‹ Des luxations brusques au début de la coxalgieChapitre 11 sur 25 · OBSERVATION PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PERSONNELLE

Luxation brusque de la têle du fémur droit dans la fosse iliaque externe quatre semaines après le début de la coxalgie. Réduclion facile. Accidents conséculifs.

(Due à l'obligeance de M. le professeur FRŒrIICH)

Raymond B..., âgé de onze ans, entre à l'hôpital, dans le service de M. le professeur Frœlich, le 4 décembre 1909. Les premiers symptômes de la maladie sont apparus deux mois auparavant et se sont révélés par une claudication à droite et de la douleur spontanée du genou droit. Quatre semaines seulement après le début apparent de la coxalgie, alors que l'enfant se promenait au jardin, l'impolence s'est élablie brusquement et a rendu toute marche impossible.

Nous avons examiné l'enfant dès son entrée à l'hôpital et nous avons noté les signes suivants : le malade, étant dans le décubilus dorsal, l'attitude vicieuse du membre inférieur droit est extrème. La jambe est fléchie sur la cuisse et la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin en adduction et rotation interne. La douleur est très vive au niveau de l'articulation de la hanche quand on presse de bas en haut sur le genou ; la pression sur le grand trochanter exagère cette douleur. Le grand trochanter refoulé en haut et en dehors, fait une saillie très netle du côté externe de la hanche; il est un peu au-dessus de la ligne de Nélaton. Le membre inférieur droit est raccourci de deux centimètres et demi, on porte le diagnostic de luxation de la têté fémorale dans la fosse iliaque externe.

le 6 décembre, deux jours après son entrée, le malade est endormi au chloroforme jusqu’à la résolution musculaire. On confirme le diagnostic par un nouvel examen : des mouvements

légers imprimés à la cuisse se communiquent à la lète fémorale que l'on sent très nettement dans la fosse iliaque externe.

M. le professeur Frælich opère la réduction sans aucune difficuité par les procédés de douceur. La tète en franchissant le bord postérieur de la cavité cotyloïde produit une cerépitation très nelle. Le membre malade est immobilisé dans un plâtre en abduetion et extension.

A la suite des manœuvres de réduction, la température reste élevée ; elle est intermittente. Des douleurs diffuses et un œdème assez considérable du membre inférieur droit, remontant jusqu'au genou, obligent, fin de décembre, à enlever l'appareil plâtré. L'æœdème ne régresse qu'incomplètement et persiste au niveau du pied. La hanche reste douloureuse et tuméfiée.

Une radiographie, faite le 25 janvier permet de constater des lésions de la face interne du cotyle, ainsi que son agrandissement en haut et en arrière.

Comme la fièvre persiste sous forme d'oscillations vespéralés, on se demande s'il ne s’agit pas d’une coxite consécutive à une ostéo-myélite. Mais l'arthrotomie pratiquée à la date du 15 février, infirme celle hypothèse. La capsule articulaire incisée laisse, en effet, échapper des fongosités caractéristiques de la bacillose. On constate, de plus, que la tête du fémur présente des érosions. M. le professeur Frælich pratique le curettage de l'articulation qu'il draine.

Le 20 mars, comme les oscillations thermiques persistent, on est amené à faire la résection de ja tête fémorale, puis on gratte le cotyle qui présente une perforation au niveau de l'Y cartilalagineux. On vide un abcès antéro-externe. Le malade est placé dans une gouttière de Bonnel.

Bientôt après le malade sort de l'hôpital et, nous le perdons de vue.

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