‹ Des localisations dans les maladies cérébralesChapitre 70 sur 81 · Il en est de même des troubles trophiques et vasemoteurs · texte numérisé non relu

Il en est de même des troubles trophiques et vasemoteurs

8. L'aphasie paraît se produire dans les foyers frappant les faisceaux du pied de la 3" frontale. Puisque tous les symptômes énumérés dans les n°^ 4 à 8 se présentent avec d'autreslocalisationsetn'ontriende caractéristique ni dans leur existence ni dans leur groupement, nous maintenons le no 3.

X. Égorge cérébrale. — 1. Les maladies de l'écorce cérébrale, c'est-à-dire de la substance grise et de la substance blanche immédiatement sous-jacente. produisent dans certains cas des symptômes déterminés et dans d'autres restent entièrement latentes.

2. Les troubles physiques prouvent bien en général une maladie de l'écorce cérébrale, mais on ne peut pas préciser davantage la localisation.

3. Les phénomènes dysphasiques et aphasiques prouvent une .maladie delà surface cérébrale.

Cette proposition n'est pas absolument exacte, puisque des foyers sans participation immédiate de l'écorce peuvent produire l'aphasie (Cf. Centre ovale). Toutefois ce dernier cas est si rare, la proportion de ces cas si faible, qu'on peut, pour le diagnostic clinique, accepter la proposition 3.

4. Dans l'aphasie ataxique pure, on doit penser à une lésion: en première ligne de la 3® frontale gauche, et ensuite del'insula. Il en est de même dans le trouble amnésique ou mixte (ataxique-amnésique) de la parole.

5. Si (comme cela ressort de quelques observations) la lésion d'autres points du cerveau peut entraîner l'aphasie, cela arrive si exceptionnellement qu'on doit toujours (pour poser le diagnostic) avoir en vue les points indiqués au n° 4 . Du reste, il est impossible de distinguer les différentes localisations par les caractères des troubles de parole.

G. La surdité indique avec la plus grande vraisem-

blance une lésion du lobe temporal (gauche), particulièrement de la première temporale.

7. L'hémianopsie n'indique nullement par elle-même un foyer cortical; tout au plus pourra-t-on le supposer, et vraisemblablement, dans le lobe occipital si elle survient subitement (peut-être après un ictus apoplectique), comme symptôme unique, avec un examen ophthalmoscopique entièrement négatif.

8. Il peut y avoir des troubles visuels unilatéraux dans les lésions de Fécorce. On ne les a constatés jusqu'à présent que dans les lésions corticales diffuses (paralysie progressive, cysticerques) . On ne peut rien dire de plus sur leur signification positive pour le diagnostic local.

9. Les troubles de sensibilité cutanée n'ont jusqu'à présent aucune signification pour les lésions corticales.

10. Nous émettons avec de grandes réserves l'idée que la perte unilatérale du sens musculaire (quand c'est le seul symptôme, sans aucun phénomène concomitant) indique peut-être une maladie du lobe pariétal.

1 1 . Les troubles moteurs se produisent dans les lésions de l'écorce, et dans certaines circonstances les caractères de ces troubles permettent do reconnaître ces lésions.

12. Quelquefois la paralysie reproduit entièrement le tableau de l'hémiplégie cérébrale habituelle : on l'observe tous les jours dans les lésions du corps strié , avec ou sans contractures secondaires dans les membres paralysés.

Dans ces cas, le diagnostic est naturellement impossible. On supposera cependant une lésion corticale s'il y a en même temps aphasie ; mais la paralysie motrice pourrait simplement dépendre d'un foyer situé dans le corps strié à côté du foyer de la troisième frontale. Un ptosis isolé, à côté de la paralysie des extrémités, du facial et de l'hypoglosse, rend vraisemblable l'origine corticale.

Au contraire, des troubles marqués de sensibilité à côté de l'hémiplégie motrice prouvent qu'il ne s'agit pas d'une lésion corticale, ou que, si cette lésion existe, elle est très-

DANS LES MALADIES OéHÊBRALES. 381

étendue et pénètre profondément en arrière dans la substance blanche (Cf. Centre ovale).

1 3 . Assez souvent les paralysies dépendant de lésions corticales se présentent sous forme de monoplégies, d'hémiplégies partielles : paralysie isolée du facial, de l'hypoglosse, du bras, rarement de la jambe, ou paralysie du bras et de la jambe, du bras et du facial.

14. Ces monoplégies (une fois leur origine intracérébrale établie) prouvent, non avec une complète certitude, mais avec une grande vraisemblance, une lésion corticale.

15. La forme et le développement des monoplégies n'ont rien de spécial pour l'origine corticale.

16. Certains phénomènes d'excitation motrice ont, au contraire, la plus grande importance pour le diagnostic des foyers corticaux.

17. Ces phénomènes sont des secousses partielles limitées à certains groupes musculaires, qui surviennent lors d'une hémorrhagie, d'un ramollissement ou lors du développement d'une tumeur, et auxquelles succède plus tard une paralysie des muscles atteints. Dans ce cas, on peut, avec une grande vraisemblance , mais non avec certitude, conjecturer un foyer cortical. Ou bien ces secousses cloniques partielles ne surviennent que plus tard dans des parties déjà paralysées. Dans ce cas, on a le droit d'admettre une lésion corticale.

18. D'autres fois les phénomènes d'excitation motrice prennent le caractère d'attaques épileptiformes générales, avec cette particularité quels spasme, se reproduisant typiquement, toujours dans les mêmes groupes musculaires, commence par une extrémité ou une moitié de la face. Cette forme de convulsions se développe toujours après une paralysie déjà réalisée. On peut la considérer comme un signe positif de lésion corticale.

1 9 . Quand il y a des symptômes moteurs dépendant d'une lésion corticale, on peut placer la lésion dans la frontale ascendante, la pariétale ascendante ou le lobule paracentral.

(Pour la localisation plus précise des lésions clans les monoplégies, Nothnagel accepte les propositions deCharcot et Pitres :

1 . Centre pour la langue : pied de la troisième frontale et partie voisine de la frontale ascendante.

2. Centre pour le facial inférieur : extrémité inférieure des deux ascendantes.

3 . Centre pour le bras seul : tiers moyen de la frontale ascendante.

4 . Centre pour les deux extrémités : lobule paracentral, tiers supérieur de la frontale ascendante et deux tiers supérieurs de la pariétale ascendante).

XI. Corne d'Ammon. — Dans l'état actuel de nos connaissances, les lésions de la corne d'Ammon échappent au diagnostic local.

Page 1