‹ Des lois de la contraction dans les lésions traumatiques des nerfs périphériques et particulièrement du nerf cubitalChapitre 16 sur 20 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Lésion du cubital au bras. Observation des deux périodes : iniliale

et de la contracture n$vromateuse au début.

Georges L..., 22 ans, soldat au 94° de ligne.

Blessé le 21 septembre 1914, à Maronvilliers, d’une balle de fusil entrée à la face interne du biceps gauche à quatre centimètres de l'interligne articulaire du coude et sortie à deux centimètres du bec de l'olécrâne à la face postérieure du bras.

La balle a traversé le muscle brachial antérieur; il ést probable

qu'elle a lésé l'artère humérale: il y à eu une forle hémorragie immédiate. S - À peine touché, le blessé a ressenti une violente douleur sur le trajet du paquet vasculo-nerveux, puis dans tout l'avant-bras et enfin tous les doigls. Le membre a élé tétanisé pendant deux où trois minutes, puis il est relombé inerte et est ainsi demeuré quelques jours; avant celle inertie, le bras était étendu, les doigts écartés, le pouce en adduction, la main déjetée sur le bord cubital.

SE

Il n'y à jamais eu de flexion des 5e et 4° doigts. ® Vingl-quatré heures après la blessure, la main et les doigts ont enfé considérablement; cet œdème a disparu assez vile. Trois mois après, l'avant-bràs à enflé à son Lour ; on à même cru à un phlegmon; mais dé simples bains de bras ont tout remis dans l'ordre. Le An |

re

Examen du 5 avril 1915. -- La main est dans ee de l'avant-

bras; les doigls ne sont pas pliés.

Tous les mouvements de l'épaule, du bras, de l'avant- pie et du poignet on! leur amplilude normale, mais leur force ést très médiocre.

Malgré l'énorme développement de la musculature du blessé, sporlmann éprouvé, il ne peut s'opposer aux mouvements passifs qu'on imprime à son membre supérieur gauche.

Mouvements des doigts : La flexion des 2° et 3° phalanges existe pour tous les doigls, mais elle est d'autant moins marquée qu'on va du 2° au 5°, de telle sorle ‘que dans ces efforts de flexion on observe un éscalier digilal à marche haute à l’auriculaire.

L'extension présente le même phénomène en Sèn$ inverse.

“L'écarlement des doigts est possible pour l'index et l’auriculaire, l'annulaire etle médius ne s'écartent point. À un examen altenlif, on s'aperçoit que cet écarlement de l'index et de l’auriculaire n'est pas possible sans élévation de ces doigts et est dû, par conséquent, à l'action des extenseurs propres de l'index et du petit doigt.

Les mouvements du pouce sont normaux, sauf en ce qui concerne l'adduction ; dans ce mouvement, le pouce ne peut PSN en sur lé bourrelet pré- digital. |

La sensibilité objective a les dispositions normales des lésions du cubital; l'anesthésie remonte jusqu'au coude et à la main et aux doigts va du 5 à 2. Mais elle dépasse ces limites, envahit la région interne du bras, le moignon de l’ épaule ; tout le reste du membre est hypoesthésique : on observe sur l'avant-bras, le bras et la main, aux régions anesthésiques, le phénomène de la double sensibilité : anesthésie complèle à à la piqüre lente, sans choc, vive sensibilité à des piqûres rapides ou à des heurts même légers.

La sensibilité baresthésique est abolie sur Lout le côté inter ne de la

main et du 5° doigt ct réapparail progressivement en allant en dehors.

Il en est de même pour la sensibilité osseuse des phalanges, des mélacarpes, du carpe. L'apophyse siyloïde du ‘eubilus.est également insensible.

La sensibilité articulaire présente le même phénomène.

Les articulations des phalanges, surtout celles de la 2e et de la 3e, sont relâchées, de sorte que par un faible effort on peut excaver les doigts en forme de carêne. <

La main gauche est plus froide que la droite avec décroissance de 5 à 2. L'avant-bras est également plus froid à son bord interne.

La main gauche et l’aisselle du même côté suent davantage.

Légère hypertrichose de 5 à 2.

La pression du nerf cubital, à travers le muscle cubital antérieur, éveille une douleur quise propage à l'éminence hypothénar, dans les 5e et 4° doigts; il en est de même à la pression de la cicatrice d'entrée : la sensation y est plus forte. On sentence point un névrome.

La ligalure de l'avant-bras arrête jusqu'à elle la sensation du courant.

Les réflexes des membres supérieurs et inférieurs, les réflexes cutanés sont normaux. Fe

À la fin de mai, des phénomènes nouveaux sont apparus el leur développement à élé régulier et progressif jusqu'à ce jour (1 " juillet, 1915).

Examen du 1% juin 1915. — Il est aujourd'hui facile de se convaincre que le brachial cutané interne a été lésé en même temps que le cubital. :

En effet la pression de la cicatrice antérieure, située au bord interne du biceps, envoie un courant descendant à la partie interne de l’avant-bras, courant qui s'arrête à la moitié de sa hauteur, et un petit courant ascendant sur une hauteur: de 3 centimètres. C'est le courant du brachial cutané interne.

La pression entre les deux cicatrices sur le trajet du eubital dont où percoil très bien le névrome, envoie un courant jusqu'à la naissance du 5° doigt.

La ligalure n'arrêle pas le courant du eubital, mais la compression du nerf dans la goutlière épitrochléo-olécränienne le jugule nel: la ligalure arrête le courant du brachial culané interne. |

La pression des espaces intercostaux, du 2e au 5°, est, douloureuse,

A ras

et même suffocante ; il existe une zone SA, siluée au niveau du 3 espace inlercostal, au niveau du bord de l'aisselle où elle sc prolonge, et dont l’excilalion propage un courant jusqu'à la moitié du bras. Eu arrière, de la 2 à la 4° verlèbre dorsale, el sur leur côté gauche, points suffocants.

L'hypoesthésie à envahi tout dé côlé gauche du thorax et va dimipuant, en avant jusqu'à laine, en arrière jusqu'au pli fessier. À ces symplômes, il est aisé de reconnaître que le blessé va entrer dans la période des contractures névromateuses et qu'il va commener Sa grifle.

En effel, nous en trouvons les premières phases à l'examen du 7 juillet 1915.

Examen du 7 juillet 1915. — La main a pris progressivement des alliludes nouvelles.

‘ Le pouce, mélacarpe el phalange, (st en extension. Les doigts sont écartés. PES RSS HAE Le médius est plus élevé que les autres doigls; sa première phalange est élendue.

L'auriculaire et annulaire sont’ légèrement SPAS dans leur première phalange; les deux autres sont fléchies. | = À remarquer que lorsque le blessé veut fermer le. poing, le pouce se mel toujours fortement en abduction: | Les tendons des extenseurs et des fléchisseurs sont saillants. Les escaliers digilaux de flexion et d'extension sont très nels.

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