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Résultats obtenus

I. Centres moteurs. — Analysons d'abord les phénomènes convulsifs obtenus par l'électrisation des circonvolutions ; nous étudierons ensuite les paralysies produites par l'ablation des fragments de l'écorce grise.

A. Convulsions. — Le premier fait, également bien mis en lumière par tous les expérimentateurs, est l'inégale excitabilité des diverses régions de l'écorce grise. Ainsi, quand on électrise des lobes occipitaux avec un courant suffisamment faible, on ne produit aucune convulsion, tandis que le même courant agissant sur le lobe pariétal ou la partie postérieure du lobe frontal produit des convulsions manifestes.

La région dont l'excitation produit des convulsions est ce que l'on appelle la zone excitable. La zone excitable du chien est moins étendue pour Hitzig que pour Ferrier ; pour Garville et Duret, la vérité serait entre les deux opinions.

En second lieu, tous les points de cette zone excitable ne donnent pas lieu aux mêmes contractions musculaires. Ici, on produit l'adduction de la patte antérieure ; là, l'abduction, etc. Il m'est naturellement impossible d'entrer ici dans le détail de toutes ces expériences faites sur le chat, le chien, etc., et que l'on trouveraient au long dans le Mémoire de Ferrier, traduit par Duret. Je me contenterai, à titre de résumé (seul utile pour la clinique), d'indiquer les centres tels que Hitzig et Ferrier les ont décrits sur le cerveau du singe.

Pour Hitzig, tous les centres sont échelonnés les uns au-dessus des autres, en avant du sillon de Rolande, sur la circonvolution frontale ascendante. A la partie supérieure, tout à fait en haut, près de la scissure inter-hémisphérique, est le centre pour l'extrémité postérieure ; au-dessous est

le centre pour l'extrémité antérieure ; plus bas encore est le centre pour les muscles de la face, et enfin, beaucoup plus bas, au-dessous de la scissure de Sylvius, est le centre pour les mouvements de la bouche , de la langue et des mâchoires.

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Fig. 8. — Face externe du cerveau du singe magot [Pithecus Innues]. (D'après Broca et Gromier.)

Sillons : sr. Sillon de Rolando ; — scf ; sillon courbe frontal; — ss', scissure de Sylvius ; — spe, scissure perpendiculaire externe (sillon pariéto-occipital externe) ; — sp, scissure parallèle.

Plis : p fa, pli frontal ascendant, 1, 2, 3, premier, deuxième, troisième plis frontaux; — le chiffre 3 qui manque devait être au-dessous de la ligne ponctuée qui va de D au chiffre 2 ; — pp«, pli pariétal ascendant ; — Ippa, lobule du pli pariétal ascendant; — pmi, pli marginal inférieur ; — pc, pli courbe ; — lo, lobe occipital , — lor, lobe orbitaire.

Situation des centres pour les mouvements volontaires sur le cerveau du singe, d'après les descriptions de Ferrier : A, centres pour les mouvements volontaires du membre antérieur ; — B, centres pour le membre postérieur ; — G, mouvements de rotation de la tête et du cou ; — D, mouvements des muscles de la face ; — E, mouvements de la langue des mâchoires, etj.; — F, certains mouvements des yeux, vision; — G, centre en rapport avec les mouvements des oreilles et l'audition.

Les résultats de Ferrier sont plus complets et un peu différents. D'abord les centres des membres antérieur et postérieur, au lieu d'être l'un au-dessous de l'autre, seraient l'un en avant de l'autre.

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Le centre du membre antérieur est au haut de la scissure de Rolando, des deux côtés de cette scissure, sur les circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante.

Le centre du membre postérieur est en arrière du précédent, dans le lobule pariétal supérieur, près de la scissure inter-hémisphérique .

En avant du premier centre, sur le tiers postérieur de la première circonvolution frontale, est le centre des mouvements de rotation de la tète et du cou ; au-dessous, sur le tiers postérieur de la deuxième circonvolution frontale, est le centre des mouvements des muscles de la face.

Au-dessous encore, sur le tiers postérieur de la troisième circonvolution frontale, est le centre des mouvements de la langue, des mâchoires, etc.

Beaucoup plus en arrière, au sommet de la scissure parallèle, sur le pli courbe, est le centre de certains mouvements des yeux, de la vision.

Enfin, à la partie antérieure de la première circonvolution temporale, entre la scissure de Sylvius et la scissure parallèle, est le centre des mouvements des oreilles et de l'audition ' .

La fig. 8 représente ces centres sur le cerveau du singe, et la fig. 2 de la PI. II les reproduit reportés sur le cerveau de l'homme (toujours d'après Ferrier).

En refaisant les expériences de Ferrier, Carville et Duret ont confirmé la plupart des résultats obtenus par le physiologiste anglais, mais en ont contesté certains. Ainsi, disent-ils, « certains mouvements des mâchoires et du cou nous ont paru produits par la diffusion des courants. D'autre part, nous n'avons jamais pu déterminer qu'exceptionnellement et avec des courants forts, les mouvements de protraction et de rétraction de la langue par

* Voy. plus loin le chapitre relatif aux Centres sensitifs .

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rexcitation des points qu'il a indiqués. Nous avons produit l'élévation de la queue, mais seulement à l'aide de courants trop puissants pour que nous ayons pu acquérir de la certitude sur l'existence d'un centre véritable. »

Quoi qu'il en soit de ces points de détail, l'ensemble des résultats de Hitzig et de Ferrier a été confirmé par tous les physiologistes ^ . Et par analogie avec ces déterminations expérimentales faites sur le singe, Garville et Duret ont représenté sur une figure annexée à leur Mémoire la position présumée des différents centres corticaux chez l'homme (voy. fig. 1 de la PI. lï, une représentation analogue d'après de Boyer).

Quand on applique les électrodes sur un de ces centres moteurs, on obtient des résultats différents suivant l'intensité du courant employé. Avec un courant suffisamment faible, on a des convulsions tout à fait localisées ; avec un courant un peu plus fort, on a des convulsions épileptiformes hémiplégiques ; avec un courant plus fort encore, on a des convulsions épileptif ormes généralisées. — Il est bon de bien connaître ces faits, qui reproduisent expérimentalement les différents types chniques des convulsions d'origine corticale.

1 Marcacci a récemment déterminé la zone excitable chez la brebis, et Langendorff chez la grenouille.

Chez la brebis, cette zone est située eu grande partie en avant du sillon crucial ; on y trouve quatre centres distincts : un pour les mouvements des membres antérieurs, un pour les muscles de la nuque, un pour la face et la langue, et enfin un pour les mouvements de la mâchoire. On ne trouve pas de centre distinct pour les membres postérieurs. (Trav. du labor. d'Albertoni, à Vienne. — iî. S. M., X, 26.)

Chez la grenouille, la zone excitable occupe la portion pariétale des hémisphères. De plus, il existe sur le crâne intact de la grenouille une place dont l'excitation électrique produit les mêmes effets que celle de l'hémisphère correspondant. Cette place se trouve entre le tympan et l'œil, et se reconnaît facilement à une ligne ordinairement sombre, semblable aune couture, qui rejoint l'œil à roreille. (Ceniralbl. med. Wiss., 1876. — R. S. M.,X, 26.)

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