OBSERVATION I
Lésion basse incomplète du cubital. Contracture d’amont. Faible dexalgie. Douleur de tiraillement. Minimum d'extension des troubles parétoesthésiques. 5 à 2. f
Joseph B..., 25 ans, soldat au 2° zouaves, blessé le 21 janvier 1915, près d'Arras, d'une balle de fusil à l'avant-bras gauche,
: Entréé du projectile : À la partie antérieure de l'avant-bras, à 11 centimètres du pli du poïgnet et à 2 cent. 05 en dedans de la ligne médiane.
Sorlie : À la partie postérieure de l'avant-bras, près du bord interne à 9 centimètres de l'apophyse styloïde du eubitus.
Les deux cicatrices sont à la même hauteur et distantes l'une de l’autre de 5 centimètres.
Aussitôt blessé, notre soldat a ressenti une vive douleur à la partie interne de l’avant-bras à partir de l'orifice d'entrée de la balle, douleur qui s'est propagée à l'extrémité des 5° et 4° doigts. Elle a duré deux jours. |
Immédiatement, l’auriculaire et l'annulaire se sont fléchis; tels ils étaient encore le 27 février. 1915, au premier examen, tels ils sont restés jusqu'en juillet au moment de l'évacuation du blessé.
Examen du 27 février 1915. — Va cicatrice d'entrée est adhérente ‘aux plans profonds et douloureuse à la pression,
(1) Toutes nos observalions sont personnelles,
La main est déviée sur le bord cubilal.
Les 5° et 4° doigts sont fléchis, mais modérément; il existe un escalier digilal très net, la plus haute marche étant l'index. La flexion des doigts est exagérée par le froid. Elle est facile à réduire; mais, dans ce cas (lorsqu'on étend les 5° et 4° doigts), le blessé ressent une douleur très vive, au niveau de la cicatrice antérieure : ce n'est pas, dit-il, la sensation de courant électrique mais « comme si on tirait sur le nerf ». L'interprétation de B... nous paraîl tout à fait exacte.
Celle douleur est également spontanée.
Dexalgie mal caractérisée : « On dirait qu'on me pique avec des aiguilles », dans l'éminence hypothénar et le petit doigl, pas au #. Les douleurs sont surtout nocturnes.
Épaule gauche très abaissée. La force des muscles de la ceinture séapulaire, celle des adducteurs et des abducteurs du bras est très légèrement diminuée. Les mouvements n'en sont pas troublés.
La flexion et l'extension de l'avant-bras sont normales ainsi que Ja pronalion et la supination. ;
Légère alrophie des muscles de l'avant bras. Pas d'atrophie du bras.
Les 4° et 5° doigls ne sont pas entièrement dépouryus de mouvement; ils esquissent l'extension êt la flexion. Leur écartement est impossible. À première vue, il semble que l'index s'écarte et se rapproche du médius; en réalité, ce mouvement est exéeulé par l'exlenseur; le blessé, très observateur, l'a bien vu par lui-même : « Pour écarter les doigts, dit-il, je dois les lever ; pour les rapprocher, je dois les baisser ». On peut mellre en évidence d'une façon saisissante celle action des extenseurs sur l'apparence d'abduction et d'adduction des doigts, en prenant ceux-ci entre deux Liges rigides qui les empêchent de s'élever; dans ces conditions, leur écartement est nul.
Atrophie légère de l'éminence hypothénar et des interosseux.
“Sudalion aisselle gauche plus abondante qu’à droite.
Le 5 à 2 est Lrès nel pour une foule de phénomènes :
‘la flexion des doigls (escalier digital) ;
leurs mouvements d'extension et de flexion (où se constituent encore des escaliers de même sens pour l'extension et de sens inverse pour la flexion);
RTE
modalités diverses de la douleur provoquée sur lesquelles nou; allons revenir;
troubles de la sensibililé objective, superficielle et Deatandes
cryesthésie digitale; sudation ;
hypertrichose ;
croissance des ongles ;
déclic élastique des doigts et saillie des tendons dans la paume,
L'opposilion du pouce aux doigts se fait elle-même d'autant mieux que le doigt porle un numéro moins élevé,
En ce qui concerne la cryesthésie digitale et la sudation, il faut remarquer qu'à l'examen du 27 février les 5° el 4° doigts étaient plus froids que les autres et ne suaient pas; à un examen praliqué le 14 mai, ces doigts étaient plus chauds et suaient davantage; il en est encore ainsi aujourd'hui.
On provoque une douleur qui va en décroissant de 5 à 2 lorsqu'on comprime la paume de la main d'avant en arrière sur la partie médiane des métacarpieus; cette sensation n'existe pas si on presse la face dorsale des mélacarpiens ou si on pince la peau; elle est donc .en relation avec la compression de la branche motrice du cubital.
-On provoque également une douleur par pression de ladducteur du pouce au milieu de son bord interne (entrée de son nerf dans la
masse musculaire).
Autre douleur par pression du Mois et, douleur ressentie entre les
deux apophyses styloïdes.
Sur les parties hypoesthésiées (qui remontent jusqu'au coude), la piqüre lente n'est ressentie que comme pression; il faut, pour qu'elle soit percue comme douleur, qu'elle soit rapide, répété: ; celle sensation persiste alors assez longtemps.
La sensation de courant électrique est provoquée par la pression ou la percussion du muscle cubital antérieur au-dessus de la blessure; elle va du point frappé à la naissance de la 3° phalange des 5° et 4° doigts.
La pression dans la gouttière épilrochléo-olécrâänienne envoie un courant dans l auriculaire et l'annulaire.
La pression du petit doigt provoque un courant dans la région
hypothénar.
Pas d'extension des l'oublès dé sensibililé au-dessus du coude. Pas de zone SA. Rien à la langue ni aux yeux. Pas de faiblesse de la jambe du côté malade. ë
Réflexes : Aux deux membres supérieurs : Vifs.
Abdominaux : Normaux.
Crémastériens : Absents.
Plantaires : Faibles.
Rotuliens : Vifs.
Achilléens : Vifs, quoique moins que les roluliens.
Ces réflexes sont sensiblement égaux des deux côtés. |
l'railement : Électrothérapie. Comme tous les blessés du cubital, celui-ci à une grande répugnance pour l'électricité et l'accuse notamment d'atrophier les inlerosseux.
Cetle observation concerne une lésion basse incomplète (douleur de tiraillement, dexalgie, conservation de quelques mouvements des 5° et 4° doigts; modificalion dans la vaso-motricité; mollesse et réductibilité de la flexion des doigts).
IL faut y noter l'abaissement de l'épaule: ct la formule des :
réflexes.
Cependant, l'observation peut êlre donnée comme type de lésion cubilale à minimum d'extension. L'hypoesthésie atteint
à peine le coude.
OBSERvVATION IL
Lésion basse incomplète du cubital. Contracture amont. Dexalgie. Douleur de tiraillement. Extension parétoesthésique. 5 à 2. Imminence de la contracture névromateuse (Zone SA. Courants, Formule des réflexes).
Michel V..., 27 ans, soldat au 3° zouaves.
Blessé près d'Arras, le 21 octobre 1914, d'une balie ou d'un éclat d'obus au tiers moyen de l'avant-bras gauche.
Cicalrice d'entrée : À peu près à mi-hauteur de l'avant-bras dans le groupe épilrochléen, cicatrice linéaire de 2 centimètres de large