‹ Des localisations dans les maladies cérébralesChapitre 2 sur 81 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Gela dit pour expliquer l'augmentation de volume de cette Revue, je vais indiquer rapidement les principales modifications et additions qui ont été faites à cette édition.

L'ouvrage est divisé en trois parties.

La première partie comprend les lésions de l'Aphasie , de l' Hémianesthésie et de l'Hémichorée.

Ce sont les chapitres qui ont été le moins remaniés et dans lesquels on trouvera le moins d'additions.

La deuxième partie embrasse les altérations de VÈcorce grise cérébrale; Convulsions et Paralysies d'origine corticale^.

Ici au contraire les additions sont très-considérables.

D'abord nous avons dû rapporter un grand nombre de faits nouveaux, soit en physiologie , soit en clinique, la production ayant été incessante sur ces points.

En second lieu, nous avons ajouté un certain nombre de chapitres entièrement nouveaux, qui ne figuraient pas du tout dans la précédente édition.

Ainsi, à l'anatomie des circonvolutions proprement dites, nous avons joint l'étude des Fibres blanches qui partent des circonvolutions (pag. 88); à la physiologie, celle des Centres sensitifs (pag. 129) eivégétatifs (pag. 135) et celle du Développement des centres corticaux (pag. 138) • à la pathologie, nous avons ajouté tout un chapitre relatif à la Déviation conjuguée de la face et des yeux ^ (pag. 215) et un autre qui a trait aux Troubles sensitifs dans les lésions corticales (pag. 238).

La troisième partie est entièrement nouvelle. Elle comprend mes Observations personnelles relatives aux localisations cérébrales.

J'ai réuni là viogt-deux observations (les unes publiées déjà, les autres inédites) recueillies par moi, soit à l'hôpital Saint-

* C'est par suite d'une faute d'impression qu'on a mis en tête de cette partie (pag. 73), d'origine cérébrale, au lieu de : d'origine gortigale.

2 Ce chapitre est la reproduction du Mémoire que nous avons fait paraître il y a quelques mois, sur ce sujet, dans le Montpellier médical.

DE LA 3" ÉUITIOX. Vil

Bloi, soit àTHôpital-Général S el que j'ai divisées de la manière suivante :

I. Observations relatives à l'aphasie : I'' De l'écriture dans l'aphasie (avec des spécimens très-complets de l'écriture d'un malade) ; 2° Des troubles de la sensibilité (générale et spéciale) dans l'aphasie.

IL Observations relatives à l'hémianesthésie, l'hémichorée et l'athétose: un fait (avec autopsie) d'hémiauesthésie et d'hémichorée pré-hémiplégique et quatre faits d'athétose.

m. Observations relatives aux lésions des hémisphères (écorce et faisceaux blancs) : quatre faits de lésions de la zone latente et cinq de lésions de la zone motrice ; tous avec autopsie et dessin des altérations.

IV. Observations relatives aux lésions de la région optostriée : six faits, tous avec autopsie, suivis d'une courte récapitulation.

Cette partie se termine par une observation de sarcomes du cerveau et de la protubérance, ayant entraîné notamment une paralysie alterne.

Pendant l'impression de ce livre, Nothnagel a fait paraître un important ouvrage sur le Diagnostic local des maladies du cerveau. J'ai cru utile de résumer dans un Appe7idice les principales conclusions de l'auteur allemand sur les différents points de la séméiologie cérébrale.

Enfin une très-grande amélioration a été portée à cette édition : c'est l'addition de figures, qui manquaient complètement dans l'édition précédente, et qui sont cependant indispensables dans un exposé de ce genre.

Huit figures, intercalées dans le texte, sont empruntées aux livres de Gharcot et ont été déjà reproduites dans mes Leçons sur les Maladies du Système nerveux. Elles représentent la région

1 Au moment où j'écris ces lignes, je viens d'observer dans ce même hôpital deux nouveaux cas très-intéressants de lésion corticale (l'un cod forme aux règles classiques, l'autre exceptionnel). N'étant plus à temps à les faire figurer dans le présent compte rendu, je les publiera, prochainement à part dans le Montpellier médical.

vin PRÉFACE DE LA S*-' ÉDITION.

delà capsule interne [fig. 2, 4 et 5), les circonvolutions de la face externe et de la face interne du cerveau (fig. I, 6 et 7), le schéma de Charcot relatif à l'entre-croisement des nerfs optiques [fig. 3) , et la face externe du cervean du singe avec les principaux centres de Ferrier [fig. 8).

Des six planches lithographiées, la 'première reproduit les coupes de Pitres (suivant les figures de sa thèse) ; la deuxième contient les centres corticaux déterminés expérimentalement et reportés sur un cerveau humain (d'après Ferrier), la correspondance des circonvolutions cérébrales et des sutures crâniennes (d'après Ferrier) et les centres présumés chez l'homme (d'après Giozel de Boyer) ; la troisième (personnelle) a trait au siège des lésions dans les divers cas de déviation conjuguée de la tête et des yeux; la quatrième (personnelle) est le fac-similé de l'écriture de notre aphasique aux différents jours de sa maladie jusqu'à la guérison ; la cinquième (personnelle) représente les principales lésions du centre ovale trouvées dans nos observations de la troisième partie, et la sixième (personnelle) représente les principales lésions des circonvolutions trouvées dans nos observations de cette même partie.

Cette énumération mon tre les efforts que nous avons faits pour rendre cette Revue de plus en plus digne des grandes questions auxquelles elle est consacrée. C'est en même temps la meilleure manière de témoigner au Public médical toute notre reconnaissance pour l'indulgent accueil qu'il a bien voulu faire à notre précédente édition.

Montpellier, le 15 novembre 1879.

Il s'est produit, dans toutes ces dernières années, un mouvement très-considérable et aussi très-fructueux dans l'étude des Maladies du Système nerveux. Ce mouvement, entièrement clinique et essentiellement français, a déjà donné de grands résultats.

Pendant longtemps, la pathologie du Système nerveux n'était qu'une énumération de symptômes derrière lesquels il était bien difficile de définir le siège de la lésion productrice, la nature de cette lésion et la maladie qui engendrait le tout. Aujourd'hui on sait, dans un grand nombre de cas, diagnostiquer le siège de la lésion qui tient sous sa dépendance certains symptômes donnés.

Ainsi, on peut, dans beaucoup de faits d'atrophie musculaire, diagnostiquer une lésion atrophique des grandes cellules motrices des cornes grises antérieures de la moelle ; on sait rattacher l'ataxie locomotrice progressive à ane lésion d'un faisceau particulier des cordons postérieurs ; on peut assez souvent diagnostiquer la lésion des cordons latéraux.

Pour le cerveau, on sait localiser la lésion qui corres-

pond à l'aphasie, celle qui correspond à l'hémianesthésie et peut-être à rhémichorée, les lésions de l'écorce grise, etc.

Et ce travail incessant de localisation se poursuit tous les jours sous nos yeux. Les discussions des Sociétés savantes, les Thèses d'agrégation, les Cours des professeurs, les Revues de tout genre et dans tous les journaux, montrent que la question est à l'ordre du jour et que chacun doit se préoccuper actuellement de ce grand problème.

On n'aura certainement pas tout fait quand on parviendra à dire, étant donné un symptôme ou un groupe de symptômes, où siège la lésion correspondante. Il y aura encore à déterminer la nature de la lésion ellemême, la cause morbide qui l'a produite. Ce n'est qu'alors que le diagnostic sera complet. Mais ennn il faut commencer par l'étude purement séméiologique que l'on fait aujourd'hui; le reste viendra ensuite progressivement.

Déjà ainsi comprise comme une question de séméiotique, la question des localisations cérébrales et spinales a encore une grande portée clinique.

Cette question est clinique d'abord par ses procédés et ses méthodes d'investigation. A une certaine époque, on a prématurément appliqué à la pathologie ce que la physiologie venait de découvrir la veille, et on a cru faire une vraie physiologie pathologique : on n'a rien fait de durable ni d'utile. Une conclusion de physiologie pathologique peut se servir de la physiologie normale, c'est certain ; mais il faut que toujours le fondement principal et indispensable soit dans l'observation clinique. C'est ce qui a été fait d"une manière constante dans ces derniers temps.

La physiologie a souvent ouvert la voie, et la clinique

DANS LES MALADIES CÉRÉnRALES. U

a confirmé ensuite. Mais, très-souvent aussi, c'est la clinique qui a tout fait et a acquis à la physiologie ellemême des résultats nouveaux. Ainsi, pour les centres corticaux du cerveau, c'est la physiologie expérimentale qui a mis sur la voie des résultats que la clinique est en train aujourd'hui de confirmer. Mais pour les atrophies musculaires et l'hémianesthésie cérébrale, c'est la clinique qui a tout fait et qui a fait connaître à la physiologie les fonctions de la capsule interne et des cornes antérieures de la substance grise spinale.

Cette question est donc clinique par sa méthode ; elle l'est encore par ses résultats. Elle a éclairé d'un nouveau jour le diagnostic, le pronostic, et même le traitement des maladies du système nerveux.

L'utilité diagnostique se comprend d'elle-même, et le diagnostic auquel on peut arriver ainsi n'est pas stérile.

On sait aujourd'hui que les lésions de certaines parties du cerveau entraînent des hémiplégies absolument incurables; que d'autres, au contraire, ne produisent que des hémiplégies éminemmentpassagères et transitoires. N'est-ce pas là un résultat, entre autres, capital au point de vue pronostique ?

Et enfin, pour le traitement, n'est-il pas important de savoir que la lésion à combattre siège dans la moelle ou dans les muscles ? Or, c'est là précisément la question que l'on a actuellement résolue à propos de l'atrophie musculaire progressive. Nous verrons aussi que quand la trépanation est d'autre part indiquée, la connaissance des centres corticaux peut singulièrement faciliter le diagnostic du siège exact de la lésion, et rendre ainsi au chirurgien de grands services.

Ces courtes considérations, que développera du reste

tout l'ensemble de cette Revue, démontrent que la question des localisations cérébrales et spinales est essentiellement clinique et intéresse tous les praticiens ' .

* Cette Revue a d'abord paru dans le Montpellier médical (1876) ; mais comme de nombreux travaux, des observations multiples, ont été publiés de tous côtés depuis lors, j'ai dû, pour mettre ce travail au courant de la science, le remanier entièrement, sans en modifier du reste les grandes conclusions. — Dans mes Leçons sur les Maladies du, Système nerveux, j'ai exposé la synthèse des conclusions dont je donne ici les pièces justificatives.

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