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Fibres blanches qui partent des Circonvolutions

Meynert ^ a donné un schéma, devenu classique, de l'agencement des fibres blanches dans le cerveau.

Si nous laissons le cervelet de côté, afin de simplifier la description, nous trouvons trois grands amas de substance grise reliés entre eux par des fibres blanches: l'écorce des circonvolutions, les gros ganglions de la base (couche optique, noyau lenticulaire, noyau caudé, tubercules quadrijumeaux), et la substance grise de la moelle et de la moelle

1 Pierret; Sur les relatio7is existant entité le volume des cellules motrices ou sensitives des centres nerveux et la longueur du trajet qu'ont à parcourir les incitations qui en émanent ou les impressions qui s'y rendent. {Àcad.des Se, 3 juin 1878.)

2 Voy. encore sur ce sujet : Richet; Structure des circonvolutions cérébrales (Anat. et Physiol.) Th. d'agrég. Paris, 1878. — Et aussi le récent travail de Meynert; Psych. Centralblat, 1878, G. — Anal. iu. Centralblat f. Nervenheilk., tom. II, pag, 236.

2 Huguenin, loc. cit.

allongée. Entre les deux premiers groupes est le syatème de projection de premier ordre; entre le deuxième et le Lroisièmo est le système de projection de deuxième ordre (qui contient beaucoup moins de fibres que les deux autres); au-delà du troisième groupe jusqu'à la périphérie est le système de projection de troisième ordre. ■— Chacun dos groupes de substance grise interrompt donc la continuité des fibres blanches.

Ceci est vrai du moins des faisceaux moteurs. Mais pour la sensibilité, Meynert admet un faisceau direct, qui n'est pas interrompu par les ganglions de la base, et dont nous avons déjà parlé à propos de la capsule interne.

Outre les fibres qui vont de l'écorce aux ganglions, il y a aussi dans la masse blanche des hémisphères : des fibres commissurales qui unissent entre eux les deux hémisphères, et les fibres arquées qui relient entre elles les diverses régions de chaque hémisphère.

Il nous est impossible d'entrer ici dans plus de détails sur l'agencement et la continuité des fibres nerveuses, d'après Meynert. Du reste, les recherches de cet anatomiste ont été soumises au contrôle et à la critique.

Nous ne dirons qu'un mot d'August Forel*. «Bien que ses recherches confirment sur plusieurs points celles de ses devanciers, celles de Luys et de Meynert, il rompt le coup d'œil d'ensemble que ces auteurs avaient cru pouvoir jeter sur l'agencement des différents ordres de fibres nerveuses cérébrales et spinales, en s'attaquant au détail de leurs descriptions et en détruisant la continuité de leurs conceptions au niveau de cette région qu'on a si bien nommée l'isthme de l'encéphale... Forel termine par ce jugement, qu'il porte sur tout l'ensemble des travaux de Meynert :

^ August Forel; Uatersuch. ûber die Tauheregion und ihre oberenVerknûpfungeii, im Gehirne des Menschen und eviiger Sàugethiere milBeilr. zu den Methoden der Gehtrnunlersuch. — {Arch. f. Psycli. u. Nervenkr., B. Vil., H. 3, S. 393. 1877.)

le schéma de Meynert sur les trois systèmes de projection est, en ce qui regarde la coiffe des pédoncules, une hypothèse séduisante, mais une pure hypothèse, contre laquelle même nous avons relevé des faits qui l'infirment \ . . »

Les recherches de Flechsig^ sont basées sur un principe particulier.

a Des faisceaux entiers de fibres nerveuses sont encore uniquement formés par des cylinder-axis, à une époque où les faisceaux voisins ont achevé de s'organiser complètement, leurs cylinder-axis étant tous munis d'une gaîne de myéline... La substance blanche des centres nerveux ne s'organise pas simultanément aux différents points d'une même coupe transversale, et les fibres qui commencent et achèvent de s'organiser à la même époque sont précisément celles qui aboutissent à deux mêmes centres de substance grise ^. »

Il étudie, à l'aide de cette méthode, les faisceaux de la moelle, qu'il divise comme Pierrot. Puis, dans un second travail *, il reprend l'étude des fibres pyramidales ^ con-

1 Anal, de P. Berger, in Rev. des Se. méd., tom. XII, pag. t.

2 P. Flechsig; Die Leitungsbahnem im Gehirn iind Rûckenm. des MenschenaufGrundcntwielielungs ge.schichtlicher Untersuch. dargest.— Engelmann; Leipzig, 1876.

^ Anal, de Ricklin, m Rev. des Se. méd., lom. XII, pag. 12.

'' P. Flechsig ; Ueber Systemerkrank. im Rïïckenm. — Arch. d. Heilk., tom. XVIII, pag. 288, 343, 1877, et tom. XIX, pag. 53, 1878.

5 Le système des fibres pyramidales se décompose dans la moelle en quatre faisceaux : les deux faisceaux pyramidaux latéraux et les deux faisceaux pyramidaux antérieurs; ils peuvent du reste, suivant les cas, se réduire à trois ou même à deux; c'est, en d'autres termes, le système qui est le siège des dégénérescences descendantes de Bouchard (faisceau latéral et faisceau de Tiirck). C'est là aussi que siègent les lésions de la sclérose latérale amyotrophique. Cette dernière maladie serait essentiellement caractérisée par la lésion de ce que Flechsig appelle le système cortico-muscn- Zaï'rerfircci (fibre s pyramidales, cellules multipolaires des cornes antérieures, fibres motrices des racines antérieures), -c'est-à-dire la voie de transmission la plus directe qui reUe les cellules motrices de l'écorce grise des circonvolutions aux cellules motrices des cornes antérieures, origines des fibres motrices destinées aux nvuscles striés.

sidérées comme système à part, au point de vue de leurs fonctions, de leur origine et de leur terminaison.

Il n'admet plus la terminaison de ces ûhves dans les ganglions centraux, et spécialement dans le noyau lenticulaire. Elles se rendent directement à la substance grise des circonvolutions; à la sortie du pontde Yarole, elles cheminent dans le troisième quart de l'étage inférieur du pédoncule (en allant de dehors en dedans). Dans la capsule interne, en dehors elles côtoient la substance grise du noyau lenticulaire ; en dedans elles répondent à la partie moyenne de la couche optique, et plus haut au noyau caudé, dont elles sont séparées par un faisceau de fibres allant de la couche optique à la couronne rayonnante. Elles pénètrent dans le centre ovale, au niveau du troisième quart postérieur du noyau caudé, au-dessus du rebord postérieur du noyau lenticulaire. Elles s'entremêlent alors avec des fibres étrangères et sont difficiles à suivre. Mais elles se disséminent peu, conservent leur direction, et vont probablement à la substance grise des circonvolutions centrales et des circonvolutions frontales avoisinantes *.

Ces recherches ont un très-grand intérêt clinique. En établissant ainsi l'existence des fibres directes entre l'écorce cérébrale et la moelle, elles s'accordent complètement avec les observations (qui se multiplient de plus en plus tous les jours) de dégénérescences descendantes secondaires à des lésions corticales. Nous y reviendrons à propos de la pathologie, et nous verrons même que la démonstration clinique est plus positive que la démonstration anatomique.

Cette dernière est en effet encore discutée par certains

1 Anal, de Labadie-Lagrave in Rev. des Se. méd., tom. XII. pag. 465. — Voy. encore sur ce point : Fiechsig; Capsula interna des ijehiriis. lier. d. Mûnvh. Naturf. Vers., 228, 1877. Anal, par Homolle, \n Rev. des Se. méd., tom. XIII. pag. 4. — On trouvera également les idées de Fiechsig exposées dans des Leçons de Gharcot récemment publiées par le Progrès médical, 1879, 14, 19 et suiv.

auteurs. Ainsi Mayser ' a vivement critiqué la méthode et les résultats de Flechsig ; il préfère la méthode inaugurée par Gudden, de Zurich.

Gelui-ci « a observé que lorsque chez un animal nouveauné on sectionne en un point déterminé le système nerveux, de façon à produire une dégénérescence ascendante de la substance blanche, cette dégénérescence gagne également les centres de substance grise auxquels aboutissent les fibres dégénérées (ce qui n'a point lieu chez un animal adulte). On arrive, à l'aide de ce procédé, à acquérir des notions trèsexactes sur les connexions des différents faisceaux de substance blanche avec les différents centres de substance grise ^,

Signalons enfin les recherches de Balighian^ sur l'entrecroisement mésocéphalique des conducteurs moteurs.

D'après cet auteur, ces fibres ne s'entre-croiseraient pas en un point limité, mais sur une assez grande étendue. Cette région d'entre-croisement commence au-dessus du tubercule acoustique, vraisemblablement déjà dans le pont, et s'étend de là au bas jusqu'à l'extrémité inférieure du calamus scriptorius^ sans dépasser l'atlas.

En tout cas, il est indispensable aujourd'hui, dans l'étude clinique des localisations cérébrales, d'associer les fibres blanches du centre ovale aux circonvolutions ellesmêmes, et de distinguer une zone motrice et une zone latente dans cette substance blanche comme dans la substance grise corticale. C'est ce travail qu'a commencé Pitres dans sa Thèse"* et qui a été continué depuis.

i Mayser; Expériment. Btitr. zur Kenntn. des Baues des Kaninchen- Rûckenm. — Ârch. /'. Psych., u. Nermnkr. , tom. VII, n» 3, pag. 539, 1877.

^ Anal, de Ricklin, in Rev. des Se. méd , tom. XII, pag. 17.

^ Balighian ; Beii}\ z. Lehre von der Kretizung der motor. Innervation wege im Cerehrospinal system, in Eckhard. Beitr. z. Anat, u. Physiol, B. VIII, 43. Anal. iaCentralbl. f. Nervenheilk., 1879, II, 137.

"S Pitres ; Rech. sur les lésions du centre ovale des hémisphères, au point de vue des localisations cérébrales; Th. de Paris, 1877.

De plus, clans cette môme Étude, Pitres a proposé une nomenclature très-commode pour fixer la topographie des lésions dans cette région'. Il fait toutes ses coupes transversales et parallèles au sillon de Rolande^. La première, qui limite en avant la zone motrice, s'appelle : coupe préfrontale; la deuxième, qui passe par le pied des trois frontales, est dite : pédiculo-fro7itale ; la troisième passe par la frontale ascendante : coupe frontale ; la quatrième par la pariétale ascendante : doxr^Q pariétale ] la cinquième sur le pied des lobules pariétaux : coupe péâiculo-panétale ; c'est la limite postérieure de la zone motrice. Sur chacune de ces coupes. Pitres subdivise ensuite la substance blanche par les dénominations de faisceaux supérieur, moyen et inférieur (faisceaux préfrontaux , pédiculo-frontaux, frontaux, pariétaux, pédiculo-pariétaux).

1 II serait indispensable que tous les auteurs acceptassent ces coupes et cette nomenclature pour décrire les lésions trouvées dans les autopsies. C'est la seule manière de rendre tous les faits utiles et comparables. Pour notre part, nous agissons toujours ainsi (Voy. les Observations de la 3*^ partie) , et nous inscrivons les lésions sur des schémas reproduisant la planche de la thèse de Pitres, que nous reproduisons ci-contre.

2 C'est en c-la que ces coupes diffèrent de celles proposées par Bitot (de Bordeaux). Ce dernier conduit en effet le couteau perpendiculairement à la scissure inter-hémisphérique. La manière d'opérer de Pitres nous paraît plus apte à mettre les faisceaux blancs en rapport avec les circonvolutions dont ils émanent.

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