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VOILA que, df-s Ips promifrcs ligne-., mon titre me gêne un peu, et qu'il me faut l'expliquer pour rae débarrasser une bonne fois des malentendus qu'il comporte. Jleip-fiens dogmatique, trop solemiel , iâ\^}é '.lIp' pff(lâiilfwë.i' soupçoii^ dlÉ.*.aÉc]jiiHf . 'Od me va pr^uiçe^di'vouloi h'rfÉtlqfs'jtlfiâ'd'n' lusions habiles aux nou-
veautés de l'heure présente, un avis agréable aux libraires de toutes catégories. Même pourrat-on supposer que la préoccupation personnelle me guidera dans mes digressions, et que plus volontiers j'enverrai le lecteur aux officines où dorment mes œuvres complètes. Ce serait se tromper que de trouver tant de choses dans ce titre. L'idée m'est simplement venue de généraliser, de formuler dans un opuscule sans prétention les lois courantes de la bibliophilie moder- • ne ; c'est une intention et rien de plus, point une leçon doctrinale sûrement, ni l'ukase sine quo non d'un professeur en chaire.
Sur plusieurs points notre siècle est une amplification, un agrandissement du siècle dernier. Nous avçns^él^rgi le;CQtCÏ!î des opérations de la
rue Qm'tf(?aj*iik)ix***eh fg!it de finances; en poli- • • • • •••• t* •
tique, nous* 'ayoôî'ibiffiVé les desiderata anciens;
en philosopliie jciojis:Jl4Î3sÇns les encyclopédistes loin derrière.: -Et, "yoïîr' parler de choses moins sérieuses, quelle distance entre nos amoureux modernes du livre, nos collectionneurs frénétiques, et les fermiers généraux d'avant, retenus.
compassés, presque timides ! La passion éminemment française de former des bibliothèques n'est plus chez nous l'apanage des lettrés ou des désœuvrés, c'est un sport qui tend à se répandre, comme celui des courses de chevaux ou celui de l'escrime.
Il serait utile, sinon d'enraver le mouvement excellent en soi, au moins de lui donner une direction rationnelle, basée sur l'expérience. Bien que pénétré de cette opinion éclectique résultant d'obser\'ations nombreuses , que tout est bon à collectionner, et que les objets les plus futiles d'apparence ont ou auront leur heure d'engouement, nous jugeons en toute humilité et franchise l'instant propice de ramener les exaltés à la saine appréciation. C'est aux amoureux du livre que je veux m'adresser, à ceux qui amassent pour jouir, pour satisfaire un sens, et non aux bibliophiles maniaques ou thésauriseurs , plus occupés de finances que de littérature ou d'art. Par sa nature mèmc^ sa diffusion quotidienne, le livre du jour est pour le chasseur une proie facile; la tentation est grande de ne rien
laisser passer de ce qui paraît, quand on n'a qu'à vouloir pour avoir. Les « chercheurs de vieux » bénéficient de la rareté des offres, ils ont loisir de mettre un peu de réflexion sur leur feu. Au contraire, les autres, sollicités par les catalogues, pressés d'être les premiers sur les rangs, se jettent tête basse, acceptent bon ou mauvais, et souvent, en dépit de leurs « Japons » ou de leurs « Chines » enclosent précieusement les pires misères qui se voient.
Il faudrait un grand tact et le jugement sûr pour ne s'égarer pas en pareille matière, d'autant qu'il est très difficile de donner sur le sujet des lois immuables. Les curieux du livre proscrivent aujourd'hui de la pratique courante les caractères elzéviriens, avec la même hauteur qu'ils mettaient naguère à les louer, à les proclamer inimitables. La mode est à l'impression Didot, large, bien écrite, agréable. Voilà donc qu'il est passé dans le monde spécial des collectionneurs de faire la moue aux impressions maigres, et de sourire gentiment aux grasses. La vérité n'est point intransigeante ; elle prend en
chaque chose le bon qu'elle y trouve, et s'il est sage de ne pas s'exagérer lés mérites du vieux type de Leyde, souvent employé hors de propos, un peu malingre aussi, il serait peut-être naïf de proscrire un beau livre ouvré de la sorte, quand il est habillé de vignettes délicates, soigné comme texte, et méritant à tous les autres points de vue.
L'amoureux du livre n'a guère de buisson tout fait, il quête à la façon des vieux veneurs qui ne prennent point le contrepied et ne s'embarquent pas sur un marcassin. Son gibier est de tout poil, pourvu qu'il soit en bon point et vaille la peine. Rien ne l'émeut de ce qui tourmente les novices. Une prend pas un elzévir sur ce que l'éditeur lui aura assuré que « les tirages blonds sont préférables », phrase charmante à mettre tout près de l'annonce célèbre du chocolat, (( le seul qui blanchisse en vieillissant » ; mais s'il en trouve de bien timbrés, de délicatement historiés, il n'hésitera pas, parce qu'elzévirs. Réciproquement le Didot ne lui en imposera pas, et il le saura refuser, quoique Didot, si la mise en œuvre laisse à désirer.
Une fois le choix arrêté, la belle pièce habillée de sa reliure, il ne la condamnera pas au repos éternel, en vue de plaire à ses arrière-neveux, les fameux nepotes de Thistoire. II voudra tenir son livre, Touvrir, en repaître son œil. Octave Uzanne a précisé très finement le large fossé qui sépare l'amoureux du livre du bibliophile ordinaire. Le premier coupe ses volumes et il les lit. // les lit! L'autre les entasse, les enserre; leur reliure est une ceinture de pudicité, et le sibi et amicorum des anciens est pour lui un blasphème. Il ne retient môme pas le sibi modeste, égoïste. Qu'il ait seulement ce que le voisin n'a pas, et voici le bibliophile heureux et satisfait. Entre l'un et l'autre, il y a le fossé dont je parlais, et le sibi.
Si l'on n'accepte pas au moins le sibi on est assimilable à l'amateur de pots-pourris, bâclés de bric et de broc, construits d'airs populaires et de duos d'opéras; l'art n'a rien à voir dans l'affaire. Bon ou mauvais, tout pénètre dans le trésor et y demeure jusqu'à l'inévitable dispersion posthume des héritiers. Au contraire, si on
élimine à bon escient, on prend rang près des artistes, immédiatement au-dessous d'eux; on a une volonté, une règle de conduite, on opère par sélection et par raisonnement. Ce qu'on possède, on Ta désiré pour des motifs personnels, on a subi un entraînement calculé, et la réflexion a dominé Textaxe.
On naît bibliophile ou amoureux du livre ; les meilleures homélies ne changeraient rien au caractère. Le premier est un gourmand, quasiment un glouton, friand de mets chers, recommandés, mis en montre; l'autre, un gourmet qui goûte et ne mange qu'à son appétit, môme des plats très simples.
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