’on peut sentir en dehors de Ja tumeur. Celle-ci est divisée en deux par un sillon transversal, sillon correspondant à un pli de flexion ; la peau qui la recouvre est rosée, sillonnée de nombreuses veinules, elle paraît adhérente aux parties profondes. La consistance de la tumeur est pâteuse, pseudo-fluctuante. A la fesse gauche une tumeur aplatie, allongée transversalement, mesurant 15 centimètres de hauteur sur 16 de longueur. Elle s'étend depuis l'épine iliaque antéro-supérieure jusqu’au grand trochanter. La tumeur est de consistance pâteuse mais plus molle que celle des genoux; elle est recouverte d'une peau très chargée de graisse. A la face droite la tumeur est située plus bas ; immédiatement au-dessous du graad trochanter, elle

ee mesure une hauteur de 13 centimèlres sur 15 centimètres de largewr. En outre la peau des cuisses et des jambes est infiltrée de graisse. | La consistanes molle de ces tumeurs avec une pseudo-fluctuation, le siège superficiel sous-cutané, l'absence d'adhérences svec les parties profondes, l'absence de troubles fonctionnels, la conservation d'un hon était général, ne laissent aucun doute sur la nature de ces tumeurs ; ce sont des tumeurs bénignes, graisseu-

ses : des lipomes. Mais ce qui frappe dans leur disposition c’est

leur multiplicité et leur symétrie. ,

La malade présente des troubles nerveux variés. Nous apprenons qu'à 1$ ans elle a eu la syphilis, qu’en outre depuis très longtemps elle est alenolique; deux facteurs importants dans r'étialagie des lésions nerveuses. En 1890 la malade a des troubles oculaires ; amaurose, diplopie, des troubles de la marche. A la mème époque correspondant avec l'apparition des lipomes aux fesses, la malade à une perte complète du sens génital contrestantavec un état d’excitation antérieure. Cetie frigidité peut être comparée à ce que Fournier a décrit dans les prodromes du tabes.

Enfin en 1892 la malade ressent des douleurs vives, fulgurantes presque, le long du crural. Ces douleurs plus marquées du côlé gauche survensient une dizaine de fois par jour, elles étaient tellement violentes qu'elles forgaient la malade à s'accouder au mur pour ne pes tomber. Depuis ces sympiômes se sont amendés ; cependant il persiste encore du myosis avec rétrécissement du champ visuel ; ls sensibilité est émoussée aux membres infsneurs, les réflexes rotuliens soni exagéré

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