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Structure histologique des Circonvolutions

Tout le monde connaît la cellule nerveuse qui est l'élément actif de la substance grise, et qui se trouve, avec sa forme type, par exemple dans les cornes antérieures de la moelle. On la trouve dans la substance de l'écorce cérébrale, où elle porte le nom de cellule pyramidale.

Les plus grandes de ces cellules, cellules géantes , sont bien réellement pyramidales, à forme triangulaire allongée, la base étant tournée vers la substance blanche et le sommet vers la périphérie. Elles sont formées de protoplasma dans lequel certains auteurs ont trouvé une flbrillation. Ge protoplasma présente une série de prolongements, parmi lesquels un principal qui continue le sommet. Ces prolongements forment peut-être un réseau décrit par Gerlach. Enfin, de la base se détache un prolongement qui est dit prolongement nerveux : c'est le prolongement de Deiters, véritable cylindraxe que l'on peut quelquefois voir, après un certain trajet, s'entourer de myéline.

Ces cellules présentent des dimensions très-variables suivant le point où on les envisage : il y en a de petites, de moyennes, de grosses et de géantes.

Ge sont là les éléments principaux, essentiels, de la substance grise corticale. Il y a encore des cellules globulaires et des cellules allongées, fusiformes, décrites par Meynert, dont la nature est restée indéterminée. Si l'on y ajoute

iGharcol; Cours cité. [Progr. mécl., 1875, n'^s 19, ÎO.)

des tubes médullaires et la névroglie, on a tous les élé-ments de cette structure compliquée.

Quant à l'agencement relatif de ces différentes parties, Charcot décrit une disposition typique dans laquelle on trouve successivement cinq couches, qui sont de dehors en dedans : l'aune première couche presque exclusivement constituée par la substance conjonctive ; 2° une deuxième formée par une agglomération de cellules pyramidales de la petite espèce ; 3° une troisième formée de cellules pyramidales moyennes et grosses, avec quelques fibres nerveuses : c'est là que se trouvent les cellules géantes dans les régions oii il y en a ; 4° couche des cellules globuleuses ; 5° couche des cellules fusiformes.

Voilà l'idée générale de la structure des circonvolutions cérébrales. Mais ce qui nous intéresse le plus ici, c'est l'étude comparée des circonvolutions, au point de vue de leur structure, dans les diverses régions du cerveau. Cette étude a été faite notamment par Betz.

Il y a lieu de distinguer, à ce point de vue, à la surface des hémisphères, deux régions fondamentales qui sont à peu près limitées par le sillon de Rolande. — En avant de ce sillon, Fécorce grise est caractérisée par la prédominance, sur les cellules globuleuses, des cellules pyramidales de grande dimension. La région orbitaire est comprise dans cette circonscription. — En arrière, la région comprend tout le lobe sphénoïdal, l'occipital et la partie médiane, jusqu'au bord antérieur du lobe quadrilatère. Là, les couches granuleuses l'emportent sur les grandes cellules, qui sont relativement rares.

Il y a en outre, dans chacune de ces régions, un département spécial qui mérite de fixer l'attention. Dans la région antérieure, c'est le département des cellules géantes ; on ne trouve ces éléments que dans la circonvolution frontale ascendante, la circonvolution pariétale ascendante et le lobule paracentral : c'est là la principale région motrice. Ces

cellules géantes sembleraient donc être spécialement en rapport avec la motilité. — Dans la région postérieure, c'est le département des grosses cellules, non des cellules géantes. On les trouve dans : a, le coin ; h, la moitié postérieure du lobule lingual et fusiforme ; c, tout le lobe occipital ; d, les deux premières circonvolutions sphénoïdales et le pli de passage. Selon M. Betz, ce seraient les éléments de la sensibilité^ .

Ces faits, encore rudimentaires et bien incomplets, sont intéressants à rapprocher les uns des autres pour établir et corroborer la localisation des fonctions motrices en avant et des fonctions sensitives en arrière, comme veut le démontrer la physiologie expérimentale, dont nous résumerons plus loin les recherches.

Dans des études plus récentes, Bevan Lewis ^ a entièrement confirmé les travaux de Betz.

D'après cet auteur, il y a un type de circonvolutions à cinq couches et un type à six. Le premier caractérise la zone motrice ; c'est là aussi que se rencontrent les grandes cellules ganglionnaires de Betz et de Mierzéjewski (4^ couche). — A la région motrice, on trouve donc : 1 . Éléments cellulaires conjonctifs ; 2. Petites cellules pyramidales à pointe dirigée en dehors ; 3 . Cellules analogues un peu plus grosses ; 4. Couche ganglionnaire composée à la fois de petites cellules angulaires et de larges cellules motrices pyramidales à protoplasma très-développé, avec nombreuses ramifications (de 7 à 15), volume décroissant à mesure que l'on descend le long de la pariétale ascendante^.

^ La région motrice semble aussi se distinguer des régions prse et postrolandique au point de vue du développement cliez le nouveau-né. Voy. plus loin le chapitre consacré au développement des Centres coiHicaux

2 Bevan Lewis ; On the comparative structure of the cortex cerebri. Braia, 1878, n» I, pag. 79.

•'Anal, fie li«ndu, in Rev. des Se. méd., tom. XII, pag. 40.5.

Pierret * a étudié de plus près les dimensions des cellules nerveuses et est arrivé à formuler la conclusion suivante :

Les dimensions des cellules motrices ou sensitives des centres nerveux sont, chez l'homme, en raison directe de la distance qui les sépare et de l'organe périphérique qu'elles innervent et du centre cérébral; ou, d'une manière plus générale, les dimensions des cellules nerveuses sont en raison directe des distances que doivent parcourir les incitations motrices qui en partent ou les incitations sensitives qui y arrivent. Cette loi est vraie pour les cellules de l'écorce cérébrale, car les plus grosses cellules se rencontrent dans les régions pariéto-frontales qui sont en relation avec les membres inférieurs, et l'on rencontre en certains points des circonvolutions occipitales (régions sensitives) des cellules presque aussi volumineuses que les précédentes'.

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